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« Umberto. D » de Vittorio de Sica. Critique Blu-ray-Cinéma

"Augmentez nos pensions" disaient les retraités italiens de l'après-guerre...
  • Reprise cinéma 17 Novembre 2021
  • Cinéma : 10 Octobre 1952
  • Dvd: ‎ 25 août 2021
  • Réalisateur ‏ : ‎ Vittorio De Sica
  • Acteurs ‏ : ‎ Carlo Battisti, Maria-Pia Casilio, Lina Gennari, Ileana Simova, Elena Rea
  • Format ‏ : ‎ Cinémascope, Noir et blanc
  • Durée ‏ : ‎ 89 minutes
  • Studio  ‏ : ‎ Carlotta Films

L’histoire : Fonctionnaire à la retraite, Umberto ne subvient plus à ses besoins. N’ayant pour seul refuge qu’une pension en piteux état, le vieil homme occupe ses journées à trouver de quoi manger avec pour seul compagnon son chien Flike. Lorsque sa propriétaire menace de l’expulser, Umberto n’a plus qu’à compter sur l’appui de Maria, la jeune femme de chambre qu’il a prise sous son aile…

  • Film et bonus

Bien que papa De Sica n’ait pas connu pareille aventure, son fiston lui dédicace ce film à la noirceur humaine intégrale. L’un des monuments du néo-réalisme italien d’alors, qui loin d’une couche sociale défavorisée, puise au cœur de ses forces vives, le mal-être de la société.

Une retraite de fonctionnaire bien trop faible,  Umberto est en proie à la déchéance quotidienne, pour grignoter un peu, faire vivre son chien et payer le loyer.

Sa logeuse, une terrible mégère, (Lina Gennari) n’attend qu’un prétexte pour le mettre à la porte. Petit réconfort, la bonne de madame, dont le statut un brin privilégié adoucit le quotidien. Mais Maria ne peut pas grand-chose pour son voisin de chambrée qui arpente les rues de Rome en quête de relations et d’un peu d’amitié.

Les collègues d’autrefois passent leur chemin, les rencontres de hasard demeurent sans lendemain. Seule la compagnie de son petit chien Flike le ramène à de meilleurs sentiments quand l’envie d’en finir se pointe à la nuit tombée.

Ou au petit jour qui le dépouille du peu d’argent qu’il lui reste . Pathétique, misérable, désespérant, on pointe dans le contraste grisonnant d’une mise en scène sans excès, ces travers manichéens d’une vie sans espoir.

Carlo Battisti alors professeur à l’Université joue ici comme un vrai pro aux côtés de Maria-Pia Casilio, la servante

Umberto tourne en rond, et le film l’accompagne dans cette monotonie quotidienne un temps balayée par la présence de Maria. La jeune fille est enceinte, mais hésite sur le nom du père. On sourit à peine, son avenir est compromis, pour elle aussi.

Il y a du Charlot dans cette triste humeur, mais sans la poésie inhérente au chapeau melon et à la face de clown triste. Umberto porte toute la misère du monde et rien ne semble pouvoir l’alléger.

Déclinaison d’une dérive sociale qui n’en finit pas de se répéter de la maltraitance humaine à celle de l’animal. De Sica la révèle dans toute sa cruauté.

C’est un film lourd, grave, qui ne rassure pas sur la nature humaine. D’hier et d’aujourd’hui. C’est un film indispensable.

On achève bien les chiens

LES SUPPLÉMENTS

Ils sont tous les deux très intéressants, mais à découvrir après le film

  • ENTRETIEN AVEC JEAN A. GILI (29 mn – HD*)- Après avoir évoqué la double carrière d’acteur et réalisateur de Vittorio De Sica, l’historien du cinéma et critique Jean A. Gili revient sur l’un de ses films les plus dramatiques et les plus à charge contre la société italienne.

Martin Scorsese apprécie beaucoup le travail de Vittorio de Sica rappelle-t-il, et particulièrement ce film qui marque la fin de la période néo-réaliste. Un travail  indissociable de celui de son scénariste Cesare Zavattini, «  à la présence fondamentale ».

Je n’évoquerais pas l’analyse passionnante de Jean. A.Gili sous peine de révéler le contenu même du film. Il souligne que le rôle principal est tenu par un non-professionnel, un professeur de l’Université de Florence rencontré dans la rue : Carlo Battisti. (Photo)

En se portant pâle, on gagne quelques jours, on économise l’argent, on mange à sa faim

A l’époque, Giulio Andreotti, qui n’est pas encore le premier ministres italien, mais dirigeant de la Démocratie chrétienne écrit une lettre ouverte contre le film qui ne représente pas l’Italie tel qu’il entend.

Au festival de Cannes, le gouvernement italien intervient pour qu’il n’obtienne pas la palme d’or comme cela était envisagé.

Jean. A. Gili nous conte aussi des histoires de chiens, l’origine du titre … Instructif !

  • SEULS AU MONDE (25 mn – HD*) – « Ce que filme De Sica, c’est la disparition de toute forme de solidarité et l’indifférence comme seule mesure du rapport à l’autre. » Une analyse inédite de Jean-Baptiste Thoret, réalisateur, historien du cinéma et directeur de collection DVD/Blu-ray™.

C’est encore passionnant à voir et à entendre , mais il est difficile d’en révéler le contenu. Regardez le film, vous apprécierez d’autant mieux cette analyse…

Reprise cinéma 17 Novembre 2021 Cinéma : 10 Octobre 1952 Dvd: ‎ 25 août 2021 Réalisateur ‏ : ‎ Vittorio De Sica Acteurs ‏ : ‎ Carlo Battisti, Maria-Pia Casilio, Lina Gennari, Ileana Simova, Elena Rea Format ‏ : ‎ Cinémascope, Noir et blanc Durée ‏ : ‎ 89 minutes Studio  ‏ : ‎ Carlotta Films L'histoire : Fonctionnaire à la retraite, Umberto ne subvient plus à ses besoins. N’ayant pour seul refuge qu’une pension en piteux état, le vieil homme occupe ses journées à trouver de quoi manger avec pour seul compagnon son chien Flike. Lorsque sa propriétaire menace de l’expulser, Umberto…
Le Film
Les bonus

De manière quasi obsessionnelle, Vittorio De Sica dissèque la misère humaine dans tout ce qu’elle a de plus immédiat. La survie fragile d’un humain qui sa vie durant a travaillé pour l’Etat qui ne lui sert qu’une maigre retraite. C’est à l’époque du néoréalisme italien de l’après-guerre mais la peinture n’a rien perdu de sa vigueur désolante, de sa tristesse, de son désespoir. Le réalisateur insiste par touches successives sur les mêmes états d’âme, pour tourner en rond à l’image de son héros. Il y a du Charlot dans cette triste humeur, mais sans la poésie inhérente au chapeau melon et à la face de clown triste. Umberto porte toute la misère du monde et rien ne semble pouvoir l’alléger. C’est un film lourd, grave, qui ne rassure pas sur la nature humaine. C’est un film indispensable.

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