Accueil » A la une » « Les sentiers de l’oubli » de Nicol Ruiz Benavides. Critique cinéma

« Les sentiers de l’oubli » de Nicol Ruiz Benavides. Critique cinéma

Synopsis: Après le décès de son mari, Claudina quitte la campagne pour rejoindre son petit-fils Cristóban et sa fille Alejandra. Elle fait la connaissance d’Elsa, une femme indépendante et mariée qui chante dans un bar caché appelé « Porvenir » (L’avenir). La rencontre va bouleverser un temps son ordinaire …

La fiche du film

Le film : "Les Sentiers de l'oubli"
De : Nicol Ruiz Benavides
Avec : Rosa Ramírez Ríos, Romana Satt
Sortie le : 04/08/2021
Distribution : Outplay
Durée : 71 Minutes
Genre : Drame, Romance
Type : Long-métrage
Le Film

Timidement, mais assurément, le cinéma aborde de plus en plus le thème de l’homosexualité à l’âge mûr (*). Dernier exercice en date ce film chilien joliment composé autour de Claudina, dont l’avenir se confine  à la solitude rurale de son récent veuvage.

Aussi préfère-t-elle rejoindre Lautaro où vit sa fille Alejandra avec son petit-fils Cristobàn. Les rapports paraissent tendus mais la vieille dame se lie très vite avec Elsa,la voisine (Romana Satt ) dont le mari est en voyage.

De bavardages en confidences, l’amitié prend le pas sur toute autre considération malveillante. Les commérages d’une ville conservatrice où la foi confine au mysticisme.  Les pensionnaires de «  la grande maison après le pont » ont mauvaise presse .Claudina n’échappe pas à la règle.

Elle découvre ce lieu où son amie chante et la conduit à la découverte de plaisirs inconnus. Elles vont s’aimer, un peu en cachette, mais la rumeur a déjà fait son œuvre. Sa fille la met en garde et menace de lui fermer sa porte.

Mais rien n’y fait, Claudina est follement éprise d’Elsa.

Elle a 70 ans, c’est l’amour total, après celui de sa jeunesse, pour une camarade de classe.  Passion féminine, sans âge, ni raison que celle d’aimer pleinement insiste avec tendresse la réalisatrice-scénariste Nicol Ruiz Benavides .

L’écriture sans rature, conforme à une mise en scène minimale, accorde aux acteurs la plénitude de l’interprétation. Pour la première fois à l’écran Rosa Ramírez Ríos est admirable dans ce personnage dégagé de toutes contraintes. Montrée du doigt, abandonnée, Claudina sourit maintenant à la vie,  à l’amour et à la liberté retrouvée. Sans esbrouffe ni révolte. Rien qu’avec le cœur.

(*) Des films sur une thématique semblable :

« Deux » de Filippo Meneghetti

« Un printemps à Hong-Kong » de Ray Yeung

« 80 jours » de  Jon Garano, Jose Mari Goenaga

Timidement, mais assurément, le cinéma aborde de plus en plus le thème de l’homosexualité à l’âge mûr (*). Dernier exercice en date ce film chilien joliment composé autour de Claudina, dont l’avenir se confine  à la solitude rurale de son récent veuvage. Aussi préfère-t-elle rejoindre Lautaro où vit sa fille Alejandra avec son petit-fils Cristobàn. Les rapports paraissent tendus mais la vieille dame se lie très vite avec Elsa,la voisine (Romana Satt ) dont le mari est en voyage. https://www.youtube.com/watch?v=VFoO52EzlC4&ab_channel=Outplay De bavardages en confidences, l’amitié prend le pas sur toute autre considération malveillante. Les commérages d’une ville conservatrice où la…
Le Film

Pour son premier film la réalisatrice chilienne Nicol Ruiz Benavides explore les failles de son pays conservateur et religieux en abordant le thème de l’amour lesbien à l’âge mur. Elle a écrit un scénario parfait en concorde avec une réalisation qui n’en montre pas trop, mais laisse voir et entendre le cœur et les sentiments . Un portrait sensible, intime d’une septuagénaire qui après un veuvage récent, découvre que l’on peut encore aimer à son  âge. Et se libérer des tabous pour endiguer le flot des rumeurs et de la malveillance. C’est un film dramatique mais plein d’espoir, porté par une tendresse que l’actrice principale pour la première fois à l’écran, illumine de tout son éclat. Elle s’appelle Rosa Ramírez Ríos.

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Queimada » de Gillo Pontecorvo. Critique Blu-Ray

La révolte des esclaves aux Philippines fomentée par l'Empire Britannique : c'est toujours la même histoire !

Laisser un commentaire