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« Un amour impossible » de Catherine Corsini. Critique cinéma

Synopsis: À la fin des années 50 à Châteauroux, Rachel, modeste employée de bureau, rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d'une famille bourgeoise. De cette liaison passionnelle mais brève naîtra une petite fille, Chantal. Philippe refuse de se marier en dehors de sa classe sociale. Rachel devra élever sa fille seule. Peu importe, pour elle Chantal est son grand bonheur, c'est pourquoi elle se bat pour qu'à défaut de l'élever, Philippe lui donne son nom.

La fiche du film

Le film : "Un Amour impossible"
De : Catherine Corsini
Avec : Virginie Efira, Niels Schneider
Sortie le : 07/11/2018
Distribution : Le Pacte
Durée : 135 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film
  • D’après le roman éponyme de Christine Angot . –

L’histoire a d’abord été écrite sur du papier. Celui que l’on érafle pour mieux contenir la douleur d’un roman qui  prend les couleurs du doute et du malheur. Dans la peau du personnage, la mère de l’écrivaine, Rachel (Virginie Efira) transcende les codes de son existence.

De l’enfance à la vieillesse, on la voit donner à sa vie les soins d’une existence honorable, respectable, contre les vicissitudes du temps et les chausse-trappes des sentiments.

Heureuse et amoureuse, la jeune femme fonce tête baissée dans cette liaison avec un homme (Niels Schneider) qui n’est pas de son monde. Nous sommes à l’approche des années soixante, et les castes demeurent gravées sur le fronton de l’Histoire de France.

Philippe aime Rachel, avec toutes les retenues de son rang. La fortune de sa famille, son éducation, son aisance.

Autant de réserves qui heurtent la beauté de la secrétaire de province. Elle l’ignore, mais pas Philippe qui parade pour cette beauté, pas au-delà.

C’est tout le dilemme de ce couple qui ne se formera jamais, malgré la naissance d’une petite fille, Chantal, que l’homme ne reconnait pas. Le rang de la progéniture demeure inférieur, pas le tempérament de sa mère qui va se battre pour la reconnaissance paternelle.

Estelle Lescure ( Chantal adolescente ) joue pour la première fois au cinéma…

C’est toute son histoire à travers laquelle filent les histoires de ces autres femmes, encore soumises au diktat du mâle, et qui de la mère de foyer à la secrétaire, vont peu à peu gravir les échelons sociaux d’une République aussi machiste que ses dirigeants.

« Pour faire des enfants, il faut être deux » lui renvoie sèchement le père de Phillipe ( Didier Sandre, de passage seulement ), haut responsable de la firme Michelin à Paris.

Le message est bien passé, Rachel va se battre et rattraper au passage sa fillette dont l’éducation parentale souffre grandement de l’absence du père. C’est peu dire qu’elle lui tombe dans les bras le jour où l’homme consent enfin à lui octroyer quelques heures de son précieux temps.

Niels Schneider est impressionnant dans son personnage supérieur

Catherine Corsini n’en dit pas plus, ou guère, sur le temps qui passe. De l’enfance à l’adolescence, des silences aux murmures de Chantal à ses retours du domicile paternel, le mal-être s’installe, et les non-dits aussi.

Les déchirements amoureux de la mère s’effacent devant ses premiers émois et le secret terrible qu’elle ne lui révèlera jamais.

Virginie Efira est remarquable (la ride lui va bien) et plus encore Estelle Lescure et Jehnny Beth (comme un double de la romancière) qui de l’âge ado à l’adulte confèrent à Chantal toute sa vulnérabilité et sa force. Rien du paradoxe, mais le fragile équilibre de l’être humain confronté à des vérités qui dépassent l’entendement.

Dans un ultime portrait de Chantal devenue mère de famille, Catherine Orsini nous donne une lecture sur le « rejet social » assumé par un homme qui avait perdu la face et allait devoir se venger.

Une lecture comme une autre, prétexte avant tout à une belle séquence, émouvante et vibrante sur l’amour filial. Un amour enfin possible.

D'après le roman éponyme de Christine Angot . - L’histoire a d’abord été écrite sur du papier. Celui que l’on érafle pour mieux contenir la douleur d’un roman qui  prend les couleurs du doute et du malheur. Dans la peau du personnage, la mère de l’écrivaine, Rachel (Virginie Efira) transcende les codes de son existence. De l’enfance à la vieillesse, on la voit donner à sa vie les soins d’une existence honorable, respectable, contre les vicissitudes du temps et les chausse-trappes des sentiments. Heureuse et amoureuse, la jeune femme fonce tête baissée dans cette liaison avec un homme (Niels Schneider)…
le film

Virginie Efira, admirable (désormais un lieu commun) avec Estelle Lescure et Jehnny Beth qui de l’âge ado à l’adulte confèrent au film toute sa force, sa beauté,ses espoirs. _______________________ Je crois qu’il y aurait beaucoup à dire sur le personnage de l’amant, puis du père que joue admirablement bien Niels Schneider. C’est toute la face cachée du drame qui peu à peu se noue dans cette famille réduite à une maman et à sa petite fille qui va devenir grande et taire au monde le mal que l’on peut lui faire. Une histoire déchirante toujours partagée entre une femme follement amoureuse et une petite fille que son papa ne reconnaîtra pas et qui va grandir dans cette absence avant de la combler par un amour débordant à son égard. Dans les silences et les fuites, la réalisatrice laisse filer habilement le temps qui nous dit comment la vie par intermittence prend ses droits sur l’Histoire et les ramène à une raison déraisonnable. Ce que l’interprétation générale adopte sur un ton résolument volontaire et persuasif. Virginie Efira, Jehnny Beth, Estelle Lescure, … C’est poignant, déchirant, mais jamais au point d’une sensibilité mesurée. L’affaire se passe en 1950 et la manière dont Corsini filme les époques, elle vient juste de nous rattraper. Magnifique…

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