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« The Intruder » de Roger Corman. Critique cinéma

Synopsis:  À Caxton, petite ville du sud des États-Unis, une loi vient de passer autorisant un quota d’élèves noirs à intégrer un lycée fréquenté par des Blancs. Un homme nommé Adam Cramer arrive alors sur place pour enquêter auprès des habitants et savoir ce qu’ils pensent de cette réforme. Cet homme charismatique et beau parleur va rapidement semer le trouble dans la ville…

La fiche du film

Le film : "The Intruder"
De : Roger Corman
Avec : William Shatner, Frank Maxwell
Sortie le : 15/08/2018
Distribution : Carlotta Films
Durée : 84 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film

Je ne saisis pas forcément toujours ce qui préside à la ressortie d’un film.

A quelques jours du nouveau Spike Lee « Blackkklansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan » on peut imaginer que «  The Intruder » tourné en 1962, figure comme un rappel historique et cinématographique d’un genre bien particulier et malheureusement sans fin : la lutte contre toutes les formes de xénophobie . 

A l’époque, « The Intruder » pouvait effectivement susciter des réactions contrastées et violentes.

Mais la manière de réaliser l’histoire inspirée du roman de Charles Beaumont écrit deux ans plus tôt, et scénarisée par ses soins, parait aujourd’hui  complètement dépassée.

Adam Cramer sait aussi bien parler aux femmes qu’aux foules qu’il électrise …

Des scènes totalement surlignées, une interprétation surjouée ( qui délaisse certains aspects de la personnalité du VRP et de son épouse, bien mystérieux ), un héros téléphoné (William Shatner) à force d’en rajouter sur la déclamation et le pouvoir…

Cet agitateur de première fait bien évidemment penser aux troublions du jour, haranguant les foules à coups de mensonges et de contre-vérités. Mais la charge est si forte dans l’expression et la tonalité qu’elle en devient grotesque.

A l’époque l’Amérique ressemblait certainement à ces contrées sudistes où la haine et l’intolérance régnaient pour laisser aux hommes blancs le contrôle de tout le pays. Le populisme n’a jamais quitté la scène sociale et politique.

Voir le gouvernement fédéral promulguer une loi autorisant quelques noirs à fréquenter les mêmes écoles, est alors une insulte pour toute cette population si respectable.

Dans ce sens «  The Intruder » inscrit une petite page de l’Histoire américaine dans le grand livre sans fin du racisme et de la ségrégation. Une petite page seulement.

  • Racisme, xénophobie, ségrégation, d’autres films dans ce blog :

«  I am not your negro » de Raoul Peck

«  Detroit » de Kathryn Bigelow

« Get out » de Jordan Peele

« Dear white people » de Justin Simien

« Vénus noire » de  Abdellatif Kechiche
« L’homme qui défiait l’infini » de Matt Brown.
« American Pastoral » de Erwan McGregor
Je ne saisis pas forcément toujours ce qui préside à la ressortie d'un film. A quelques jours du nouveau Spike Lee « Blackkklansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan » on peut imaginer que «  The Intruder » tourné en 1962, figure comme un rappel historique et cinématographique d'un genre bien particulier et malheureusement sans fin : la lutte contre toutes les formes de xénophobie .  A l'époque, "The Intruder" pouvait effectivement susciter des réactions contrastées et violentes. Mais la manière de réaliser l’histoire inspirée du roman de Charles Beaumont écrit deux ans plus tôt, et scénarisée par ses soins, parait aujourd’hui…
le film

Si le propos de Corman à l’époque et encore aujourd’hui demeure primordial dans la lutte contre toute xénophobie, il est soixante ans plus tard malheureusement dépassé par une réalisation qui en fait des tonnes pour asseoir son autorité. L’autorisation à quelques élèves noirs d’intégrer une école réservée aux blancs provoque la colère des habitants, attisés par un prêcheur venu de la grande ville. L’homme est cynique et roublard, et peuple encore les rues de nos jours, nous rappelle ce film à la mise en scène beaucoup trop appuyée. Elle est lourde, insistante, répétitive, alors que le réalisateur nous laisse entrevoir une autre manière d’appréhender le sujet à travers la personnalité d’un représentant de commerce qui sous des airs balourds va s’opposer au prédicateur. Mais malgré une histoire avec sa femme tout aussi intrigante, le couple n’étoffe guère le film .

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