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« Les fils de la nuit » de Andrea de Sica.Critique cinéma

Synopsis: Enfermés dans un pensionnat d’élite rigide, Giulio et Edoardo trompent leur sentiment d’abandon et de réclusion par des fugues nocturnes dans un night-club situé en pleine forêt. Leurs agissements sont secrètement surveillés par leurs enseignants, comme l’inquiétant Mathias.

La fiche du film

Le film : "I Figli Della Notte"
De : Andrea De Sica
Avec : Vincenzo Crea, Ludovico Succio
Sortie le : 01/01/1970
Distribution :
Durée : 85 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • Prix du jury des jeunes du festival italien de Tours  » Viva Il Cinéma »

« Pour mes parents, j’étais un investissement perdu » . Edoardo, pensionnaire d’un établissement pour riches…

Un premier film d’une étonnante maturité. Dès les premiers instants, l’écriture d’Andrea de SICA et Gloria Malatesta s’impose, rigoureuse, inspirante pour la mise en scène qui n’omet rien des écarts d’une histoire connue. Mais ramassée de telle façon que très rapidement l’intrusion de ces gosses de riches dans une institution tout aussi huppée prend des allures initiatiques, étranges, et fantastiques.

Rétif à l’idée d’un tel pensionnat, Giulio prend immédiatement la tangente et rejoint Edoardo, son alter-ego, dans une révolte de velours. La discipline du lieu interdit toute manifestation intempestive. Le téléphone autorisé à heure fixe (scène extraordinaire) et chaque groupe se voit attribuer un précepteur.

Une rigidité de façade remarque le duo, un leurre à détourner sans problème, à condition de ne pas se faire prendre.

Ces encouragements contraires les mènent, noctambules, au milieu de la forêt, dans une boîte de nuit où villageois et collégiens s’acoquinent. Giulio y fait la connaissance d’une jeune femme, tout aussi paumée et secrète que l’antre dans lequel ils vont s’aimer. Pas de manière habituelle, ni tarifée, surtout pas…

« On apprend à s’enfuir » prévient Edoardo qui ne goûte guère au plaisir du night-club, et voit l’amitié s’estomper. A nouveau prisonniers d’un système, d’un autre enfermement, tout aussi avilissant. Ce que renvoie l’image de la jeune femme .

La caméra d’Andrea de SICA la révèle dans toute sa détresse cachée, et donne à chaque personnage un temps de parole suffisant (des mots forts) pour battre en brèche les conventions et leurs institutions. Mathias, l’un des précepteurs  (Fabrizio Rongione) est un ancien pensionnaire de l’établissement.

Son histoire est peuplée de fantômes que réveille Edoardo une nuit plus curieuse que les autres. La façade de l’école est faiblement éclairée, la neige peine à border le chemin qui conduit vers l’entrée. Celle de l’hôtel de « Shining » où ce gamin pilote un karting dans un long corridor à l’étage ?

Un enfant perdu comme Edoardo et Giulio à la veille de devenir les phares d’une société malmenée. Vincenzo Crea et Ludovico Succio endossent la responsabilité avec un rayonnement, qui du dehors et du dedans, figure la vérité des êtres. Ils sont jeunes, à leur premier rôle, et déjà pertinent.

Prix du jury des jeunes du festival italien de Tours " Viva Il Cinéma" « Pour mes parents, j’étais un investissement perdu » . Edoardo, pensionnaire d'un établissement pour riches... Un premier film d’une étonnante maturité. Dès les premiers instants, l’écriture d'Andrea de SICA et Gloria Malatesta s’impose, rigoureuse, inspirante pour la mise en scène qui n'omet rien des écarts d’une histoire connue. Mais ramassée de telle façon que très rapidement l’intrusion de ces gosses de riches dans une institution tout aussi huppée prend des allures initiatiques, étranges, et fantastiques. Rétif à l’idée d’un tel pensionnat, Giulio prend immédiatement la tangente…
Le film

Un premier film d’une étonnante maturité, dans une histoire déjà un peu entendue. Mais ramassée de telle façon que très rapidement l’intrusion de ces gosses de riches dans une institution tout aussi huppée prend des allures initiatiques, étranges, et fantastiques. Ils sont dans l’enfermement d’un système bancal pour lequel tout l’enjeu de leur scolarité se résumera à jeter les barrières sans se faire remarquer. On les surveille (caméras à l’appui) et on les encourage. Un antagonisme fort, car jamais dit ou écrit, et pernicieux : il les entraînera dans un autre univers, la nuit, au cœur d’une forêt, un lieu tout aussi « carcéral » dans lequel nos deux héros comprendront leur différence et souffriront d’une amitié à peine née. Vincenzo Crea et Ludovico Succio endossent la responsabilité de ce premier film avec beaucoup de classe. Andrea de SICA et son co-scénariste Gloria Malatesta se sont trouvés !

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