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« L’Ordre des choses » de Andrea Segre. Critique cinéma

Synopsis: Rinaldi, policier italien très expérimenté est envoyé en Libye afin de négocier le maintien des migrants sur le sol africain.  Il se heurte à la complexité des rapports tribaux libyens et à la puissance des trafiquants exploitant la détresse des réfugiés. Au cours de son enquête, il rencontre dans un centre de rétention, Swada, une jeune somalienne qui le supplie de l’aider. Habituellement froid et méthodique, Rinaldi va devoir faire un choix douloureux entre sa conscience et la raison d’Etat.

La fiche du film

Le film : "L'Ordre des choses"
De : Andrea Segre
Avec : Paolo Pierobon, Giuseppe Battiston
Sortie le : 07/03/2018
Durée : 115 Minutes
Genre : Policier, Thriller
Type : Long-métrage
Le film

L’afflux de migrants sur le sol européen et plus particulièrement celui de l’Italie conduit depuis quelques mois les responsables à revoir leur dispositif d’accueil. L’une des pièces maîtressess : une meilleure coordination entre les pays, continent africain compris.

Cette partie visible de l’iceberg le réalisateur Andrea Segre l’observe depuis près d’un an, imaginant dans cette fiction très documentée ce qu’elle recèle d’imprévus et de combines.

A travers des enjeux médiatiques dérisoires. « Pour la presse, il nous faut des résultats » entend-on dans les couloirs où des êtres humains sont traités comme des bêtes, voire des marchandises.

Rinaldi (Paolo Pierobon) est au cœur de ce marchandage économique et social  qu’il supervise après avoir quitté le confort douillet de sa maisonnée. Andrea Segre nous met à plusieurs reprises en garde contre ce décalage sociologique, ce luxe bourgeois opposé à la détresse humanitaire. Sa raison de vivre, son gagne-pain …

Rinaldi est un fonctionnaire. Il ne déroge en rien à une attitude respectable mais distante de ses dossiers. Sauf le jour où Swada, une jeune somalienne lui confie d’autorité une carte PC à remettre à son frère à Rome. Le grain de sable qui enraie sa logique étatique et son sens du devoir.

L’homme a bien souvent fermé les yeux sur les agissements des chefs tribaux, tenté de trouver des compromis sur leurs petits arrangements. Avec des trafiquants complices, au cœur de négociations particulièrement humiliantes. Des vies contre des promesses de dons, d’argent et d’interventions maritimes.

Docteur en sociologie, Andrea Segre s’immisce dans les arcanes d’une géopolitique particulièrement complexe et tendancieuse pour étaler au grand jour l’envers du dossier de la migration de ce siècle nouveau.

Rinaldi incarne une mécanique cynique que le SOS d’une jeune migrante risque d’ébranler un instant. Lui rendre service est loin d’être une évidence au cœur de ce drame collectif qui voit des hommes, des femmes, des enfants se noyer parce que la marine libyenne ne les a pas interceptés au départ.

C’était pourtant dans le contrat, mais entre les paroles et les actes, ils seront toujours bringuebalés au gré de leur infortune et de leur misère. Dans ce cloaque Swada n’est qu’une pièce rapportée, un miracle comme disent parfois les journalistes. Pour qui « il faut des résultats » rappellent nos gouvernants.

L’afflux de migrants sur le sol européen et plus particulièrement celui de l’Italie conduit depuis quelques mois les responsables à revoir leur dispositif d’accueil. L’une des pièces maîtressess : une meilleure coordination entre les pays, continent africain compris. Cette partie visible de l’iceberg le réalisateur Andrea Segre l’observe depuis près d'un an, imaginant dans cette fiction très documentée ce qu’elle recèle d’imprévus et de combines. A travers des enjeux médiatiques dérisoires. « Pour la presse, il nous faut des résultats » entend-on dans les couloirs où des êtres humains sont traités comme des bêtes, voire des marchandises. Rinaldi (Paolo Pierobon) est…
Le film

Docteur en sociologie, Andrea Segre a déjà tourné plusieurs documentaires sur les migrations en Europe. Sa première fiction « La petite Venise » avait aussi pour thème l’exil et l’accueil de l’étranger. Un propos que l’on retrouve éclaté dans ce nouveau film imaginé depuis plusieurs mois alors que la communauté européenne n’avait pas encore abordé le problème des migrants à la source. Ce qu’il nous révèle quand des membres d’une commission sont chargés de négocier avec l’état Libyen, un traitement humain du problème. A savoir, maintenir les candidats au départ sur le sol africain en contre partie d’une aide financière de l’Europe. Mais entre les combines et les trafics, Rinaldi qui mène les débats, comprend qu’il devra composer malgré lui avec des escrocs et des esclavagistes. Choisir entre sa conscience ou la raison d’Etat c’est déjà là son dilemme quand une jeune Somalienne lui remet d’autorité une carte PC à l’intention de son frère qui vit à Rome. Rinaldi va longtemps hésiter sur le sort à donner à cet appel …

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