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« Frères ennemis » de David Oelhoffen. Critique cinéma

Synopsis: Manuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic. Quand celui-ci est promu aux Stups, son retour bouleverse les équilibres et met Manuel en danger.

La fiche du film

Le film : "Frères Ennemis"
De : David Oelhoffen
Avec : Matthias Schoenaerts, Reda Kateb
Sortie le : 03/10/2018
Distribution : Bac Films
Durée : 111 Minutes
Genre : Policier
Type : Long-métrage
Le film

Classique dans l’esprit, moderne dans l’interprétation. Pour deux acteurs dont les personnages se révèlent bien différents de l’image des premiers échanges.

Matthias Schoenaerts, Reda Kateb

Tout oppose ces deux frangins que le cinéma adore. Ce sont « Les liens du sang » de Jacques Maillot, « Blood Ties » de Guillaume Canet. L’un est truand, l’autre flic. Il vit seul avec sa fille, pas très loin de la banlieue qu’il a abandonnée.

Driss y retourne fréquemment. Un indic dans la poche, un proche de toujours, et un coup d’œil avisé sur les trafics du quotidien. Le chef du gang n’est autre que son frère, Manuel, surveillé à distance. La famille le protège.

C’est Driss qu’elle a rayé de son arbre généalogique, il a trahi. Il assume.

Sans complaisance, ni état d’âme Reda Kateb a l’allure du « poor lonesome cowboy » tout petit, prisonnier de ces barres d’immeubles qui lui volent sa jeunesse. Il ne parle pas beaucoup, il observe et voit comment l’enfance a croqué ce nouveau monde.

Le mouvement est inéluctable, mais il le contrôle pense-t-il. En arrêtant les méchants dont est exclu momentanément son frangin. Question d’honneur pour Manuel, de stratégie pour Driss.

Dans cet entre-deux précaire où David Oelhoffen progresse par à-coups insistants d’une caméra aux aguets, elle aussi. Peu de suspense, rien que des attentes, des diversions et le jeu des comédiens qui se jouent d’un récit éculé.

Qui a trahi et pourquoi, importe peu dans cet univers à ciel ouvert et pourtant si cloisonné par ce qui demeure un enfermement à vie. Ce que choisit de montrer le réalisateur dans un film policier moderne. L’instinct et l’énergie, la violence et la mort.

Il n’y a plus de guerre des polices, mais une entente larvée, à défaut d’une complicité qui décidément n’est plus de ce monde reprend encore David Oelhoffen. Sa mise en scène faussement bancale, sur le fil du plagiat, prend peu à peu conscience des enjeux stratégiques des uns et des autres. Des voyous, des trafiquants mais aussi d’une police consciemment en marge des réalités.

Une autre manière de pointer du doigt les insuffisances d’un système que Matthias Schoenaerts et Reda Kateb révèlent avec une talentueuse discrétion, accompagnés par une palette de comédiens tout aussi justes : Sabrina Ouazani, Marc Barbé, Adel Bencheriff… Peut-être classiques, mais tout aussi modernes !

Classique dans l’esprit, moderne dans l’interprétation. Pour deux acteurs dont les personnages se révèlent bien différents de l’image des premiers échanges. Matthias Schoenaerts, Reda Kateb… Tout oppose ces deux frangins que le cinéma adore. Ce sont « Les liens du sang » de Jacques Maillot, « Blood Ties » de Guillaume Canet. L’un est truand, l’autre flic. Il vit seul avec sa fille, pas très loin de la banlieue qu’il a abandonnée. Driss y retourne fréquemment. Un indic dans la poche, un proche de toujours, et un coup d’œil avisé sur les trafics du quotidien. Le chef du gang n’est autre que son frère,…
Le film

Sous les apparences d’un polar bien classique David Oelhoffen bouscule les habitudes du film policier (mais pas les codes) et la direction d’acteurs dans un monde qu’il nous révèle plus enfermé qu’il ne voulait paraître. Avec le jeu retenu des acteurs, et leur puissance émotionnelle, c’est toute la force de son film que de mettre en évidence les archétypes d’un genre aussi dévoyé pour en démonter les mécanismes humains. Qui fait du face à face entre les frères ennemis une rencontre existentielle. Sa mise en scène faussement bancale, sur le fil du plagiat, prend peu à peu conscience des enjeux stratégiques qui les animent. Matthias Schoenaerts, Reda Kateb, il faut les voir, ils sont grands…

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