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« Les Intranquilles » de Joachim Lafosse. Critique cinéma

Synopsis: Leila et Damien s’aiment profondément. Malgré sa fragilité, il tente de poursuivre sa vie avec elle sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui offrir ce qu’elle désire.

La fiche du film

Le film : "Les Intranquilles"
De : Joachim Lafosse
Avec : Leïla Bekhti, Damien Bonnard
Sortie le : 29/09/2021
Distribution : Les Films du Losange
Durée : 118 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Après l’accident vasculaire et la fin de vie, le cinéma français se penche sur le cas du « maniaco-dépressif » dit aujourd’hui « bipolaire ». A l’effet clinique de François Ozon, Joachim Lafosse opte pour un état des lieux de la maladie au cœur d’une petite famille adorable où la création préside chaque instant.

Leila menuisière d’art, accommode et restaure, Damien est artiste-peintre bien établi, mais aux élans imprévisibles. C’est tout son problème et sa difficulté à s’assumer auprès des siens. Amine (Gabriel Merz Chammah) observe son étonnant manège du haut de ses trois pommes, Leila le fait tourner tant bien que mal.

Il lui faut tout contrôler, anticiper souvent, quand l’humeur annonce quelques sautes et excitation soudaine.

Leila est forte et courageuse comme on le dit souvent dans ces cas-là. Mais avant de l’avoir vu se démener au quotidien, se dépêtrer de situations rocambolesques, dramatiques parfois, ça ne veut rien dire.

Jusqu’à l’épuisement.

Bien secondée par la caméra de Joachim Lafosse, sans cesse en alerte, toujours au bon endroit, Leïla Bekhti brise le silence de la maladie mentale au plus près d’une vérité absolument délirante.

Ce mal qui ronge et détruit sa petite famille, pleinement incarné par Damien Bonnard  emporté par son personnage. Balloté dans sa douleur, aimant, aimé, mais jamais quand il faut, quand Leila le protège et tente de le ramener à la raison impossible.

C’est un joli couple et un petit garçon mignon. Amine les aime tous les deux, il va de l’un à l’autre selon le temps qui lamine son enfance. Il voit ce père absent exécuter ses tableaux peints à la va vite car l’exposition n’attend pas et le galeriste non plus.

Joachim Lafosse saisit encore toute l’intensité du travail et la vibration de la lumière qui pourtant se fait de plus en plus rare dans la jolie demeure. Elle va même s’éteindre pour un traitement aléatoire, une petite lueur d’espoir, bien fragile.

C’est peut-être le sens à donner à cette voie sans issue que nous montre le réalisateur en guise de conclusion. Ni fin, ni recours, juste  l’intranquillité …

Après l’accident vasculaire et la fin de vie, le cinéma français se penche sur le cas du « maniaco-dépressif » dit aujourd’hui « bipolaire ». A l’effet clinique de François Ozon, Joachim Lafosse opte pour un état des lieux de la maladie au cœur d’une petite famille adorable où la création préside chaque instant. Leila menuisière d’art, accommode et restaure, Damien est artiste-peintre bien établi, mais aux élans imprévisibles. C’est tout son problème et sa difficulté à s’assumer auprès des siens. Amine (Gabriel Merz Chammah) observe son étonnant manège du haut de ses trois pommes, Leila le fait tourner tant bien que mal. Il…
Le film

Contrairement à «  Tout s’est bien passé » de François Ozon ( sur la maladie cardiaque et la fin de vie ) l’effet clinique du sujet médical est ici relégué au second plan. Joachim Lafosse nous plonge dans la vie quotidienne d’une petite famille agréablement installée à la campagne, mais ballotée par la maladie chronique du père : la bipolarité. Tous les troubles de cette atteinte psychique se révèlent au fil des activités professionnelles du couple ( des artistes ) et des conséquences sur la vie de tous les jours. Le jeu de Damien Bonnard et Leïla Bekhti est absolument ahurissant d’intensité et de vérité, devant une caméra tout aussi prête à révéler l’indicible. Elle saisit les nuances les plus discrètes, provoque les colères les plus violentes. Jusqu’à nous conduire dans cette voie ultime, sans issue . Sans fin, ni recours. Juste l’intranquillité…

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