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« Entre les roseaux » de Mikko Makela. Critique cinéma-dvd

Synopsis: De retour en Finlande pour les vacances d’été, Leevi aide son père à restaurer le chalet familial au bord d’un lac. Tareq, un réfugié syrien demandeur d’asile, les aide sur ce chantier. Alors que Leevi trouve refuge dans la littérature de Rimbaud, Tareq tente de se construire une identité dans un monde fait d’inégalités. Loin du regard du père, ces deux hommes que tout oppose se découvrent l’un l’autre. L’amour devient un exutoire…

La fiche du film

Le film : "Entre les roseaux"
De : Mikko Makela
Avec : Janne Puustinen, Boodi Kabbani
Sortie le : 20/03/2019
Distribution : Outplay
Durée : 108 Minutes
Genre : Drame, Romance
Type : Long-métrage
Le film
  • Date de sortie du DVD : 20 juin 2019

Le titre est peut-être un clin d’œil au film de Téchiné, « Les roseaux sauvages » dont le sujet est assez proche. Mais ce film est surtout comparable à « Seule la terre » de Francis Lee, par sa thématique évidente, et son traitement social sur lequel se greffent de nombreuses déviantes. L’allusion s’arrête là.

A l’âpreté scénographique du long métrage britannique succède un joli mélodrame finlandais. Il baigne dans tous les sens du terme dans les eaux d’un lac de carte postale à la lumière tamisée d’une tombée du jour. Leevi, de retour de Paris où il poursuit ses études, seconde son père à la réfection d’un chalet. Ils se font aider par un saisonnier, Tareq (Boodi Kabbani), un architecte syrien dont toute la famille est encore au pays.

Le père est méfiant, de nature, ( il n’aime pas les étrangers ) et l’entente avec le fils (Janne Puustinen,) n’est pas au beau fixe. Il se méfie de ses tendances amoureuses que Leevi et Tareq vont devoir taire dans l’ombre de ses absences. Il comprend, doute et on le comprend sur une mise en scène assez téléphonée pour nous dire tout ce que Mikko Makela a envie de crier à la face du monde.

Il le fait tranquillement, avec douceur et une lenteur persistante sur les attentes, les approches, l’attirance. Deux pays, deux cultures, le dilemme se dilue dans des situations fort convenables ( en fin de compte ce garçon est un travailleur sérieux… ) avant d’affleurer à nouveau sur la xénophobie ambiante et l’homophobie latente.

Tareq se replie alors sur son histoire douloureuse, le sort des exilés qu’il évoque à travers l’attente de sa famille et le souhait de les accueillir dans ce pays. En totale opposition au discours de son amant, poète et rêveur, posé sur les empreintes des grands écrivains de Saint-Germain-des-Prés, où il vit .

La culture française est d’ailleurs souvent rappelée à l’ordre d’un état instable pour ce duo qui n’arrivera jamais à former un couple. C’est aussi l’échec de ce pays dans lequel pourtant Tareq a décidé de vivre. Malgré les contrariétés et le souvenir de cette arrivée désastreuse « on se sentait rejeté, indésirable ».

Le père ne fait pas autre chose dans les adieux précipités à ce jeune homme. Un Syrien finlandais qui rêve de Paris. Peut-être un jour…

LE SUPPLEMENT

  • Scènes coupées ( à venir )
Date de sortie du DVD : 20 juin 2019 Le titre est peut-être un clin d’œil au film de Téchiné, "Les roseaux sauvages" dont le sujet est assez proche. Mais ce film est surtout comparable à « Seule la terre » de Francis Lee, par sa thématique évidente, et son traitement social sur lequel se greffent de nombreuses déviantes. L’allusion s’arrête là. A l’âpreté scénographique du long métrage britannique succède un joli mélodrame finlandais. Il baigne dans tous les sens du terme dans les eaux d’un lac de carte postale à la lumière tamisée d’une tombée du jour. Leevi, de retour de Paris où il poursuit ses études,…
Le film

Ce film nous rapproche de récents long-métrages dont la comparaison est loin de lui être favorable. Je pense notamment à « Call me by your name » mais surtout « Seule la terre » très proche dans le contenu, très éloigné dans la forme ici référent de la carte postale des pays nordiques. L’amour qui va réunir le garçon de la famille avec le saisonnier venu aider à la rénovation du chalet ( au bord d’un lac, idyllique décor pour les sentiments et les clichés ) se consume tranquillement dans l’interdit qu’impose implicitement un père intolérant, et xénophobe. Une image de la Finlande que la jeunesse aimerait voir floutée. En attendant c’est vers Paris que les deux garçons lancent leur regard. Leevi est étudiant, Tareq rêve de découvrir « la ville lumière ». Peut-être un jour, un retour, des retrouvailles et à nouveau l’amour ...

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