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« La Nuit du 12 » de Dominik Moll. Critique cinéma

Synopsis: À la PJ chaque enquêteur tombe un jour ou l’autre sur un crime qu’il n’arrive pas à résoudre et qui le hante. Pour Yohan c’est le meurtre de Clara. Les interrogatoires se succèdent, les suspects ne manquent pas, et ses doutes ne cessent de grandir. Le crime a eu lieu la nuit du 12, c’est la seule certitude.

La fiche du film

Le film : "La Nuit du 12"
De : Dominik Moll
Avec : Bastien Bouillon, Bouli Lanners
Sortie le : 13/07/2022
Distribution : Haut et Court
Durée : 114 Minutes
Genre : Thriller, Policier
Type : Long-métrage
Le Film
  • D’après l’œuvre de Pauline Guena « 18.3 – une année à la PJ » 2021.Gallimard. –

Tout parait si simple, couler de source. Une jeune fille immolée par le feu en pleine nuit et ses nombreux petits copains passés au tatami des aveux. « C’était une fille facile » a dit sa meilleure amie.  Loïc ( Thibaut Evrard ) un flic de la PJ a des raccourcis faciles. Ses commentaires à l’emporte-pièce énervent son chef de groupe.

« Elle n’a pas dit ça, mais que c’était une fille pas compliquée ». Yohan remet l’histoire dans le sens de l’histoire qu’il recherche. Son équipe piétine et ronge de maigres espoirs .

Yohan est un garçon placide. C’est sa nature. Un homme réservé, ça fonction l’exige. Mais au cœur du système, il sait que sa mission n’a rien de l’apostolat. « On rentre dans la vie des gens, on les interroge , on fait un métier bizarre » raconte Marceau, un collègue blanchi sous le harnais.

Il peut compter sur lui, la réciproque est vraie.

Dominik Moll nous parle beaucoup d’amitié dans ce film qui se veut policier mais plaide sur un autre registre. On suit Yohan et ses hommes au quotidien de journées presque banales , poursuivis par des fantômes qui ne les rattrapent pas toujours.

Et ça les mine ces énigmes jamais résolues, ça les hante ces flics en active ou en retraite. Le réalisateur les convoque dans les souvenirs de ce gamin devenu chef et qu’il met en scène de manière pragmatique. Ni fait d’armes ou d’imprécation, son personnage, Bastien Bouillon le pose tel un homme au milieu des hommes.

On sent la connivence, la complicité , c’est un film qui parle aussi d’amitié

Ses collègues sont à l’avenant et Bouli Lanners, une fois encore rassemble tous les suffrages.

Ce regard sur le monde,  celui de la police démystifiée de ses légendes, le réalisateur les met à profit pour donner chair à une enquête dont le filigrane laisse transparaitre des évidences trompeuses, des certitudes malléables. «  Pourquoi vous parlez de mon amie comme d’une pute ?  » s’étonne à la longue Nanie (Pauline Serieys)

Là où il est autant question de suspect que de respect, c’est de dignité humaine dont nous parle Dominik Moll . Son plaidoyer à l’égard des femmes est sans rature.

D'après l'œuvre de Pauline Guena « 18.3 - une année à la PJ » 2021.Gallimard. - Tout parait si simple, couler de source. Une jeune fille immolée par le feu en pleine nuit et ses nombreux petits copains passés au tatami des aveux. « C’était une fille facile » a dit sa meilleure amie.  Loïc ( Thibaut Evrard ) un flic de la PJ a des raccourcis faciles. Ses commentaires à l’emporte-pièce énervent son chef de groupe. « Elle n’a pas dit ça, mais que c’était une fille pas compliquée ». Yohan remet l’histoire dans le sens de l'histoire qu’il recherche. Son équipe piétine…
Le Film

La façon dont est perpétré le meurtre, puis filmé, façon TV , et la manière de mener l’enquête fixent l’ambition d’un film qui se dit policier, mais qui évolue sur un tout autre registre. Dominique Moll suit au quotidien une équipe de la PJ dont l’enquête sur le meurtre d’une jeune fille, brûlée vive, piétine. On les voit d’investigations en interrogatoires vivre au jour le jour le quotidien des flics du même genre Le réalisateur se détache des codes habituels du polar pour se consacrer avant tout aux hommes, à leurs comportements quotidiens, à leurs habitudes. Une démarche assez pragmatique à l’image de sa mise en scène au milieu de laquelle le personnage principal Yohan, le chef de groupe se pose toujours tel un homme au milieu des hommes. Bastien Bouillon l’incarne à merveille face à Bouli Lanners, une fois encore désarmant de vérité. Si l’enquête parait passer au second plan, c’est qu’elle supporte toutes les préoccupations d’un scénario riche de ses intentions. La réalisation les conforte , là où il est autant question de suspect que de respect, C’est de dignité humaine dont nous parle Dominik Moll . Son plaidoyer à l’égard des femmes est sans rature.

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