Accueil » A la une » « Les dimanches » de Alauda Ruiz de Azúa. Critique cinéma

« Les dimanches » de Alauda Ruiz de Azúa. Critique cinéma

  • 11 février 2026 en salle
  •  1h 58min
  •  Drame
  • Par Alauda Ruiz de Azúa
  • Avec Blanca SoroaPatricia López ArnaizJuan Minujin
  • Titre original Los domingos

L’histoire : Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s’apprête à choisir son parcours universitaire. A la surprise générale, elle souhaite embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d’un mal plus profond …

  • Antigone d’or du 47e Festival de cinéma de Montpellier 2025
  •  Goya  2026 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure actrice (Patricia López Arnaiz),et meilleure actrice dans un second rôle ( (Nagore Aranburu)

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le film   :  

Plusieurs thèmes sont finement abordés dans ce film, rayonnant chaque fois autour de Ainara, une jeune fille brillante, qui  dans le choix de son avenir, désarçonne tous les attendus de sa famille.

L’idée de s’enfermer à vie dans un couvent va à l’encontre de l’éducation d’un père, veuf (Miguel Garcés). Il s’oppose immédiatement à sa sœur, Maité, une tante très proche de sa nièce, depuis la mort de la maman.

Maïté (Patricia López Arnaiz) veut comprendre le raisonnement d’Ainara, et tenter de dévier le cours de ses aspirations. La conduire chez un psy ? L’ouvrir à d’autres rencontres, à des horizons différents.  Le surf, les garçons, un séjour à l’étranger…

 

C’est assez drôle dans l’évocation des événements possibles , mais le sérieux préside à cette énumération, tant la situation parait urgente. Attention le film  n’est pas sombre , mais lumineux , ça va de soi. Alauda Ruiz de Azúa  filme tranquillement, autour des profils, des ombres parfois, sans effusion , ni recueillement attendu dans ce rituel bien ordonné.

Surtout pas de béni-oui-oui,  Une grâce naturelle, un besoin d’air, respirer.

Où l’on  parle de discernement, lors des passages de la jeune fille  au couvent , quand de retour à la maison, elle retrouve sans affect particulier la famille et ses copains. Elle a trouvé sa voie. Rien ne la fera changer de cap.

Ni le scepticisme paternel de plus en plus étouffé ,ou  les écarts  parfois virulents de la tata .  « Des folles qui lui bourrent le crâne, laisse là respirer… »   . Elans transmués dans une rencontre unique, sublime, avec Isabelle, la mère supérieure ( (Nagore Aranburu) et la doyenne du couvent. Un bijou de cinéma, des regards , des silences : comment aborder les sujets qui fâchent ?

On les a déjà évoqués au cours des repas dominicaux  chamboulés en conseil de famille .Il est parfois question d’héritage , mais pour l’heure le sujet, c’est Ainara . Qui parle peu,  posture de plus en plus coutumière, retenue, que la jeune comédienne, Blanca Soroa, simule à la perfection. Elle est déjà dans son autre monde, un ailleurs «  où l’on ressent un très beau et profond amour ».

La messe est dite et très bien dite !

11 février 2026 en salle  1h 58min  Drame Par Alauda Ruiz de Azúa Avec Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz, Juan Minujin Titre original Los domingos L'histoire : Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s'apprête à choisir son parcours universitaire. A la surprise générale, elle souhaite embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d'un mal plus profond … Antigone d'or du 47e Festival de cinéma de Montpellier 2025  Goya  2026 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario…
Le Film

Plusieurs Goya , mais aucun pour celle qui mène «  le bal » avec évidence . Blanca Soroa dessine avec justesse les contours de son personnage réellement partagé au moment de choisir la voie de son avenir. Brillante élève, elle envisage un cursus universitaire, quand elle sent également l’appel d’un ailleurs , plus mystérieux, plus profond. Ce qui étonne et partage la famille, son père accédant peu à peu à ses vœux religieux, sa tante, totalement athée, y voyant la manifestation  du démon. Un affrontement qui déstabilise les repas dominicaux de plus en plus chamboulés en conseil de famille . La conduite intérieure très personnelle de la jeune fille est au centre de toutes les discussions, remettant le principe de la foi en question ( une fois de plus et pour des siècles, des siècles … ) sur des bases évidemment très différentes selon les interlocuteurs. Ce que la réalisatrice filme tranquillement, autour des profils, des ombres parfois, sans effusion , ni recueillement attendu dans ce rituel bien ordonné. Chaque acteur y prend le meilleur de lui-même ( Patricia López Arnaiz, la tata, formidable ) , sans  béni-oui-oui , ou prosélytisme racoleur. Comme touché par la grâce...

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Le Rêve américain » de Anthony Marciano . Critique cinéma

Inspiré d’une histoire vraie, ce film est hallucinant. On a du mal à y croire , mais on y croit !

Laisser un commentaire