- 4 janvier 2026 en salle
- 2h 08min | Drame
- Par Jean-Paul Salomé, Bastien Daret
- Avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon
L’histoire : Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, réfugié en France, fabrique des faux papiers pendant l’occupation . Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions . Un jour, un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. L’inspecteur Mattei, meilleur flic de France, a du mal à le cerner …
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
L’affaire remonte à la fin de la seconde guerre mondiale. Dramatique à l’époque, à bien des égards, elle suscite aujourd’hui un vif intérêt dans cette adaptation cinématographique, qui conjugue à merveille , les faits et la romance, la fiction et la réalité.
Celle qui au sortir de la guerre , contraint un jeune ingénieur polonais exilé en France à survivre de petits boulots. Sans papiers, il n’existe pas. Sans brevet possible, ses inventions sont refusées.
La proposition d’un gangster notoire, chef du gang des « Tractions avant » va changer la donne. Jan Bojarski va fabriquer des faux-billets, que le caïd se chargera d’écouler.
Le commerce est florissant surtout que le travail s’affine : ses billet sont plus vrais que les vrais. La Banque de France panique, l’économie flageole et l’inspecteur Mattei patauge. Ignorant qu’il a raté sa cible une première fois, quand il a démantelé le fameux gang .
Sa réputation écornée, il s’acharne, il aura le malfrat. Qui pendant ce temps s’est mis à son compte, à l’insu de sa femme et de sa petite fille. Père modèle, mari fidèle, Jan Bojarski poursuit son œuvre en sous-sol, ou dans la cabane au fond du jardin. Bien protégé, bien au secret …

Le talent à l’état pur. On dit que c’est le Cézanne de la fausse monnaie. Un artiste qui laissera donc sa signature …
Jean-Paul Salomé et son co-scénariste Bastien Daret en sont aussi convaincus . Ils ont réécrit l’histoire de ce faux monnayeur, à la hauteur de son talent. Les dialogues sont percutants, mais sans la violence inhérente aux mots qu’ils transportent.
La mise en scène est précise, mais sans ostentation, ni effet secondaire. Dans ses angles d’attaque, et ses gestes familiers, elle épouse le cérémonial du faux-monnayeur penché sur sa presse et sa rotative.
A cette osmose parfaite se joint Reda Kateb, le rôle-titre d’une douceur placide, et Bastien Bouillon, en flic, imperturbable, mais très flic. Sara Giraudeau , et Pierre Lottin sont d’excellents complices . Mais quelle affaire !

Le film
C’est un excellent film pour raviver notre Histoire ( fin de la seconde guerre mondiale et émergence de nouveaux malfrats ) , et saluer la patte cinématographique d’un réalisateur qui a su trouver le ton juste, me semble-t-il pour lier à la pédagogie des événements , un moment de cinéma indispensable. Les faits sont réels, ceux d’un faux monnayeur, qui acoquiné par hasard au gang des « Tractions Avant », va devenir le meilleur de sa profession, au point d’ébranler les fondements de l’Etat. Le pouvoir économique prend peur, la police piétine, et Jan Bojarski, travaille maintenant en solo, en artiste comme le comprend le commissaire qui va maintenant le traquer de manière particulière. Jean-Paul Salomé et son co-scénariste Bastien Daret ont réécrit l’histoire de ce faux monnayeur, à la hauteur de son talent. Les dialogues sont percutants, mais sans la violence inhérente aux mots qu’ils transportent. La mise en scène est précise, mais sans ostentation, ni effet secondaire. Dans ses angles d’attaque, et ses gestes familiers, elle épouse le cérémonial du faux-monnayeur penché sur sa presse et sa rotative. A cette osmose parfaite se joint une affiche totalement en raccord avec l’histoire : Reda Kateb, le rôle-titre d’une douceur placide, Bastien Bouillon, en flic, imperturbable, mais très flic. Sara Giraudeau , et Pierre Lottin sont d’excellents complices .
Qu’un faux-monnayeur fasse ralentir un braquage en cours sur une route déserte pour apprécier la finesse du velin utilisé à la fabrication des billets, ne fasse aucun cas des personnes assassinées autour de lui ,me laisse perplexe . Cette attitude ne sied pas à la personnalité de Bojansky ensuite révélée dans ce film très plaisant.
La reconstitution des époques et la justesse des acteurs participent au bon allant de l’histoire.
Sarah Giraudeau, à l’acmé de sa beauté de femme et d’actrice; Bertrand Bouillon et son air tourmenté ferait fondre un glaçon, et Reda Khateb toujours aussi imprégné par son rôle.
Un bon moment de cinéma « inspiré d’une histoire vraie »