- 20 août 2025 en salle

- 2 heures et 13 minutes
- Dvd : 3 mars 2026
- Acteurs : Anders Danielsen Lie, Elle Fanning, Inga Ibsdotter Lilleaas, Renate Reinsve, Stellan Skarsgård
- Sous-titres : : Français
- Langue : Norvégien
- Studio : Memento Distribution
L’Histoire : Agnès et Nora voient leur père débarquer après de longues années d’absence. Réalisateur de renom, il propose à̀ Nora, comédienne de théâtre, de jouer dans son prochain film, mais celle- ci refuse avec défiance. Il propose alors le rôle à une jeune star hollywoodienne, ravivant des souvenirs de famille douloureux.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Grand Prix au Festival de Cannes 2025
Je suis un peu secoué par la grandeur de ce film, qui sans tapage, ni racolage, raconte l’ histoire de la famille Borg , logiquement simple et complexe. Ainsi Agnès et Nora ne s’attendaient pas au retour de leur père .
Gustab Borg, un réalisateur autrefois célèbre, a disparu du jour au lendemain. Il revient sans prévenir, lors des obsèques de sa femme . Et reprend vie autour de la sororité déboussolée.
Agnès , l’historienne ( Inga Ibsdotter Lilleaas) est la plus encline à lui parler, quand Nora , la comédienne, refuse illico-presto de lui ouvrir les bras ( Renate Reinsve). Surtout lorsqu’il lui propose de jouer le rôle principal de son prochain film. Elle ne lira même pas le scénario.
Habituée aux planches, Nora triomphe dans l’éclat des projecteurs, mais peine quand ils s’éteignent. Forte dans ses relations, elle est fragile dans ses retranchements. Un peu à l’image du personnage que Rachel Kemp (Elle Fanning), une star hollywoodienne, découvre à la lecture du script.
Elle le lit dans le détail , s’étonne et questionne son auteur. Gustab Borg ? Joachim Trier ? Une incursion professionnelle dans le monde du cinéma, le regard de ses pensionnaires qui d’un tournage aux coulisses du théâtre, subliment le moment créateur .
Mais aussi la peur du vide qui s’ouvre devant la fosse. Lever de rideau, tension extrême, la phobie de l’attente dans le noir. C’est quoi être acteur, actrice interroge Trier qui sur sa propre activité semble avoir beaucoup à redire.

Des failles terriblement bien filmées, des face à face douloureux , comme d’autres scènes tout aussi éloquentes. On déconseille à Gustave Borg ( Stellan Skarsgård) de reprendre son chef opérateur habituel. Il le rencontre, et la vérité , une fois encore, l’atteint dans sa propre vieillesse.
Celle qui filtre à travers l’histoire qui parle de toute une vie et de l’amour paternel qu’il n’a pas su donner. Là, Trier filme à travers les carreaux, les fenêtres, le cadre resserré sur une image très belle.
Une intimité éclatante validée par une mise en scène tout aussi retenue. Presque délicate . L’émotion est à son comble, portée par des actrices et acteurs pleinement inspirés. Valeur sentimentale dit le titre . Et toutes les autres , aussi…
Le film
La Norvège nous offre de bons polars, et son cinéma n’est pas en reste. Porté cette fois par Joachim Trier , scénariste et réalisateur d’un film grandiose qui à travers plusieurs questionnements sur le cinéma et ses relations avec le théâtre englobe la vie de toute une famille. Depuis les non-dits révélés par des archives oubliées jusqu’aux incertitudes d’une sororité plus que troublée et divisée par le retour d’un père, absent depuis longtemps. Réalisateur autrefois , il s’incruste et tente , par le biais d’un nouveau projet de cinéma, de renouer avec l’histoire qu’il a abandonnée. L’homme a visiblement perdu ses repères que Trier rassemble dans une évocation sensible de la vie de famille, une intimité éclatante qui rejaillit sur des émotions sempiternelles. Pour atteindre le cinéma qui glorifie le théâtre , et tous ses pensionnaires logés à la même enseigne des illusions véritables. Le poids de la création ici parfaitement assumée par des actrices et des acteurs inspirés. Valeur sentimentale dit le titre . Et toutes les autres , aussi…