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« Antigone » de Sophie Deraspe . Critique dvd

  • Sortie : 15 décembre 2020
  • RéalisateurSophie Deraspe
  • ActeursNahema Ricci, Rachida Oussaada, Nour Belkhiria, Nahema Ricci, Rachida Oussaada
  • Langue et sous-titres : Français 
  • Durée109 minutes
  • Studio  : Les Alchimistes Films

L’histoire : Antigone est une adolescente brillante au parcours sans accroc. En aidant son frère à s’évader de prison, elle agit au nom de sa propre justice, celle de l’amour et la solidarité.
Désormais en marge de la loi des hommes, Antigone devient l’héroïne de toute une génération et pour les autorités, le symbole d’une rébellion à canaliser…

  • Film :

D’après une très libre adaptation de l’œuvre de Sophocle

«  Je viens d’une famille à qui l’on a tout enlevé »  ( Antigone )

« Antigone » est un drame, Sophocle l’a ainsi voulu. Des siècles plus tard la tragédie se poursuit sous des horizons divers, aux accents particuliers.

Celui-ci, québécois, donne au récit adapté une force émotionnelle profonde et originale. Loin des rivalités fratricides, et de la désunion parentale, le regard de Sophie Deraspe se rapproche peut-être plus de celui d’Anouilh, dans un prolongement temporel où le terrorisme  renvoie un peuple hors de chez lui, et le confronte aux difficultés de l’étranger.

Depuis quelques années, après l’assassinat des parents en Kabylie, la famille d’Antigone vit au Québec .

Conduite par Ménécée la grand-mère (Rachida Oussaada), elle se réduit à une fratrie disparate dans l’humeur et le caractère : deux garçons, deux filles , dont Antigone investie d’une mission première : préserver coûte que coûte l’unité du clan.

Une ambition démesurée le jour où Polynice le frère cadet, plusieurs fois averti, se voit incarcéré. Au cours de son arrestation Etéocle, l’aîné est abattu par un policier. Le coup de feu résonne encore dans la tête d’Antigone quand elle décide de faire évader son petit frère.

Une supercherie sur l’identité et la responsabilité assumée d’un délit qui bouleverse à jamais le cours de son existence, et de tout son entourage. Obstinée, résolue, Antigone forge une résistance à toute épreuve, à double détente.

L’autorité suprême ne supporte bien évidemment pas ses provocations et son intelligence, quand tout autour la solidarité s’organise . Du centre de redressement où elle est maintenant sous surveillance, à l’extérieur des murs graffités à son effigie.

Hémon ( Antoine Desrochers ) aime plus que tout Antigone pour laquelle il va lui aussi se battre

L’intégration revendiquée à travers une reconnaissance de citoyenneté est maintenant mise à mal pour la rebelle malgré elle qui à la violence institutionnelle substitue ce qu’elle estime être le droit et la raison .

Pour brocarder l’injustice, elle fédère une jeunesse en réserve de contestation. Qui sifflote «  Le p’tit bonheur » de Félix Leclerc  et l’attend sagement autour de la grand-mère, quotidiennement postée devant son centre de redressement.

Nahéma Ricci est plus que déterminante pour assumer ce personnage d’une vérité époustouflante. Pleinement contemporaine dans un environnement tout aussi marqué par les rouages d’une société en déséquilibre, elle fixe sans excès les forces d’un récit puissant.

La plupart des acteurs sont des amateurs. Ou jouent pour la première fois. A l’image de Nahéma Ricci, un exemple décidément à suivre.

Sortie : 15 décembre 2020 Réalisateur : Sophie Deraspe Acteurs : Nahema Ricci, Rachida Oussaada, Nour Belkhiria, Nahema Ricci, Rachida Oussaada Langue et sous-titres : Français  Durée : 109 minutes Studio  : Les Alchimistes Films L'histoire : Antigone est une adolescente brillante au parcours sans accroc. En aidant son frère à s'évader de prison, elle agit au nom de sa propre justice, celle de l'amour et la solidarité. Désormais en marge de la loi des hommes, Antigone devient l'héroïne de toute une génération et pour les autorités, le symbole d'une rébellion à canaliser... Film : D’après une très libre adaptation de l’œuvre de Sophocle…
Le film

On ne retiendra de l’antique, que le support d’une histoire universelle, de l’homme ou de la femme qui se lève pour affirmer son opposition à une autorité absolue et sans partage. Cette Antigone-là, issue de l’exil contraint dans un Québec en perte de repères, force l’admiration par sa ténacité, son intelligence, sa raison d’être. Comme elle le dit si bien «  ce ne sont pas les crimes de mes frères que je défends mais ma famille ». Une fratrie perturbée par les exactions des deux garçons auxquels Antigone apporte plus qu’un soutien. Une force morale dont elle va se servir afin de reprendre le flambeau d’un combat totalement inégal. Sans en faire des tonnes la réalisatrice conduit son héroïne au cœur de ses propres contradictions et en fait une richesse intérieure d’une grandeur incommensurable. Ou les rouages de la justice enraient tout  processus social et économique, comme le droit à la citoyenneté et celui de la libre expression. Nahéma Ricci dans le rôle-titre est plus que déterminante pour assumer ce personnage d’une vérité époustouflante. Pleinement contemporaine elle fixe sans excès les forces d’un récit puissant. La plupart des acteurs sont des amateurs. Ou jouent pour la première fois. A l’image de Nahéma Ricci, un exemple décidément à suivre.

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