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« Tout ce qui me reste de la révolution » de et avec Judith Davis. Critique cinéma

Synopsis: Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat pour être née « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire ? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…

La fiche du film

Le film : "Tout ce qu'il me reste de la révolution"
De : Judith Davis
Avec : Judith Davis, Malik Zidi
Sortie le : 06/02/2019
Distribution : UFO Distribution
Durée : 88 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film

Etre viré, d’accord, mais par un patron de gauche,pas d’accord. Après une homérique engueulade avec ce qui fut aussi son professeur, Angèle affirme haut et fort sa révolte. Elle n’avait pas forcément besoin de cela pour libérer toute sa colère rentrée.

La jeune femme ne se remet jamais en question, elle fonce. Sur les pas d’un papa ( Simon Bakhouche, si rare… )  anar jusque dans sa retraite. La mère (Mireille Perrier) a mis les voiles dans le Sud, pour l’économie de marché et les marchés de Provence.

« Mon père, il a succombé ni au confort, ni au désespoir ».

Angèle imagine qu’autour d’une table elle va améliorer le monde…

L’héritage est patent même si la grande sœur (Claire Dumas) ne souscrit pas à ce passé épique et glorieux. La question du pourquoi, on ne peut plus se la poser dit-elle à sa cadette qui vire alors dans une communauté d’idées et d’actions.

C’est son nouveau combat aux chimères certaines quand l’un de ses premiers animateurs fustige l’attitude de Johnny Rotten, en kilt, courant après des vaches pour faire la pub d’un fromage. « C’est plus un punk quand il fait ça pour de la margarine » s’énerve-t-il.

La scène est drôle et encore plus avec le débat qui suit et désole toujours autant la révolutionnaire en herbe. Les révélations de son père ne vont pas arranger les choses.

Un social traître, désormais, aux yeux de sa fille bien aimée ? La comédienne réalisatrice – parfaite-  hésite sur l’engagement à donner à sa mise en scène. Ce qui est bien dans ce film :  l’indépendance de ton est à l’égal de la liberté  qu’entretiennent ses personnages.

A commencer par elle-même et à l’intention de toute cette fratrie inconstante qui veut des chants révolutionnaires pour faire l’amour, « créer du lien » (que cette expression m’agace) et faire des selfies. Ou l’égocentrisme affiché sur des principes maoïstes, en contradiction aux idéaux de la jeune femme,à bouts d’arguments et bringuebalée dans une confrontation familiale inédite.

Je vous laisse découvrir ce grand moment de cinéma.Au départ, une simulation amusante du monde du travail et de la raison d’être du maillon faible. Au milieu du repas de famille, tout part en vrille, un psycho drame se noue, imprévisible, dévastateur.

Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses. Mais avec Malik Zidi, les événements vont peut-être évolués

Tout ce que Angèle a voulu contenir dans les embrouilles possibles d’un monde où l’utopie semblait une porte de sortie honorable. Judith Davis n’y croit plus, c’est certain, mais qui de la comédienne ou de la réalisatrice a lâché prise ?  Attention, la question du pourquoi ne se pose même plus, elle nous a prévenus bien vu !

Etre viré, d’accord, mais par un patron de gauche,pas d'accord. Après une homérique engueulade avec ce qui fut aussi son professeur, Angèle affirme haut et fort sa révolte. Elle n’avait pas forcément besoin de cela pour libérer toute sa colère rentrée. La jeune femme ne se remet jamais en question, elle fonce. Sur les pas d’un papa ( Simon Bakhouche, si rare... )  anar jusque dans sa retraite. La mère (Mireille Perrier) a mis les voiles dans le Sud, pour l'économie de marché et les marchés de Provence. « Mon père, il a succombé ni au confort, ni au désespoir ». L’héritage est patent même si…
Le film

Nourrie au biberon de la lutte sociale, Angèle voit ses géniteurs renier leurs luttes et leurs idéaux alors qu’elle se révolte d’être née trop tard pour ne pas pu les avoir accompagner. Aussi pense-t-elle pouvoir reprendre le flambeau d’un idéal qui dans son combat s’apparente souvent à de l’utopie. J’imagine que la réalisatrice qui joue aussi le rôle principal a beaucoup donné de sa personne et de son histoire pour mener aussi bien un récit entrechoqué par des fulgurances cinématographiques et des séquences inénarrables, imprévisibles, et indispensables. Un film qui s’interroge sur notre monde qui ne va pas bien, avec une indépendance de ton à l’égal de la liberté qu’entretiennent ses personnages. Les comédiens se fondent avec le paysage.

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