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« Les Misérables » de Ladj Ly. Critique cinéma

Synopsis: Stéphane intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il fait la rencontre de ses nouveaux coéquipiers et découvre les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes

La fiche du film

Le film : "Les Misérables"
De : Ladj Ly
Avec : Damien Bonnard, Alexis Manenti
Sortie le : 20/11/2019
Distribution : Le Pacte
Durée : 102 Minutes
Genre : Policier, Drame
Type : Long-métrage
Le film

«Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs » (Les Misérables-Victor Hugo) .—

Prix du Jury Cannes 2019 . —

«  Jamais on s’excuse, on a toujours raison ». Un flic à son collègue qui vient d’arriver … —

Secoué, bouleversé. On  ressort groggy de ce film, de ces visions apocalyptiques d’un monde halluciné. De son ignorance crasse. Et Ladj Ly qui tempère au début, est vite débordé lui aussi par cette violente frénésie qui s’empare d’un système gangréné, généralisé .

Des flics se font matraquer, incendiés dans une cage d’escalier totalement obstruée par des bidons et des caddy. C’est l’enfer, allumé par des dizaines de gamins en révolte. Ils en veulent à la terre entière pour une énorme bavure policière  . Un tir de flash ball à bout pourtant, un garçon grièvement blessé au visage, une vidéo pour témoin…

Personne ne doit la visionner. Après de nombreuses discussions, les gangs le comprennent difficilement, les flics peuvent respirer.

Les gamins partent en guerre.

C’est la fin de deux ou trois jours dans la  vie  de quelques policiers qui depuis  des lustres sillonnent la cité, on ne sait pas vraiment pourquoi. Chris le patron de la BAC (Brigade Anti Criminalité) est un rien flambeur, sûr de son bon droit, provocateur de première. ( Alexi Manenti ) Une mèche constamment allumée. Son adjoint Gwada (Djebril Didier Zongaest plus cool, mais sans tendresse, et le petit dernier débarque de sa province.

Un puceau, tel le bon samaritain au milieu de la pègre. Stéphane (Damien Bonnard)ne comprend rien au fonctionnement de la cité et à la manière dont ses collègues l’appréhendent. Ils vont au contact, ils ferraillent, lui discute. Ou tente de discuter.

Ils s’encanaillent avec les gardiens des lieux. Ils arrangent leurs affaires, et chassent leurs adversaires.

Des fois pour des broutilles, des marchands trop gourmands, ou des vols de hasard. Comme ce lionceau chapardé au cirque voisin où son maître est sens dessus dessous. C’est en délégation musclée qu’il se rend aux portes des immeubles pour retrouver son bien. La scène est bouillante, survoltée, les flics interviennent. Ils calment les deux gangs et règlent le problème. Pensent-ils.

C’est là qu’il commence. Ladj Ly l’a bien compris, sa caméra aussi. Elle passe à l’assaut. L’assaut final d’une guerre presque sauvage, inavouable de l’autre côté de la rue, insaisissable pour le péquin moyen, ingérable pour une société qui n’arrive matériellement pas à maintenir l’ordre.

Si le réalisateur ne cache rien des violences policières, et de l’endoctrinement des frères musulmans, il en évalue la somme de manière radicale. Sans avenir possible pour les uns comme pour les autres. C’est un très grand film, désespérant.

  • Dans les cités, dans les banlieues :

« Chouf » de Karim Dridi

«  Divines » de Houda Benyamina

« Black » d’Adil El Arbi et Billal Fallah

« Qu’Allah bénisse la France » de Abd al Malik

« Bande de filles  » de Céline Sciamma

« La cité rose » de Julien Abraham!

«Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs » (Les Misérables-Victor Hugo) .--- Prix du Jury Cannes 2019 . --- «  Jamais on s’excuse, on a toujours raison ». Un flic à son collègue qui vient d'arriver ... --- Secoué, bouleversé. On  ressort groggy de ce film, de ces visions apocalyptiques d’un monde halluciné. De son ignorance crasse. Et Ladj Ly qui tempère au début, est vite débordé lui aussi par cette violente frénésie qui s’empare d’un système gangréné, généralisé . Des flics se font matraquer, incendiés dans une cage…
Le film

On pense aux films dits de banlieue, là où il prend toute sa place, mais pourtant le réalisateur réussit le pari de le rendre plus universel sur la conduite à tenir d’un ordre policier qui se veut irrémédiablement répressif. C’est le gros hiatus de ce récit d’une bavure policière qui va mettre le feu aux poudres dans la cité où les jeunes garçons ont décidé de ne plus appliquer la loi de leurs aînés. Trop de compromissions entre eux, et de connivence avec la police pour qu’ils puissent tolérer un état de fait devenu à leurs yeux corrompu. C’est une nouvelle génération qui voit le jour et qui n’entend pas forcément se mêler au trafic institutionalisé . Quelle voie peuvent-ils alors choisir ? Avant qu’ils n’obtiennent une réponse, un tir de flash ball va allumer la mèche. Une guerre presque sauvage s’engage alors, inavouable de l’autre côté de la rue, insaisissable pour le péquin moyen, ingérable pour une société qui n’arrive matériellement pas à maintenir l’ordre. Si le réalisateur ne cache rien des violences policières, il en évalue la somme de manière radicale. Sans avenir possible pour les uns comme pour les autres. C’est un très grand film, désespérant.

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