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« Wake in fright » ( Réveil dans la terreur ) de Ted Kotcheff . Critique cinéma

  • Avec : Donald Pleasence, Gary Bond, Chips Rafferty, Sylvia Kay, Jack Thompson
  • Sortie salle : 01/07/2015
  • Reprise : 19 août 2026
  • Distributeur :  The Jokers Films
  •  107 minutes

L’histoire : John Grant, un jeune instituteur, fait escale dans une petite ville minière de Bundayabba avant de partir en vacances à Sydney. Le soir, il joue son argent et se soûle. Ce qui devait être l’affaire d’une nuit s’étend sur plusieurs jours…

Interdit – 12 ans

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  • Le film  : 

Dans un coin perdu du désert australien, John Grant un jeune homme bien sous tout rapport se retrouve confronté à un pays qu’il pensait connaître. C’était sans compter sur les aléas d’un voyage apparemment très banal. Une halte, une simple halte dans une ville avant de prendre l’avion pour Sydney.

Bière après bière, et sous la férule du chef de la police, faussement débonnaire, mais vrais tyran, notre héros revisite les bas-fonds d’une société sans foi, ni loi, où boire et s’enivrer suffit au bonheur de ses habitants.

Les couleurs sont chaudes, de l’ocre et du jaune violent, la chaleur est excessive. Kotcheff qui par la suite se perdra avec son Rambo de compagnie dépeint avec une insistance parfaite l’ambiance de ce coin de l’Outlak où les kangourous distraient nos chasseurs avinés.

Une scène de chasse terrible que le réalisateur a réellement filmée (voir les bonus) dans une effroyable course à la mort à laquelle prend part notre instit complètement déboussolé.

John Grant atteint là le tréfonds de son être, dont il ignorait la bassesse la plus dégradante. Il agit de manière insensée, réalise des choses dont il se croyait incapable, qu’il ne soupçonnait même pas.

Dans un tripot clandestin, le jeu du pile ou face, fatale au jeune héros
Dans un tripot clandestin, le jeu du pile ou face, fatale au jeune instituteur

 Quelques instants de lucidité ne suffiront pas à modérer cette descente aux enfers, où le diable a pris les habits d’un toubib en goguette, docteur par oubli mais clochard par vocation.

L’évocation de la débauche la plus totale dans l’interprétation de Donald Pleasence mérite bien des éloges : son personnage de décadent céleste est une figure de rhétorique. Fourbe et sympathique, faussement bienveillant, Ted Kotcheff ne se prive pas de taillader le portrait d’un homme qui n’a rien à envier à ses congénères.

Des forts à bras, des grandes-gueules qui vous écrasent la main avec un sourire brillantine. Plus sournois, notre flic local, on y revient toujours, sous l’œil de Chips Rafferty, despote en son pays. Il déteste le genre de type que représente l’instit, un intello, un gars de la ville.

Gary Bond est peut-être trop beau pour endosser une panoplie aussi graisseuse et poussiéreuse, rejet de l’humanité qui a perdu toute notion de civilisation. Un individu qui va chercher au plus profond de lui-même le mal qui le ronge.

C’est pas très beau à voir, mais «  un homme en smoking, un verre de whisky à la main est-il plus fréquentable quand il s’apprête à appuyer sur le bouton ? » se défend le toubib dans son rire édenté qui n’appartient qu’à lui. Après quoi, il ne reste plus qu’à tirer l’échelle. La chute est superbe.

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