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« La Bonne réputation » de Alejandra Marquez Abella. Critique cinéma-vod

Synopsis: Sofia, en bonne place dans la haute bourgeoisie locale en ce début des années 1980, mène une vie de luxe et d’oisiveté que permet la rente de la société de son mari, lui-même héritier. Lorsque la crise économique frappe, les affaires périclitent brutalement, et emportent avec elles son univers d’apparat déconnecté des réalités. Face à la réalité d’une chute imminente, elle fera tout pour sauver les apparences…

La fiche du film

Le film : "La Bonne réputation"
De : Alejandra Marquez Abella
Avec : Ilse Salas, Cassandra Ciangherotti
Sortie le : 16/10/2019
Distribution : UFO Distribution
Durée : 99 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

« Je déteste les enterrements… je ne sais jamais comment m’habiller » . —

J’ai failli décrocher. Le genre « True little lies » voire … « Desperate housewives » ! Des femmes de la haute se racontent, le nez dans le poudrier, les cernes enrubannés. Elles causent au salon de thé, au club , entre la piscine et le tennis et puis cancanent derrière celle qui s’absente.

Dans ce poulailler d’acajou, Sofia règne en maîtresse d’une situation que lui offre sans effort son rentier de mari. Les rôles sont clairement définis, les hommes versent l’argent, les femmes le dépensent, et si un problème survient « doit-on se passer de certaines choses » s’inquiète l’épouse modèle.

De l’étalage de luxe à l’insouciance sociale, Alejandra Marquez Abella fixe les règles d’un nouvel ordre économique mexicain dont elle s’empare avec habileté. Il est violent dans sa manière de s’approprier le bien-être des autres, si vrai dans sa constitution profonde.

Et pourtant, pas le moindre souffle de vent sur ces rendez-vous mondains où Sofia est encore courtisée pour son apparat et sa façon de sourire. Cette reconnaissance qui lui permet de rabrouer gentiment, mais fermement la nouvelle venue, Ana ( Paulina Gaitan), dont le mariage à un homme très riche et divorcé lui parait un brin calculé.

Deux amies. Sofia a bien du mal à supporter Ana, la nouvelle coqueluche de la bande …

Le jeu des influences, celles que l’on snobe , trop plouc, pas assez … et que l’on rattrape au vol car le vent s’est un peu levé, et tourne en sa faveur. La réalisatrice saisit tout ces petits riens avec une délicatesse qui fait leur charme, et révèle leur frivolité, leur insouciance.

Malgré cette actualité galopante qui ravage l’économie, et destitue un président. Ce racisme latent, cette domesticité d’autrefois, cette fracture sociale désormais de plus en plus criante…

Ilse Salas, et Flavio Medina, un couple qui se doit de sauver les apparences…

Autant d’alertes posées calmement par une réalisatrice décidément bien ordonnée pour assumer la totalité de sa mission envers Sofia qui surfe sur quelques vains espoirs. Elle-même portée avec grandeur par Ilse Salas, tout à fait habilitée dans son rôle de petite fille gâtée à en rougir.

Au point que sa destitution sociale et familiale nous la rend maintenant presque sympathique . Elle si condescendante, si détestable.
Il est tellement vrai ce film !

Disponible VOD . --- Meilleur DVD-VOD Avril 2020 ( 2 ème ) « Je déteste les enterrements… je ne sais jamais comment m’habiller » . --- J’ai failli décrocher. Le genre « True little lies » voire … « Desperate housewives » ! Des femmes de la haute se racontent, le nez dans le poudrier, les cernes enrubannés. Elles causent au salon de thé, au club , entre la piscine et le tennis et puis cancanent derrière celle qui s’absente. Dans ce poulailler d’acajou, Sofia règne en maîtresse d’une situation que lui offre sans effort son rentier de mari. Les…
Le film

C’est un film qui n’a l’air de rien et qui vous donne très vite envie de fuir quand se profile le genre « True little lies » voire « Desperate housewives » ! Mais il va bien au-delà dans sa critique formelle de la société mexicaine dans les années quatre-vingt. La bourgeoisie de l’époque s’appuie alors encore sur l’histoire de ses conquistadors pour régenter une économie qui lui échappe de plus en plus. A travers les retrouvailles fréquentes de quelques femmes de la haute, la réalisatrice dresse ainsi le constat d’un échec de société marqué par un racisme latent, ( et tout aussi historique ) , une domesticité d’autrefois, une fracture sociale de plus en plus évidente … Un ferment de révolution qu’elle met en scène de manière délicate et feutrée, pas de cris, de larmes ou de violence, si ce n’est dans les tensions secrètes entre ces femmes qui ne sont que frivolité et insouciance. Alejandra Marquez Abella filme les apparences avec sobriété et intelligence. Il est tellement vrai ce film .

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