Accueil » Les critiques » « Le couteau dans l’eau  » de Roman Polanski . Critique Blu-ray

« Le couteau dans l’eau  » de Roman Polanski . Critique Blu-ray

  • Dvd: 5 mai 2021
  • Nouvelle restauration 4K
  • Cinéma : 26 avril 1963
  • RéalisateurRoman Polanski
  • ActeursLeon Niemczyk, Jolanta Umecka, Zygmunt Malanowicz
  • FormatNoir et blanc, Cinémascope
  • Durée : 96 minutes
  • Langue : Polonais (DTS-HD 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Studio  : Carlotta Films

L’histoire : Andrzej et son épouse Krystyna partent en croisière. Sur une route de campagne déserte, ils prennent en stop un jeune étudiant et lui proposent de les accompagner en mer. La différence sociale entre le couple et leur invité  provoque quelques frictions…

Mostra , prix de la critique

  • Film :
  • Bonus :

Un film culte, par excellence. 1962-Il révolutionne les règles étatiques du cinéma polonais, bouleverse son ordre moral et transgresse les directives officielles. Roman Polanski l’a coécrit avec Jerzy Skolimowski.

Ce n’est pas un film sur la guerre comme la Pologne en avale dans les années soixante. Ses personnages sont totalement nouveaux. L’histoire se passe uniquement ( ou presque) sur un bateau. Et comme le dit Wajda dans les suppléments «  on se demande qui ils sont, ce qu’ils font ? Polanski a sonné le glas du cinéma classique ».

Ce que les officiels admettent ouvertement en freinant la sortie du film, totalement boudé dans le pays, et couronné à Venise par le prix de la critique. C’est le film de l’étroitesse, d’esprit, des lieux, des idées. De l’habitacle de la voiture à la cabine du voilier, l’espace limite les ébats.

La rencontre précipitée avec cet auto-stoppeur renforce l’étrangeté des rapports. Sans amabilité particulière Andrzej promu capitaine l’invite pour la journée . Il lui commande immédiatement les manœuvres à effectuer pour rejoindre l’autre rive.

Arrogant et fier, le « capitaine » ne voit pas que son épouse prend de plus en plus le parti du « moussaillon ».

 

Une sourde opposition s’installe. Comme indifférent à l’animosité du « capitaine », le jeune homme la transforme en un jeu. Polanski en fixe les règles . Humaines et sociales dans ce microcosme totalitaire marqué par l’affrontement entre les deux hommes.

Krystyna les arbitre paisiblement, mais l’arrogance de son mari écorne sa neutralité. L’humeur se dérègle, le temps est à l’orage.

Le réalisateur orchestre subtilement le crescendo de ces tensions mêlées au ciel couvert superbement filmé dans le noir et blanc du moment. Les hommes à l’abri, à l’étroit, se révèlent à eux-mêmes, pour une jeunesse perdue, un pouvoir espéré.

De la jeunesse à l’âge mûr, de l’aisance au dénuement, du pouvoir à la liberté, ils vont s’affronter à demi-mots et gestes brusques.

 

Le jeu s’achève ainsi sans vainqueur, ni vaincu. Le  spectateur le choisira sous la conduite d’un cinéaste décidément bien inspiré dans cet épilogue aussi énigmatique que pertinent.

Pour un autre jeu, de dupes cette fois. Et cette fois Krystyna a les cartes en main. As de cœur ou dame de pique ?

Les Suppléments

  • « Un ticket pour l’ouest »  (31 mn) -Un regard très intéressant et passionnant sur la brève carrière polonaise de Roman Polanski, de sa sortie de l’école de cinéma de Lodz au tournage de son premier long-métrage « Le Couteau dans l’eau ».

Wajda se souvient de l’arrivée de Polanski à l’époque où il tournait «  Génération ». «  Il voulait montrer qui il était » . «  J’en faisais toujours plus » reconnait Roman Polanski qui explique dans le détail comment il en est arrivé à tourner «  Le couteau dans l’eau » après un refus de la censure polonaise et un an d’attente.

Première fois dans un film polonais : une femme se présentait nue.

Il est rappelé à plusieurs reprises que ce film marque l’entrée du cinéma polonais dans une nouvelle ère, loin des préceptes de l’art socialiste. «  Il allait à l’encontre des dix règles établies alors par la commission de censure » .

Le choix des comédiens ne manque pas non plus de piquant, notamment celui de la jeune femme Jolanta Umecka, complètement inexpérimentée. Le tournage a été périlleux ( photos à l’appui ) en raison du temps et de l’étroitesse du plateau de tournage. «  Plus d’une fois nous nous sommes retrouvés à l’eau ».

  •  3 Courts-métrages de Roman Polanski 

« Rire de toutes ses dents » (1957 – N&B – 2 mn – Muet)-En descendant un escalier, un homme aperçoit par une fenêtre une dame à sa toilette… Evidemment !

 » Deux hommes et une armoire », Polanski devant et derrière la caméra

« Cassons le bal » ( 1957 – N&B – 8 mn)-Un bal costumé a lieu à l’école de cinéma. Un groupe de jeunes refoulés à l’entrée, sème la pagaille… Effectivement !

« Deux hommes et une armoire » ( 1958 – N&B – 15 mn)-Deux hommes sortent de la mer en portant une armoire. Ils entrent dans la ville et tentent de l’offrir, mais tout le monde refuse…

Joli exercice de style à la Laurel et Hardy qui un moment croiserait Charlie Chaplin relooké gentleman. Un rien de poésie dans cette déambulation à travers la ville, sans issue, sinon celle de la violence, et de l’intolérance. Polanski qui joue un jeune homme dévoyé dévoile là son tempérament créatif, explosif .

Dvd: 5 mai 2021 Nouvelle restauration 4K Cinéma : 26 avril 1963 Réalisateur : Roman Polanski Acteurs : Leon Niemczyk, Jolanta Umecka, Zygmunt Malanowicz Format : Noir et blanc, Cinémascope Durée : 96 minutes Langue : Polonais (DTS-HD 5.1) Sous-titres : Français Studio  : Carlotta Films L'histoire : Andrzej et son épouse Krystyna partent en croisière. Sur une route de campagne déserte, ils prennent en stop un jeune étudiant et lui proposent de les accompagner en mer. La différence sociale entre le couple et leur invité  provoque quelques frictions… Mostra , prix de la critique Film : Bonus : Un film culte, par excellence. 1962-Il…
Le film
Les bonus

Il y a beaucoup de subtilités dans ce film aux apparences futiles. Beaucoup d’intentions réalisées tranquillement ( avec mollesse parfois ) au fil des événements presque anodins qui se produisent sur le pont de ce voilier, peu propice à des élans Ce dont Polanski use avec beaucoup de pertinence pour laisser ce trio inattendu prendre ses marques et rejoindre la rive avant que n’éclate l’orage. Celui du ciel et des rapports de plus en plus tendus entre deux hommes totalement différents. De la jeunesse à l’âge mûr, de l’aisance au dénuement, du pouvoir à la liberté, ils vont s’affronter à demi-mots et gestes brusques avant de se quitter . Ni vainqueur, ni vaincu, si ce n’est celui que le spectateur choisira sous la conduite d’un cinéaste totalement inspiré dans son épilogue bien énigmatique. La femme qui jusque-là arbitrait à distance et sans effet la sourde opposition entre son mari et l’invité possède au final les cartes en main . As de cœur ou dame de pique ? Là encore le spectateur a peut-être la réponse …

AVIS BONUS Un excellent documentaire sur les premiers de Polanski dans son école à Lodz et autour de ce premier film dont on apprend beaucoup . Trois courts métrage dont l’excellent «  Deux hommes et une armoire » .

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Basic Instinct » de Paul Verhoeven. Critique cinéma

On le revoit volontiers avec plaisir cette semaine au cinéma , interrogatoire policier frissonnant et frissons hitchcockiens en prime

Laisser un commentaire