LES SUPPLEMENTS
- Interview de Robert Bresson (5 mn). On lui rappelle le nombre d’œuvres sur Jeanne D’Arc . (et nous ne sommes qu’en 1962). « Mais j’avais l’espoir de la rendre actuelle, on se trompe si on ne voit qu’une bergère, je la vois comme une jeune fille de maintenant ».
Son style, un extrême dépouillement : « le désordre n’est pas une source d’émotion, il faut nettoyer ».
« Dans un film il faut croire au personnage, d’où les non-professionnels, que j’emploie sans aucun jeu, sans aucun trucage. Je veux qu’ils soient inconscients de ce qu’ils sont alors qu’un acteur se cache derrière son art ».
- Interview de Florence Delay (29 mn).Elle raconte comment elle a été choisie, et ce souvient très bien des jours de tournage et de nombreuses anecdotes. La scène des pieds avant le supplice du feu « comme Bernanos le dit très bien les chaussures racontent l’histoire ».
Sur cette même séquence. « Robert a dû batailler pour avoir de la foule, on était quand même ric rac côté matériel. Mais il a eu sa foule, et au montage, il a tout coupé ».
« Ce qui m’a le plus impressionné c’est que j’allais dire ce qu’elle avait précisément dit, je suis arrivé par ses mots, par sa voix, dire des choses aussi inouïes en disant je, je suis devenu familière avec elle ».
La scène la plus stressante ? « Celle de l’abjuration, j’ai fondu en larmes, et j’ai compris que Robert voulait en garder une trace. (…) Je ne connais pas d’autre exemple de courage et de conviction ».
- Interview d’Hervé Dumont (32 mn). Historien du cinéma, ancien directeur de la cinémathèque suisse.
Il reprend l’histoire de Jeanne d’Arc et revisite certaines œuvres. « Une fois qu’elle a été réhabilitée au 19 ème, tout le monde a voulu se l’approprier (…) et dès 1895 le cinéma s’en empare. »
Il parle aussi très bien de toute l’imagerie liée au personnage. Elle devient un personnage de l’histoire de l’humanité, dans le monde entier. Il existe une Jeanne d’arc mongole.
Hervé Dumont relève les différentes façons de la filmer: la reconstitution historique qui gomme l’aspect intérieur du personnage (on retient le couronnement et les grandes batailles)
Ou alors découvrir qui était cette femme, ils sont moins nombreux à l’avoir fait, avant qu’elle ne soit récupérée par les communistes, Hitler, l’extrême-droite…
On peut l’aborder aussi de manière documentaire voire Rivette, comme si c’était des actualités… Ou alors le spectacle colossal à la Besson.
- Interview d’Olivier Assayas (16 mn) – Le cinéaste voit dans ce film l’un des « moments importants dans l’histoire de la réinvention du cinéma moderne avec « L’Eclipse » , une forme de dépassement du cinéma , j’ai envie d’en parler comme d’une expérience de l’utilisation du cinéma, Bresson prend un texte , une merveille de notre culture, un portail ouvert sur le surnaturel ( …) et légitime sa démarche du fait que ce texte existe, et c’est tellement beau , comme s’il avait retrouvé l’ADN de Jeanne d’arc ».
Assayas est lui aussi ébloui par le final, cette manière de la conduire au bûcher et le feu …


