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« Sans jamais le dire » de Tereza Nvotová . Critique dvd

  • Date de sortie du DVD : 18 juin 2019 . – 
  • Acteurs : Dominika Zeleníková, Anna Jakab Rakovska, Róbert Jakab, Anna Sisková, Lubos Veselý . –
  • Réalisateurs : Tereza Nvotová
  • Audio : Slovène (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 88 minutes
  • L’histoire : Léna 17 ans aspire à la liberté et à l’aventure jusqu’à ce jour où son monde intérieur se fracasse. Léna se replie alors sur elle-même.

Le titre qui porte le malaise de son sujet ne le dissipera jamais. Au point final des résolutions, on ne sait vers quelle destinée se tournera Léna. Reprendre le cours de sa vie, oublier l’acte criminel ou le retenir dans le silence qui depuis ce jour fatidique l’accompagne.

Ce choix scénaristique, la jeune réalisatrice slovaque Tereza Nvotová l’assume tout au long du récit qu’elle fait de Léna. Dominika Moravkova, interprète sans faille, force l’attention.

Une lycéenne normale, plutôt tranquille dans sa famille où la présence du frère cadet, handicapé, la retient quelque peu. L’impression d’être délaissée au profit de Bodhan qui requiert effectivement beaucoup d’attention.

La mère et la fille , des tentatives pour se comprendre …

Comme un hiatus dans son quotidien irrémédiablement brisé le jour où son professeur la viole.

Une attitude, une proximité et le monde qui s’écroule sous sa responsabilité pense très vite Léa qui se mure dans un silence totale. Les prises de paroles n’y font rien, la thérapie de groupe tourne bien souvent au carnage.

C’est l’un des doigts pointé sur l’institution psychiatrique qui plus que lui venir en aide, agresse Léna et son secret . Tereza Nvotová a pourtant déjà affirmé haut et fort dans sa mise en scène le traumatisme d’un tel acte, les séquelles à vie, le mal irrécusable…

Mais le monde  ne veut pas savoir, ou voir, comme cette mère  bringuebalée entre un fils qui nie le mal de sa sœur ( il n’est pas apparent ! ) , et cette sœur cloîtrée dans son mutisme. Quand elle parle, c’est de suicide, avec sa camarade de chambrée.

Elles en rigolent franchement et se libèrent et s’échappent .

Les ellipses de la cinéaste,  bienfaitrices, laissent l’observateur sur son point de non-retour. On est près de Léna, on connait son histoire et sa vérité, loin de la suspicion de son entourage et des doutes de sa meilleure copine ( «  pourquoi tu n’as pas criée ? » ).

Fausse impression que ces barreaux derrière lesquels Léna va enfin obtenir un début de reconnaissance

La peur du bourreau, la culpabilité, le regard des autres, tout cela Léna le porte en silence et l’affronte dans un élan libératoire aussi spontané qu’imprévisible. Mais sans gagner quoi que ce soit dans cette victoire dérisoire.

  • Sur un thème identique ou très proche :

« Les chatouilles » de Andréa Bescond et Eric Metayer

« La Belle et la meute » de Kaouther ben hania

« Elle » de Paul Verhoeven

« Une histoire banale » de Audrey Estrougo

Date de sortie du DVD : 18 juin 2019 . -  Acteurs : Dominika Zeleníková, Anna Jakab Rakovska, Róbert Jakab, Anna Sisková, Lubos Veselý . - Réalisateurs : Tereza Nvotová Audio : Slovène (Dolby Digital 5.1) Sous-titres : Français Durée : 88 minutes L'histoire : Léna 17 ans aspire à la liberté et à l’aventure jusqu’à ce jour où son monde intérieur se fracasse. Léna se replie alors sur elle-même. Le titre qui porte le malaise de son sujet ne le dissipera jamais. Au point final des résolutions, on ne sait vers quelle destinée se tournera Léna. Reprendre le cours de sa vie, oublier l’acte criminel ou le retenir dans le silence qui depuis ce…
Le film

Un thème malheureusement sans fin, le viol, un regard ajouté à celui de nombreux autres commentaires. Celui d’une jeune réalisatrice slovaque Tereza Nvotová qui pour son premier film aborde l’acte criminel en dehors de tout contexte dramatique. Ni visée sociale, policière ou … romanesque. Le viol ici décrit est bien celui d’un geste habituel , dans un contexte normal où personne ne voit, ni n’entend. La victime est devenue silencieuse, ce qui interroge et provoque des situations aberrantes, mais le mal est maintenant endémique. Tout ce que la cinéaste traduit en images réactives dans une mise en scène qui ainsi fait un peu contre-poids à l’attitude de l’héroïne dont la réaction sera peut-être salutaire, mais sans réelle illusion sur son avenir. C’est du moins ce que l’on peut comprendre lors d’un final qui nous laisse un choix bien restreint. Pour sa première apparition au cinéma Dominika Moravkova est une interprète sans faille.

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