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« L’enfer des anges » de Christian-Jaque. Critique Blu-ray

  • Restauration Pathé 2019
  • DVD :  21 octobre 2020
  • Réalisateur : Christian-Jaque
  • Acteurs : Louise Carletti, Jean Claudio, Lucien Gallas, Serge Grave, Marcel Mouloudji, Bernard Blier
  • Durée : 104  minutes
  • Sous-titres : : Anglais

L’histoire  : Après avoir été battu puis abandonné par son père, Lucien est retrouvé amnésique par Lucette, une jeune fille évadée d’une maison de redressement. Livrés à eux-mêmes dans une cité malfamée, les deux enfants cherchent tant bien que mal à s’intégrer à la population misérable de ce bidonville de l’est parisien.

  • Film:  
  • Bonus:

 

  • « Un film se construit matériellement comme une maison et se compose comme un tableau » (Christian-Jaque)

Repoussé en raison de la déclaration de la guerre, repensé pour une fin plus optimiste, «  L’enfer des anges » a connu son lot de contrariétés, sans jamais s’alléger de sa profonde noirceur. Celle d’un quartier de la région parisienne du côté de Saint-Ouest où tous les enfants livrés à eux-mêmes, le sont bien souvent sous la coupe d’adultes sans scrupules.

Lucien, amnésique, (Jean Claudio)vient d’échapper à la mort et à des parents adoptifs violents. Il rencontre Lucette (Louise Carletti ) en cavale d’une maison de rééducation. Le père la Loupe les prend sous son aile avant que Jean, bon samaritain ( Lucien Gallas ) leur indique le bon chemin.

Un sentier pavé de mauvaises rencontres et d’arnaques en tout genre sur lequel Max l’embobelineur (Jean Tissier) règne en maître. Les gamins lui font face mais plient toujours sous la menace et la contrainte.

Jean accueille les enfants à la rue, dont la petite dernière Lucette ( au centre)

Le noir de charbon retenu pour la photographie illustre cruellement ce monde désenchanté que Christian-Jaque parcourt avec une constante détermination. Un monde interlope où les dialogues de Pierre Laroche posent parfois un brin d’humour et de légèreté.

On les doit au Père La Loupe (Dorville) brave bonhomme joliment dessiné au milieu d’une faune dont le néoréalisme italien empruntera quelques années plus tard les mêmes traits. Mais la gouaille à la française accentue ce réalisme poétique malheureusement bringuebalé au final par trop d’hystérie et de sur-jeu.

Nous avons droit dans cette version à l’épilogue optimiste. Ca rabiboche un peu les cœurs endoloris. Pour l’autre version, voir les bonus, très intéressants.

Entre le père La Loupe et Max l’escroc, le barman Freddy, qui voit tout, entend tout mais ne dit rien, sauf à la police… ( Bernard Blier )

LES SUPPLEMENTS

  •  La fin alternative inédite et restaurée (8 min) . Evidemment, c’est très intéressant , même si l’un des extraits est amputé de sa bande-son ( perdue ! ) . Des sous-titres très explicites remplacent les quelques dialogues manquants.
  • Entretiens autour du film (50 min). Tourné en 1939, L’Enfer des anges avait été sélectionné pour la compétition officielle de la première édition du Festival de Cannes en Septembre 1939 . Au moment où le Royaume-Uni et la France entrent en guerre contre l’Allemagne.

Censuré par le gouvernement Daladier car soupçonné d’idéologie communiste, puis récupéré par la politique vichyste, le film sort en salles en 1941 avec une fin plus optimiste que celle tournée initialement.

René la Science ( Félix Claude) travaille sur le mouvement perpétuel, mais ça ne fonctionne pas très bien, malgré le concours improvisé et railleur de ses copains

Ce projet est né de la stupéfaction qu’éprouva le cinéaste lors de la découverte de la zone de Saint-Ouen qui abritait toute la misère. Et Christian-Jacque voulait faire «  un film de gosses » …

«  Le film n’a pas changé, mais la façon de le regarder, oui » dit le fils du scénariste Pierre Véry alors que l’on rappelle le travail du journaliste de Paris-Soir, Alexis Danan dans son combat contre l’enfance malheureuse.

Véry et Christian -Jaque s’appuient ainsi sur une réalité qui donne «  un film noir, c’est-à-dire très sombre » .

Le parallèle avec le précédent film «  Les Disparus de Saint-Agil » est bien évidemment évoqué  pour la ressemblance thématique, et sa différence de ton.

Serge Grave (Paul Minain), Marcel Mouloudji ( Léon) , les deux frondeurs de la bande
  • Actualités Pathé d’époque : Les îlots insalubres – 1931 / La lutte contre le taudis – 1938 / Lancement du premier festival de Cannes – 1939

Les deux premiers extraits très courts méritent d’être vus . Le troisième est un véritable documentaire sur Cannes qui s’apprête à accueillir le premier festival de cinéma… Le titre retenu «  Un Jour de bonheur » correspond tout à fait à ce que l’on découvre …

Restauration Pathé 2019 DVD :  21 octobre 2020 Réalisateur : Christian-Jaque Acteurs : Louise Carletti, Jean Claudio, Lucien Gallas, Serge Grave, Marcel Mouloudji, Bernard Blier Durée : 104  minutes Sous-titres : : Anglais L'histoire  : Après avoir été battu puis abandonné par son père, Lucien est retrouvé amnésique par Lucette, une jeune fille évadée d’une maison de redressement. Livrés à eux-mêmes dans une cité malfamée, les deux enfants cherchent tant bien que mal à s’intégrer à la population misérable de ce bidonville de l’est parisien. Film:   Bonus:   « Un film se construit matériellement comme une maison et se compose comme un tableau » (Christian-Jaque) Repoussé…
Le film
Les bonus

En préambule au film restauré l’an passé on peut lire les raisons de ce projet et l’absolu nécessité de venir en aide à l’enfance maltraitée, malheureuse. C'était en 1939 ... Si l’on retrouve ainsi le même trio de jeunes comédiens (Jean Claudio, Serge Grave et Marcel Mouloudji),le même auteur (Pierre Véry) et le même musicien (Henri Verdun) que dans son film précédent « Les Disparus de Saint-Agil » le ton est résolument différent. Un mélodrame qui pourrait annoncer le néoréalisme italien, dans les quartiers pouilleux de la capitale à la veille de la seconde guerre mondiale. Les enfants livrés à eux-mêmes, le sont bien souvent sous la coupe d’adultes sans scrupules . Si de bonnes personnes tentent de leur montrer le bon chemin, celui-ci demeure pavé de mauvaises rencontres et d’arnaques en tout genre.

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Si le film ne retient pas vraiment mon intention, les suppléments, aie, aie, aie, que du bonheur !

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