- DVD : 1h 38min

- Action, Comédie
- Par Toshiyuki Morioka
- Avec Shosuke Tanihara, Kenji Takano, Marie Jinno
- Studio : Carlotta
- Inédit en Blu-ray
L’histoire : Un yakuza, doit payer un tribut afin de prouver sa loyauté envers les autres clans. Pour cela, il doit tuer son fils aîné. Dix ans plus tard, le jeune frère, devenu l’élève le plus intelligent et le plus populaire de son lycée, décide de prendre sa revanche. Mais les méthodes de ces jeunes gens n’ont rien à envier à celles de leurs aînés…
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Le titre est explicite . Le gamin d’un yakusa pense prendre la place de son père, surtout que ce dernier vient de trucider son frère. La sanction promise au clan du papa qui n’a pas su mener à bien son action.
Riky Fudoh va alors patienter une dizaine d’années avant de mettre à son service des enfants tueurs, et des fillettes tout aussi dévastatrices. Ces miniatures, les lieutenants n’y prêtent pas attention : elles vont rebattre les cartes du crime organisé au Japon.
Un pays dont le cinéma nourrit bien cette engeance clanique, avec des effets de manches, des regards sombres et des retours de bâtons, sévères.
Takashi Miike , le réalisateur les accompagne chaque fois d’un dialogue approprié, souvent doublé d’un humour à prendre avec des pincettes. Trop dangereux pour en rire vraiment. D’ailleurs Riky Fudoh ne rigole jamais.
Autour de quelques personnages dantesque ( Mika -Miho Nomoto-lanceuse de fléchettes depuis son intimité, Akira Aizone -Tenji Katano- le maousse costaud … ) il entend solder son passé en vengeant la mort de son frère.
Il croise alors d’autres personnages peu sympathiques dont le fameux Daigen Nohma (Riki Takeuchi), un allié supposé de la Corée du Nord qui entend faire la guerre aux USA . Il y a aussi le professeur de gym, : Akihiro Gondo (Yuichi Minato) très proche de son père ( mais qui est son père ? ) et Jun Minoru ( Marie Jinno) , une professeure d’anglais , remplaçante, mais convaincante …
Dans cet aéropage de gentils ou de méchants, l’humanité décalée fait un malheur . Je ne sais trop comment le réalisateur réussit à nous l’imposer sans trop de manière, ni effet ostentatoire. Ce serait plutôt une absence de scénographie . Un cinéma à la ramasse . De temps en temps , ça fait du bien.
LES SUPPLÉMENTS
- ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR TAKASHI MIIKE (41 mn- Décembre 2003) -“ Graine de yakuza” est l’un de ses films préférés. Initialement prévu pour une sortie en direct video, il fera … le tour des festivals !

Tourner dans un temple sacré ? “ Ils ont été très généreux, très compréhensifs, je ne pensais qu’ils nous aurait permis de faire ainsi les fous (…) On protégeait simplement ce qu’il fallait avec de grands films plastique (…) Ils étaient gentils et ouverts , j’ai été étonné mais ils ont bien adopté les principes de Boudha”.
“On avait un budget de film pour ménagères, 40 millions de yens, mais c’était le prix de notre liberté”
La disparition du manga dont le film est inspiré, le spectateur idéal, ses films préférés …
- ENTRETIEN AVEC SHOSUKE TANIHARA (16 mn) -L’acteur se souvient de sa première expérience de cinéma dans le rôle de Riki Fudoh, “Rien que le sujet est scandaleux. Il n’y a aucune cohérence narrative, ni souci du détail, mais le film est puissant. J’aime la représentation de cette société souterraine”.
Shosuke Tanihara évoque ses souvenirs avec ses partenaires de jeu et les deux suites du film tournées par Yoshiho Fukuoka.”Tourner clandestinement c’est grisant”.
Le film
les bonus
Délire, décalage, violence , extraite de la passion manga dont s’inspire le réalisateur, l’histoire serait assez banale au pays du soleil levant, s’il n’y avait en filigrane, cette touche de fantaisie retenue, qui vous incite à ne pas lâcher la prise.
Celle de cette guerre de générations entre Yakuzas, la relève étant très prompte à se montrer plus violente et plus inattendue que ses aînés.
Des enfants tueurs et des fillettes tout aussi dévastatrices, le fils d’un chef de clan prépare la vengeance qu’il s’est promise à l’égard de son père, meurtrier de son frère aîné. Un geste tout aussi inconcevable que celui qui macère dans les souvenirs.
Dans cet environnement où tout est décalé, démesuré, et parfois très drôle, le réalisateur se repose sur une absence de scénographie, pour ne jamais laisser au repos une mise en scène qui ne tient pas en place . Un cinéma à la ramasse . De temps en temps , ça fait du bien.
AVIS BONUS
Le réalisateur et son jeune comédien reviennent sur les lieux du crime, et y prennent toujours autant de plaisir

