- 4 mars 2026 en salle

- 2h 05min | Drame
- Par Ronan Day-Lewis, Daniel Day-Lewis
- Avec Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton
L’histoire : Voilà 10 ans que Ray Stroker s’est exilé au cœur d’une forêt reculée d’Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Mais lorsque celle-ci décide de renouer le contact, les traumatismes de chacun refont surface. Après une décennie de silence, l’heure est venue pour Ray de se confronter à ses secrets.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
La configuration de ce premier long-métrage mérite un petit clin d’œil. Il est signé par Ronan Day-Lewis, 27 ans , auteur du scénario avec son père Daniel Day-Lewis. Après huit ans d’absence , le comédien interprète l’un des deux personnages principaux, autour du sujet central : la figure du père.
Les Day-Lewis assument donc une similitude thématique, de l’écran au réel, gommant les relations particulières qui s’y nouent . Complémentaires, ils assurent une très belle composition artistique, doublée d’une réflexion puissante sur la filiation et ses vertiges.
Ray Stroker pense y avoir mis fin en se retranchant depuis dix ans au fin fond d’une forêt anglaise , où son frère Jem (Sean Bean) tente maintenant de le déloger. Pour lui venir en aide, et soigner le mal être de son fiston Brian qui ne supporte plus la situation.
On se moque de lui, il a la rage. Bien qu’il en rejette l’idée, Brian a besoin d’un père. Le sien, s’est enterré vivant après son retour d’Irlande, porteur d’un secret dont il n’a jamais voulu parler. Notamment à sa femme (Samantha Morton) , qui depuis, réunit quelques vérités ici et là , sur des faits graves, traumatisants.
Au fin fond de leur retranchement forestier, Jem s’y attèle à son tour dans un face à face dramatique où les souvenirs de l’enfance se heurtent aux réalités d’aujourd’hui.
Un père brutal, les violences sexuelles d’un prélat que Ray retrouvera un jour pour lui faire payer ses méfaits. Les bombes de l’IRA dans les pubs anglais , son engagement dans les forces spéciales pour combattre en Irlande … tout remonte à la surface
Aux affrontements verbaux, se substituent des corps à corps sauvages . Une violence à peine contenue dans un décor paradoxalement serein, une image adoucie sur laquelle les conflits internes et l’image du père se mêlent à la quête d’un concordat familial.
Pourtant Brian rejette encore toute autorité de celui qu’il n’a jamais connu. Et dénie à la religion , fortement présente dans son foyer, le droit de lui dicter sa conduite. Aux bénédictions de sa mère, il répond malédiction. Et surtout pas amen !
Le film
Avec ce premier film, Ronan Day-Lewis, affiche déjà une grande personnalité dans le style et la narration que Daniel Day-Lewis et Sean Bean, empoignent sur les accents théâtraux d’une vérité personnelle . Autour de la figure paternelle, l’histoire nous ramène au cœur d’un conflit qui mêle deux frères et « leur » grand garçon tiraillé entre le devoir et le savoir. Brian ne supporte pas que Ray son vrai père se soit retiré de sa vie, dès sa naissance, confiant à l’autre frère Jem le soin de remplir les vides. Mais aujourd’hui Jem met les pouces et veut que tout rentre dans l’ordre. Le face à face, au cœur d’une forêt perdue, est terrible, dans la dialectique, le corps à corps, autant physique que psychologique et les traumatismes de l’enfance . Un lourd secret les entache et Ray, culpabilisé à vie, ne tient pas à briser son silence. Dans une violence à peine contenue , un décor paradoxalement serein, les conflits internes et l’image du père se mêlent à la quête de ce concordat familial. Pourra-t-il se réaliser sans le consentements d’un homme enterré vivant dans son passé , et son fils emmuré dans son enfance ?
