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« L’Etrange Monsieur Victor » de Jean Grémillon. Critique Blu-ray

  • Cinéma : 04 mai 1938
  • Dvd: 24 mars 2021 ( restauration )
  • Réalisateur :  Jean Grémillon
  • ActeursRaimu, Andrex, Pierre Blanchar Viviane Romance, Madeleine Renaud
  • Durée103 minutes
  • Sous-titres : : Anglais
  • Studio  : Pathé

L’histoire : Un commerçant toulonnais d’apparence honorable recèle avec une bande de malfaiteurs. Menacé de chantage, il commet un meurtre pour lequel un innocent est condamné au bagne. Huit ans plus tard, le forçat s’évade et notre commerçant le recueille …

Film : 

Bonus :     

L’histoire à l’origine plausible prend sérieusement la tangente une fois les ficelles distendues. Après huit années de bagne, le faux coupable évadé de Guyane revient discrètement à Toulon pour revoir son petit garçon. L’ancien cordonnier se réfugie chez le bon Monsieur Victor, qui parmi toutes ses préventions à l’égard de ses proches, ne cesse de clamer l’innocence de Bastien.

Et pour cause l’assassin c’est lui !

 

Albert Valentin et Charles Spaak les deux scénaristes appelés pour remettre un peu d’ordre dans le face à face très improbable entre Victor et Bastien ont du mal à convaincre. Les dialogues de Spaak , faiblards ( il vient de finir «  Gueule d’amour » pour Jean Grémillon et Jean Gabin … ) s’accordent à une direction d’acteurs quasi inexistante.

La faconde de Raimu en bon père de famille qui cache bien sa misérable entreprise donne un peu d’allant à l’aventure, mais le jeu des comédiens est assez approximatif, les femmes exceptées (*). Ce que Grémillon compense largement en s’attardant dans les ruelles toulonnaises et sa fameuse rade, aux terrasses des cafés et dans les échoppes où les rumeurs prennent vie.

Un si bon père de famille qui vit encore avec sa maman  …

Celle de l’arrestation du cordonnier chez Monsieur Victor est aussi pagnolesque que la manière de conduire les rapports entre les deux hommes. La duplicité du commerçant heurte maladroitement la naïveté du pauvre garçon. Comble de malheur, le voici amoureux de sa bienfaitrice.

L’air de la Provence y est peut-être pour quelque chose, l’humeur est langoureuse, le tempo alangui. Un rien pagnolesque, sans doute …

(*)  Madeleine Renaud – sa muse- et Viviane Romance, dans des rôles plus dynamiques et bien assumés.

Pierre Blanchar, le jeune premier qui monte, face à Raimu, une statue à lui tout seul

Les Suppléments

  • A l’ombre des persiennes : Entretien avec Philippe Roger, Paul Vecchiali, Jean-Dominique Nuttens et Jean François Buiré (57 min)

A travers la filmographie de Grémillon, c’est un portrait en creux, une vie que nous rapportent les spécialistes. Ils parlent effectivement des invraisemblances du scénario «  et il en est conscient, son cinéma est ailleurs ».

Un film dit-on malmené en 1937, en  raison de la présence dans les coulisses de l’Allemagne nazie «  et construit entièrement autour de Raimu ».

La nouvelle collaboration entre le réalisateur et son scénariste attitré Charles Spaak est largement développé.

Paul Vecchiali au cours de son interview pour les bonus

Le réalisateur Paul Vecchiali dit qu’il « n’avait pas eu la carrière que la profession lui devait et, plus grave encore, il n’avait pas toujours fait les films qu’il brûlait de faire. » Il évoque « la passe d’armes pagnolesque dont il sort vainqueur, chez lui il y a une vraie écriture filmique qui n’apparait pas chez Pagnol . Cà l’a amusé d’aller jouer dans sa cour » .

  • Commentaire audio film analyse par Philippe Roger
  • Archive : Raoul Ploquin dans « L’Histoire du cinéma français par ceux qui l’ont fait »

Un extrait d’une émission au cours de laquelle le producteur évoque une séquence qu’il avait voulu supprimer et que Grémillon refusait. Les deux hommes font alors appel à René Clair qui se déplace de Londres et donne raison à Raoul Ploquin.

Tout commence avec un enfant qui jouait avec le poinçon de cordonnier de son papa. Le bon monsieur Victor lui dit que c’est dangereux, et sans vraiment réfléchir le met dans sa poche. Après quoi il offre un bateau au bambin …

 

Grémillon s’exécute, mais dans une autre version remet la fameuse scène du bagnard évadé qui arrive sur les hauteurs de Toulon qu’il contemple, un rien hagard. Un peu longuette effectivement pour ce qu’elle veut signifier.

  • Actualité Pathé d’époque : A propos de la suppression du bagne – 1937

C’est trop court malheureusement, mais bien intéressant. Le commentateur parle des «  vedettes » du bagne , dont Paoli et Seznec que l’on aperçoit vite faite.

Cinéma : 04 mai 1938 Dvd: 24 mars 2021 ( restauration ) Réalisateur :  Jean Grémillon Acteurs : Raimu, Andrex, Pierre Blanchar Viviane Romance, Madeleine Renaud Durée : 103 minutes Sous-titres : : Anglais Studio  : Pathé L'histoire : Un commerçant toulonnais d'apparence honorable recèle avec une bande de malfaiteurs. Menacé de chantage, il commet un meurtre pour lequel un innocent est condamné au bagne. Huit ans plus tard, le forçat s'évade et notre commerçant le recueille ... Film :  Bonus :      L’histoire à l’origine plausible prend sérieusement la tangente une fois les ficelles distendues. Après huit années de bagne, le faux…
Le film
Les bonus

Grémillon sort tout auréolé de «  Gueule d’amour » et s’apprête à signer son chef d’œuvre «  Remorque ». Comme il lui faut attendre, entre les deux ce sera ce film bizarre qui tient à peine debout en raison d’un scénario bancal et d’une mise en scène qui n’arrive pas à le remettre en équilibre. À partir d’un fait divers criminel, L’Étrange Monsieur Victor oscille entre innocence et culpabilité, réalisme quotidien ( les ruelles toulonnaises, ses terrasses ) et suspicion mal ordonnée . Le face à face entre le fuyard innocent et le bourgeois coupable s’éternise sous les auspices d’un cinéaste égaré dans le parfum pagnolesque . Raimu et sa faconde en sont responsables, mais une fois encore ce sont les femmes qui font le ménage, la vaisselle et la réussite de leur interprétation : Madeleine Renaud et Viviane Romance, dans des rôles plus dynamiques et mieux assumés que la direction des acteurs .

AVIS BONUS Plusieurs spécialistes dissertent sur l’œuvre de Grémillon dont Paul Vecchiali, tandis que le producteur du film rapporte une anecdote amusante sur ses rapports avec le cinéaste. Une petite actualité d’époque comme Pathé en met toujours dans ses restaurations, elle est courte, mais passionnante.

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