- 2 heures et 19 minutes

- Dvd : 8 avril 2026
- 3 décembre 2025 en salle
- Acteurs : Andre Jacobs, Jessica Pennington, Ophélie Bau, Salim Kechiouche, Shaïn Boumedine, Hafsia Herzi
- Studio : Pathé
L’histoire : Amin revient à Sète après ses études à Paris, rêvant toujours de cinéma. Un producteur américain en vacances s’intéresse par hasard à son projet, Il veut que sa femme, Jess, en soit l’héroïne. Mais le destin, capricieux, impose ses propres règles.
Librement inspiré de « La Blessure vraie » de François Bégaudeau (2011)
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
C’est la fin qui est intéressante. Mais sans les préliminaires qui n’en finissent pas, pourrait-on accéder à cette furie passionnelle, un rien imbécile, où l’infidélité et la perte de repères conduisent au drame
Cette fin que Abdellatif Kechiche filme dans une optique délibérément policière ( tension, investigation, fuite … ) pour faire le cinéma qui nous a manqué auparavant. Avec le témoin qui n’a rien vu, n’a rien entendu et qui sait tout. La presse en raffole. Et le personnel médical qui en rajoute, cette fois sur la raison de la présence d’Américains en France.
Du n’importe quoi , mais du vrai, du Kechiche inspiré après deux heures de gesticulations scénographiques autour d’une bande de jeunes enivrés de soleil et de fêtes.
Parmi eux, Ophélie ( Ophélie Bau ) ,une bergère travaille à la ferme parentale. Pas drôle, mais l’idée d’un mariage lui permet de retrouver les copains avec bonne humeur.
En priorité peut-être Amin ( Shaïn Boumedine), l’astre solaire autour de qui tout rayonne, et à qui on peut faire confiance. Il ne dit pas grand-chose mais voit beaucoup . Il est photographe, et un photographe dans un film implique toujours un questionnement autour du regard.
Ici on n’en manque pas, sans alimenter en quoi que ce soit la nature du récit. L’intrusion estivale d’un couple d’américains, lui réalisateur, elle comédienne TV, permet un temps de fixer d’autres règles, avant qu’ils ne s’intègrent pleinement au projet d’Amin, en quête d’un avenir cinématographique.
Il est aussi long à se profiler que l’histoire elle-même , et le cadrage répété sur les fesses des protagonistes, ajoute à la confusion artistique de l’ensemble. Bien sûr il y a Tony (Salim Kechiouche), le cousin d’Amin, qui saute sur tout ce qui bouge.
Mais pas de quoi en faire un film, aussi long, empreint de poncifs, parfois rétrospectifs . Il est peut-être d’ailleurs conseillé de faire abstraction du tome 1 (« Mektoub My Love : Canto Uno ») présenté il y a sept ans . Pour découvrir qu’après la déception, c’est la désillusion qui s’installe .

LE SUPPLEMENT
- Conférence de presse à Locarno avec Daniela Persico
Plusieurs membres de l’équipe et le producteur Riccardo Marcheggiani confrontent leur ressenti, impressions et commentaire sous l’œil de Daniela Persico, membre éminente et très expressive du festival
Il me semble plus intéressant de faire abstraction du tome 1 (Mektoub My Love : Canto Uno ) présenté il y a sept ans , pour tenter de comprendre ce que nous apporte ce film, étranger dès lors à toute autre référence.
Grosso modo , on passe ici de la déception à la désillusion, du cinéma en particulier que Kechiche démonte à travers la personnalité d’un couple d’américains, elle comédienne de série-tv, lui réalisateur.
Ils vont rentrer dans le jeu de cette bande de jeunes qui aspirent à toujours plus de liberté et de bonheur, quand les petits problèmes grossissent inexorablement.
Mais l’heure demeure à l’insouciance, et aux plaisirs des corps que le réalisateur filme à l’envie. Celui du film entrevoit le rêve hollywoodien pour Amin aspirant-cinéaste.
C’est long, empreint de poncifs, qui s’effacent sur l’épilogue enfin prenant.
Cette fin que Kechiche filme dans une optique délibérément policière ( tension, investigation, fuite … ) pour faire le cinéma qui nous a manqué auparavant. Mais c’est quand même bien tard.
AVIS BONUS
Conférence de presse à Locarno avec la sémillante Daniela Persico
