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« La Chaîne » de Stanley Kramer. Critique Blu-ray

Synopsis: Joker Jackson et Noah Cullen sont deux prisonniers qui se vouent une haine mutuelle. Alors que le véhicule qui les transporte est impliqué dans un accident, ils prennent la fuite. Enchaînés l'un à l'autre, Cullen et Jackson vont devoir s'entraider pour échapper aux hommes lancés à leur poursuite.

La fiche du film

Le film : "La Chaîne"
De : Stanley Kramer
Avec : Tony Curtis, Sidney Poitier
Sortie le : 21/01/1959
Distribution :
Durée : 97 Minutes
Genre : Drame, Thriller
Type : Long-métrage
Le Film
Les bonus
  • DVD : 08 Novembre 2022

Fin des années cinquante aux Etats-Unis, la sortie du film. J’imagine l’effroi de milliers de spectateurs devant l’intrusion d’un véritable comédien noir ( pas un blanc grimé au charbon )  enchaîné à un homme blanc

Sidney Poitier est tête d’affiche avec Tony Curtis, qu’il ne lâche presque jamais dans leur fuite désespérée, pour retrouver une liberté . Selon la couleur de peau, elle n’a pas les mêmes vertus.

Délivrés par les hasards d’un accident de la route, Joker rêve de fringues et de filles, Noah de respect et de dignité.

Ou comment afficher sa différence, sa culture, ses origines , en quelques tours de manivelle savamment orchestrés par un réalisateur qui ne tarde pas à mettre son projet en action.

Stanley Kramer dénonce une fois encore le racisme permanent porté sur toute une population incarnée ici par un seul individu aux qualités humaines indéniables. Une telle représentation peut paraître aujourd’hui allégorique , mais le problème racial du moment est si patent … qu’il n’a jamais disparu.

L’enchaînement contraint entre les deux hommes renforce cette ligne de conduite infranchissable qui les entremêle dans leur folle escapade. Ils sont poursuivis bien évidemment et Kramer en profite alors à nouveau pour relever les défis sociaux engagés par les hommes du shérif (Theodore Bikel ) qui a bien du mal à contenir leur haine et leur violence. Le capitaine Gibbons (Charles McGraw) serait lui aussi plutôt de leur côté. (Photo)

Nouvel antagonisme dans ce recueil d’ambivalences affichées entre le noir et le blanc, le bon et le méchant, le nord et le sud où Noah veut se rendre, certain de retrouver enfin les siens.

Kramer ne fait pas mystère de son engagement dans ce plaidoyer humanitaire qui par la force de ces caractères et l’intelligence de sa mise en scène , limpide et confondante de vérisme, demeure encore aujourd’hui brûlant.

Fin des années cinquante aux Etats-Unis, la sortie du film…

LES SUPPLEMENTS

  • Sylvain Lefort, cofondateur de « Revus et Corrigés » ( 35 mn ) – Il revient sur la carrière d’un cinéaste mal aimé dit-il « car mal connu ». Alors Sylvain Lefort fait tout pour nous le faire connaître «  il ne s’est jamais considéré comme un auteur, et en France on l’associe à un multi-genre fourre tout , un cinéaste assez insaisissable ».
Une femme seule avec son fils (Cara Williams) accueille un temps les deux fugitifs ,même si elle rejette d’emblée la présence  » de celui-là » …

Le cinéphile revient  plus longuement sur «  La Chaîne » , «  son premier film en étant réalisateur, son film le plus emblématique d’un point de vue thématique et industriel ».

Il y est bien question du racisme ( quatre fois exploité dans son œuvre ) à travers une analyse sur la manière d’aborder à chaque fois cette thématique

Le double sens de la chaîne, un lien qui les retient et les unit. Incarner un noir au cinéma. Son équipe ?  « il prend toujours les meilleurs techniciens , et si ces films demeurent encore toujours c’est parce qu’il a su s’entourer ». Sylvain Lefort cite l’exemple de Giuseppe Rotunno, directeur de la photo qui ensuite rejoindra Fellini.

  •  Analyse de séquence ( 10 mn )- Pour montrer que Kramer n’est pas uniquement le cinéaste à thèmes que l’on a trop souvent édifié, il commente les cinq premières minutes du film. C’est toujours passionnant ce genre de décryptage
DVD : 08 Novembre 2022 Fin des années cinquante aux Etats-Unis, la sortie du film. J’imagine l’effroi de milliers de spectateurs devant l’intrusion d’un véritable comédien noir ( pas un blanc grimé au charbon )  enchaîné à un homme blanc Sidney Poitier est tête d’affiche avec Tony Curtis, qu’il ne lâche presque jamais dans leur fuite désespérée, pour retrouver une liberté . Selon la couleur de peau, elle n’a pas les mêmes vertus. Délivrés par les hasards d’un accident de la route, Joker rêve de fringues et de filles, Noah de respect et de dignité. https://www.youtube.com/watch?v=rxFGo27O_Ww&ab_channel=DigitalCin%C3%A9 Ou comment afficher sa…
Le Film
Les bonus

Le titre est symbolique, à double sens pour cette chaîne qui retient deux prisonniers , l’un noir , l’autre blanc, et va peu à peu les réunir dans une communauté d’esprit pour laquelle Stanley Kramer se bat bec et ongle afin de dénoncer les préjugés raciaux de l’Amérique . Nous sommes en 1958, on est d’accord, mais le film tient aujourd’hui toujours un propos cohérent sur la discrimination raciale et ses applications quotidiennes. Kramer ne fait pas mystère de son engagement dans ce plaidoyer humanitaire qui par la force de ces caractères et l’intelligence de sa mise en scène , limpide et confondante de vérisme, demeure encore aujourd’hui brûlant. Avec deux comédiens de première Tony Curtis et Sydney Poitier, un véritable noir qui a dû donner des cauchemars à des milliers de spectateurs blancs.

AVIS BONUS Le point de vue d’un cinéphile, très intéressant 3.5

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