Accueil » A la une » « Ennio » de Giuseppe Tornatore. Critique cinéma

« Ennio » de Giuseppe Tornatore. Critique cinéma

Synopsis: A l’âge de 8 ans, Ennio Morricone rêve de devenir médecin. Mais son père décide qu’il sera trompettiste, comme lui. Du conservatoire de musique à l’Oscar du meilleur compositeur, l’itinéraire d’un des plus grands musiciens du 20ème siècle.

La fiche du film

Le film : "Ennio"
De : Giuseppe Tornatore
Avec : Giuseppe Tornatore, Ennio Morricone
Sortie le : 06/07/2022
Distribution : Le Pacte
Durée : 156 Minutes
Genre : Documentaire
Type : Long-métrage
Le Film

De nombreux films portent à tout jamais une empreinte particulière. Quelques notes insistantes, une musique évidente, un son tout en couleur …  Je pense à Vangelis pour  « Les Chariots de feu » de Hugh Hudson et «  1942 : Christophe Colomb » de Ridley Scott. Puis l’arrivée du requin dans «  Les dents de la mer » de Spielberg que John Williams a immortalisé par ce râle entêtant, inquiétant. Et puis il y a tout l’univers de Ennio Morricone qui aujourd’hui parait sans fin.

Lui-même ne sait pas le nombre de partitions réalisées pour le cinéma. A ses débuts, timide et peu convaincu de la valeur de l’exercice, son pseudonyme lui évite les foudres de Goffredo Petrassi . Toute sa vie durant Morricone le respecte comme son maître absolu.

Mais flirter avec la variété italienne puis les films de la même péninsule, c’est à ses yeux déshonorer l’enseignement reçu par le grand compositeur italien. 

Morricone parle même un moment d’humiliation vis-à-vis de cette activité qui pourtant le nourrit et commence à nourrir une autre forme de musique. Une conception du son et de l’image qu’il forge inconsciemment au fil de ses rencontres.

C’est toute cette patiente élaboration d’un style que révèle ce riche documentaire qui prend le temps ( 2 h 35 mn ) de démystifier une œuvre pour la rendre encore plus accessible .

Certains films peuvent avoir disparu de notre mémoire, on les entend toujours.

Et Morricone a entendu Bertrand Tavernier pour qui «  la musique ne doit pas commenter de manière pléonastique le film ». Il invente des sonorités en triturant des phrases et des arpèges d’ordinaire sagement rangés sur leurs portées. Il laisse le bruit occuper l’espace, les éléments naturels se mêler à une flûte de pan .

« On la mettra quand il faudra » dit-il à son ami Sergio Leone dont la collaboration fait figure de légende (photo). On ne compte plus les succès du réalisateur italien  indissociables des partitions de Morricone. Qui doit alors se défendre de n’avoir pas fait que du western.

Giuseppe Tornatore, le réalisateur de ce documentaire en sait quelque chose lui qui se sert et sert grandement toute la famille du cinéma pour témoigner du talent de Morricone, et de sa personnalité extraordinaire.

Ils le disent, mais on le voit aussi à plusieurs reprises, c’était quelqu’un plutôt discret, humble et perspicace. Une personnalité entière qui ne voulait pas que l’on marche sur ses plates-bandes. Si un réalisateur lui suggérait une idée, lui proposait quelques thèmes ou une pile de disques afin de s’en inspirer, l’homme tournait les talons. «  Je n’ai rien à faire ici ». En bon musicien ça signifie, rendez-vous à la coda !…

Les voix féminines sont très importantes dans ses compositions. Notamment celles d’ Edda Dell’Orso et de Dulce Pontes (photo). Mais la principale demeure celle de sa femme sans qui il ne proposait rien. C’était sa première auditrice.
De nombreux films portent à tout jamais une empreinte particulière. Quelques notes insistantes, une musique évidente, un son tout en couleur …  Je pense à Vangelis pour  « Les Chariots de feu » de Hugh Hudson et «  1942 : Christophe Colomb » de Ridley Scott. Puis l’arrivée du requin dans «  Les dents de la mer » de Spielberg que John Williams a immortalisé par ce râle entêtant, inquiétant. Et puis il y a tout l’univers de Ennio Morricone qui aujourd’hui parait sans fin. Lui-même ne sait pas le nombre de partitions réalisées pour le cinéma. A ses débuts, timide et peu convaincu de…
Le Film

Dans ce documentaire magnifique, Ennio revit du pupitre à son bureau en rendant hommage au cinéma du monde entier. C’est à la fois l’histoire du septième art de plus d’un demi-siècle, une symphonie inachevée, et le portrait d’un homme juste et bon, humble et perspicace, qui souhaitait simplement que l’on ne lui marche pas sur les pieds. Ce que raconte dans les grandes largeurs ( 2 h 35 mn ) Giuseppe Tornatore en suivant film après film ( les extraits pullulent ) la progression d’un compositeur qui à l’origine estimait son travail mineur et sans intérêt vis-à-vis de ses collègues de la musique classique. Néanmoins en poursuivant son écriture , il entendait sans les jouer des notes qu'il allait triturer, inventant des sonorités et des arpèges d’ordinaire sagement rangés sur leurs portées. De nombreux réalisateurs du monde entier témoignent de leur collaboration fructueuse avec le maître à qui on ne dictait rien. Sinon l’homme tournait les talons.

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Le Blues entre les dents » de Robert Manthoulis. Critique dvd

Un documentaire lié à une fiction : les racines sont intactes, mais la mise en scène se traîne

Un commentaire

  1. Une belle surprise pour découvrir ce que ce musicien apporte à cet art et aussi au 7eme. Naturellement modeste,et imprégné d’une culture classique, il s’est souvent sous estimé…..mais , heureusement, il se réconciliera avec ses obsessions créatrices, sa conception de la musique et sans doute avec lui même quand la reconnaissance de son talent sera « statuettée ».
    Un documentaire qui ravive la flamme musicale et cinématographique : tout (re) écouter, tout(re)voir. Viva il Cinéma, viva la Musica!

Laisser un commentaire