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« Benni » de Nora Fingscheidt . Critique cinéma

Helena Zengel (Benni)
  • Acteurs : Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide, Lisa Hagmeister, Melanie Straub
  • Réalisateurs : Nora Fingscheidt
  • Audio : Allemand
  • Durée : 120  minutes
  • Sortie : 22 juin 2020

L’histoire : Benni est une fille sauvage de neuf ans traumatisée et agressive. Comme sa mère célibataire est incapable de s’en occuper, les services sociaux essaient de lui trouver un environnement favorable. Aucune solution ne fonctionne. Son dernier espoir réside dans la personne de Micha, un éducateur spécialisé dans les adolescents à problèmes. Après avoir passé quelques semaines ensemble dans la forêt, un tournant majeur apparaît.

  • Film

Helena Zengel. Comment une comédienne de 12 ans peut-elle aussi bien jouer l’enfermement, exprimer la rage et la colère, se donner sans retenue dans un personnage impossible ?

Mais si vrai dans son mal-être de petite fille qui depuis sa plus tendre enfance se rebelle à la moindre alerte. On ne peut lui toucher le visage sous peine de révolte convulsive. La moindre remarque, le plus petit refus, elle les transforme en champ de bataille.

A ses gestes violents, totalement incontrôlés, Benni ( Helena Zengel ) ajoute un langage peu châtié. Et surtout incongru dans la bouche d’une gamine de neuf ans.   

Nora Fingscheidt, la réalisatrice allemande nous la présente sans détour, ni préambule précautionneux dans cet environnement enfantin qui ne lui accorde aucune circonstance atténuante. Les enfants c’est bien connu ne se font jamais de cadeaux.

Benni est un petit animal sauvage qui ne sait comment rejoindre la meute. C’est pourquoi elle se blottit contre une éducatrice ( Gabriela Maria Schmeide )dont la patience et l’écoute semblent lui parler. De son enfance et de ses traumatismes, de sa maman qu’elle réclame à corps et à cri, mais trop souvent absente … ( Lisa Hagmeister)

Lisa Hagmeister (Bianca Klaas), Helena Zengel (Benni) seule la présence de sa mère parait la rassurer…

Benni est une jolie gosse, dangereuse. Inattendue. Colérique. Tout ce qu’observe un nouvel éducateur, Micha (Albrecht Schuch ) assistant à la vie scolaire, à qui l’on confie habituellement des adolescents agressifs. Mais cette fois c’est sa propre enfance qui semble le ramener auprès de Benni tout aussi méfiante et mordante à l’égard de ce monsieur.

Le monde adulte la trimbale d’un centre à un autre, multiplie les refus, et lui interdit des lieux plus appropriés. Benni se méfie des grands et Micha compose habilement avec cette sourde hostilité pour la mener vers une thérapie qui parait porter ses fruits.

Avec une mise en scène vertigineuse ( ad-hoc au sujet) ,la réalisatrice s’accorde sur un montage strident, coupé au couteau, qui n’en finit pas de ressasser les mauvais coups. Le récit exige aussi un tel chamboulement  dans la technique qui n’entrave en rien la maestria de son auteur.

Michal.«  J’ai un fantasme de réparation » dira-t-il après avoir outrepassé ses droits

Même si les questions demeurent souvent sans réponse, et que le problème posé figure toujours au rang d’un quotidien désespérant. On y croise bien ces professionnels qui jusqu’au bout de leurs limites tentent de garder une main tendue vers ce petit bout de femme en totale perdition.

«  Ain’t got no mother, ain’t got no culture » chante au final Nina Simone, requiem à la mémoire de Benni qui n’aura donc jamais grandi.

« Alors qu’est-ce qu’il me reste -Pourquoi je vis d’ailleurs-Oui, qu’ai-je-Que personne ne pourra m’enlever  » (Ain’t Got No, I Got Life – Nina Simone – YouTube )

Acteurs : Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide, Lisa Hagmeister, Melanie Straub Réalisateurs : Nora Fingscheidt Audio : Allemand Durée : 120  minutes Sortie : 22 juin 2020 L'histoire : Benni est une fille sauvage de neuf ans traumatisée et agressive. Comme sa mère célibataire est incapable de s'en occuper, les services sociaux essaient de lui trouver un environnement favorable. Aucune solution ne fonctionne. Son dernier espoir réside dans la personne de Micha, un éducateur spécialisé dans les adolescents à problèmes. Après avoir passé quelques semaines ensemble dans la forêt, un tournant majeur apparaît. Film :  Helena Zengel. Comment une comédienne de 12 ans peut-elle aussi bien jouer…
Le film

C’est un film plein, entier, aussi énergique que sa jeune héroïne échappée des ghettos traditionnels de l’enfance pour assouvir une colère permanente, une rage incessante envers ce monde dans lequel elle n’arrive pas à se situer. Avec une mise en scène vertigineuse ( ad-hoc au sujet) ,la réalisatrice s’accorde sur un montage strident, coupé au couteau, qui n’en finit pas de ressasser les mauvais coups. 9 ans le personnage, trois ans de plus pour la comédienne qui est extraordinaire. Comment peut-elle aussi bien jouer l’enfermement, exprimer la rage et la colère, se donner sans retenue dans un personnage impossible ? Certaines scènes de violence sont hyper-dures à supporter , mais le film là encore est entièrement cohérent avec cet enfant qui ne sait pas comment grandir. Les questions demeurent souvent sans réponse. Le problème posé figure toujours au rang d’un quotidien désespérant. On y croise bien ces éducateurs qui jusqu’au bout de leur limite tentent de garder une main tendu vers ce petit bout de femme en totale perdition. Indomptable, insaisissable , intraitable , ingérable . Un film urgent …

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