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« Vipère au poing » de Philippe de Broca. Critique DVD

Synopsis: Premier volet d'une trilogie autobiographique, Vipère au poing raconte l'enfance de Jean Rezeau. En 1922, après le décès de leur grand-mère paternelle qui en avait la charge, le jeune garçon et son frère Ferdinand retrouvent leurs parents revenus d'Indochine. Mais les relations avec la mère, vite surnommée "Folcoche", ("folle" et  "cochonne"), vont prendre une tournure cauchemardesque. Celle-ci n'hésitera pas à tondre les deux enfants, à mal les nourrir et à leur planter sa fourchette dans leurs mains.

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La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Vipère au poing"
De : Philippe de Broca
Avec : Catherine Frot, Jacques Villeret, Jules Sitruk, Sabine Haudepin, Wojtek Pszoniak
Sortie le : 05 mai 2015
Distribution :
Durée : 100 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 1
Le film

Je ne me souviens pas trop de l’adaptation  de Pierre Cardinal. Sinon, le masque méchant de l’héroïne de Bazin, la Folcoche, interprétée avec une férocité totale par Alice Sapritch . Catherine Frot, tout en rondeur, ne prend que les allures de l’ignoble et son comportement . Sa posture n’engage guère le personnage du roman que Philippe de Broca met en images, plus qu’il ne l’adapte.

Il faut voir ce curé joufflu et repu, dévorer des yeux cette dinde qui « me confirme l’existence de Dieu ». Ou bien cet autre prélat qui réprimande le péché de gourmandise, la bouche pleine. Quand De Broca caricature, Bazin assassine à tour de bras, fustige la bourgeoisie («spirituelle, celle qui ne travaillait pas pour gagner sa vie ») et ce « grand défilé de bien-pensants sous une pluie battante de postillons et d’eau bénite ».

Je le cite sans pouvoir rapporter l’écriture à la réalisation trop raisonnable face à la vigueur des mots, écorchés, ajustés au poids de la souffrance. Au point d’édulcorer la physionomie des personnages comme le gentil et pépère Mr Rézeau, qui trouve en Jacques Villeret une bonhomie trop confortable pour ajuster la vérité de l’œuvre.

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Le gamin, héros et souffre-douleur, Jules, est encore moins abouti sous les traits de Jules Sitruk, comme échappé de «  La guerre des boutons », mais jamais en raccord avec la bêtise humaine, la méchante qui ravagera son enfance.

« Ma toupie de belle-fille » comme disait la grand-mère face à cette vraie mégère qui débarque, qui casse tout ce qui existait du bonheur d’autrefois pour un ordre parfait, sans affiche au mur, ni poêle dans la chambre. «  Les enfants n’ont pas besoins d’avoir chaud l’hiver ».

Si les repas désormais en anglais prêtent à sourire, ça ne dure pas longtemps, la maman, qu’on appelle maintenant mère, voire madame se chargeant d’électriser l’atmosphère de ses piques incessantes, de ses punitions répétées. Le retour joyeux de la chasse et la révolte du père, suivie de celle des enfants, sonneront  l’hallali contre l’ingrate et désobligeante marâtre. Mais ce qui suit s’avère être un compromis à la manière du Club des Cinq.Beaucoup trop fade pour la référence littéraire qu’il revendique. De Broca pour une fois est bien raisonnable. Beaucoup trop…

Je ne me souviens pas trop de l’adaptation  de Pierre Cardinal. Sinon, le masque méchant de l’héroïne de Bazin, la Folcoche, interprétée avec une férocité totale par Alice Sapritch . Catherine Frot, tout en rondeur, ne prend que les allures de l’ignoble et son comportement . Sa posture n’engage guère le personnage du roman que Philippe de Broca met en images, plus qu’il ne l’adapte. Il faut voir ce curé joufflu et repu, dévorer des yeux cette dinde qui « me confirme l’existence de Dieu ». Ou bien cet autre prélat qui réprimande le péché de gourmandise, la bouche pleine. Quand De Broca caricature, Bazin…

Review Overview

Le film

Je n’ai guère de souvenirs de l’adaptation télévisée de Pierre Cardinal (malgré l’extraordinaire prestation d’Alice Sapritch) . Mais le dernier film de Philippe Broca ne laissera pas une marque indélébile dans la cohorte des adaptions de romans au cinéma. Il met en images plus qu’il n’adapte, et chaque personnage, quand il n’est pas caricatural, devient l’ombre portée des héros de Bazin. Le réalisateur applique à chaque sujet romancé la propre silhouette de ses comédiens  (la retenue énigmatique de Catherine Frot, la bonhomie de Jacques Villeret, l’innocence contrariée de Jules Sitruk…) L’écriture ne se rapporte jamais à la mise en scène trop raisonnable face à la vigueur littéraire. De Broca pour une fois est bien raisonnable, à en devenir fade.

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