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« Médecin de nuit » de Elie Wajeman. Critique cinéma

Film noir, chaotique, documentaire-fiction, ce film indispensable est servi par des comédiens qui le sont tout autant

La fiche du film

Le film : "Médecin de nuit"
De : Elie Wajeman
Avec : Vincent Macaigne, Sara Giraudeau
Sortie le : 16/06/2021
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 82 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • L’histoire : Mikaël est médecin de nuit.
    Il soigne des patients de quartiers difficiles, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes.
    Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, entraîné par son cousin pharmacien dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex, sa vie tourne au désastre.
    Alors cette nuit, il doit reprendre son destin en main.

 

Une nuit pour tout régler, définitivement. Une dernière nuit peut-être pour cet urgentiste qui se donne corps et âme aux plus démunis. Les parias, les SDF, les gens de la rue, les toxicos…

Les plus atteints à ses yeux, les plus graves aussi, au point de leur délivrer du Subutex à tout va.

Menacé par une enquête de l’Assurance maladie, Mikaël traficote aussi avec son cousin de pharmacien à qui il distribue généreusement ce type de prescription.

C’est la famille. Depuis tout gosse, Dimitri et Mikaël ne se sont jamais lâchés. Mais ce soir-là, cette nuit-là, la dernière peut-être, Mikaël n’a pas le moral.

Son ménage tourne au vinaigre, le Sécu le harcèle, les toxicos en demandent toujours plus. Entre deux urgences assurées le cœur sur la main, Mikaël prend la tangente de quelques bonnes résolutions.

Oublier Sofia, sa maîtresse qu’il aime à la folie, revenir à la maison, abandonner ce trafic qui le cerne de plus en plus. Dimitri le conjure au contraire d’accélérer sous la pression de quelques dealers dangereux assure-t-il.

Mikaël ne cesse de venir en aide à son cousin de plus en plus dans un sale pétrin.

 

Défiguré par une épaisse barbe indisciplinée, Pio Marmaï joue l’intermédiaire des basses œuvres. Il est très convaincant. Un regarde tendre démenti par la panique ridée tout en haut du front, les plis de la peur.

Elie Wajeman filme serré, sans échappatoire possible, même pour ce médecin si sympathique qui à son tour va plonger.

Bonne bouille, et barbe en ordre de marche, Vincent Macaigne endosse le poids de ce monde qu’il ne peut plus sauver, avec circonspection. Une bonhommie lasse qui au fil de la nuit  s’étiole entre la peur et la fatigue.

Pour un autre visage, dur, méchant, à l’image des malfrats qu’il côtoie bien malgré lui.

Le filmage est très précis, la narration sans fioritures, la veine humanitaire noircie dans un cloaque de désespoir .Mikaël veut s’en extirper. Pour revenir à l’origine de sa mission, à la pureté de son éthique, retrouver une équipe, boire un coup  et partager les mêmes galères.

Dans sa nuit de dérive, l’homme meurtri va alors panser ses plaies, écouter apaisé une patiente au piano lui jouer quelque chose de « «très, très doux », avant que les coups ne pleuvent et que la violence interdise encore au petit matin de se lever.

Son service terminé, Mikaël retrouve quelques confrères qu’il espère rejoindre très vite…

Mais pas l’espoir d’un chaos ravalé au cœur de la nuit qu’il s’apprête à quitter. Rien que l’espoir, pou un grand film, fort et indispensable.

L'histoire : Mikaël est médecin de nuit. Il soigne des patients de quartiers difficiles, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes. Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, entraîné par son cousin pharmacien dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex, sa vie tourne au désastre. Alors cette nuit, il doit reprendre son destin en main.   Une nuit pour tout régler, définitivement. Une dernière nuit peut-être pour cet urgentiste qui se donne corps et âme aux plus démunis. Les parias, les SDF, les gens de la rue, les toxicos… Les plus atteints à ses…
Le film

Tout en soulignant le travail ingrat et profond des urgentistes, la nuit à Paris (ou ailleurs), le réalisateur s’intéresse plus particulièrement à l’un d’entre eux, Mikaël qui remplit sa fonction humanitaire au-delà du possible, voire de l’impossible. Entre le film de genre et le film noir, le cinéaste donne à son héros l’étoffe d’un personnage imparfait, serré dans un costume qui ne lui convient plus. S’en débarrasser … Ce sera tout l’enjeu de cette dernière nuit pour ce médecin à la dérive, panser ses plaies, et tenter d’oublier toxicos et maîtresse pour un retour sinon au calme, du moins à la plénitude de son existence. Vincent Macaigne exemplaire dans un rôle formidable, le mène du soir au petit matin , de la tendresse à la violence, avec une constance remarquable, et un sens du devoir qui parait évident; Pio Marmaï lui aussi bien à sa place en pharmacien relou, tire les ficelles d’une intrigue qui ne paraissait pourtant pas s’imposer dans cet univers à priori plein d’humanité. C’est tout l’intérêt de ce film, voire sa richesse. Il réussit même à faire sortir Sara Giraudeau de son carcan habituel de petite fille minaudant pour une femme totalement épanouie, presque intrigante, elle aussi. Quel film !

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