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« Le Père de Nafi » de Mamadou Dia. Critique cinéma

Synopsis: Dans une petite ville du Sénégal, deux frères s’opposent, les élections à venir, le mariage de leurs enfants. Deux visions du monde, l’une modérée, l’autre radicale. Les jeunes Nafi et Tokara rêvent, eux, de partir étudier à Dakar, la capitale, et de vivre avec leur époque. La menace des extrémistes en fait partie. 

La fiche du film

Le film : "Le Père de Nafi"
De : Mamadou Dia
Avec : Saikou Lo, Alassane Sy
Sortie le : 09/06/2021
Distribution : JHR Films
Durée : 107 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Un premier scénario, un premier film et déjà toute l’intensité créatrice d’un cinéaste au cœur de son pays, le Sénégal. Là où à l’heure du fondamentalisme islamique, Mamadou Dia imagine deux frères qui depuis l’enfance ne se supportent pas.

Leurs conflits d’intérêts portent aujourd’hui sur le pouvoir religieux que Tierno l’imam, exerce sans excès, ni compromis. Ce que lui reproche Ousmane de plus en plus préoccupé par les futures élections municipales. Il brigue un premier mandat.

Tierno, gravement malade, accompagne le maire et tente de contenir les belles promesses de son frère. Avec cette crainte absolue de voir les clans extrémistes rejoindre la campagne électorale. L’un d’eux soutient déjà ouvertement Ousmane

.A cet enjeu humain et social se mêle une autre querelle familiale. La liaison entre Nafi et Tokara, les enfants de Tierno et Ousmane. L’imam prêche la patience et la soumission à l’ordre paternel, son frère les couvre de cadeaux.

Au début partagés, les villageois accordent de plus en plus leur confiance à la parole d’Ousmane. Aux  largesses qu’il accorde . De l’argent pour les fidèles de la mosquée, des semences que le pouvoir promet, après plusieurs formulaires administratifs…

Chez Ousmane, l’heure est aux actes. Secondé par un étranger, le fils du cheik, il suit aveuglément ses conseils . Le voile pour les femmes, la fouille systématique sur les hommes, les mariages forcés. Prosélyte d’un fondamentalisme islamique, radical et offensif, il écrase toute opposition et réduit au silence l’imam, son frère, trop faible pour contenir cette haine ancestrale.

Peu de fidèles à la mosquée, l’emprise de l’imam perd du terrain

Leurs enfants se terrent à leur tour, effrayés par la rafle des couples à marier. Ils veulent rejoindre Dakar, la capitale…

Seul refuge possible, aux yeux du réalisateur , la cellule familiale et ses valeurs qu’il appelle de tous ses vœux quand il ne reste plus que ce gamin, seul, complètement paumé dans la nuit, comme abandonné. Une dernière image, la plus expressive peut-être au regard de l’Histoire. Lui qu’il faut maintenant sauver !

  • Ce film est à rapprocher de « Timbuktu » de Abderrahmane Sissako
Un premier scénario, un premier film et déjà toute l’intensité créatrice d’un cinéaste au cœur de son pays, le Sénégal. Là où à l’heure du fondamentalisme islamique, Mamadou Dia imagine deux frères qui depuis l’enfance ne se supportent pas. Leurs conflits d’intérêts portent aujourd’hui sur le pouvoir religieux que Tierno l’imam, exerce sans excès, ni compromis. Ce que lui reproche Ousmane de plus en plus préoccupé par les futures élections municipales. Il brigue un premier mandat. Tierno, gravement malade, accompagne le maire et tente de contenir les belles promesses de son frère. Avec cette crainte absolue de voir les clans…
Le film

Un premier scénario, un premier film et déjà toute l’intensité créatrice d’un cinéaste au cœur de son pays, le Sénégal. Là où à l’heure du fondamentalisme islamique, Mamadou Dia imagine deux frères qui depuis l’enfance ne se supportent pas. Leurs conflits d’intérêts portent aujourd’hui sur le pouvoir religieux que Tierno l’imam, exerce sans excès, ni compromis. Ce que lui reproche Ousmane de plus en plus préoccupé par les futures élections municipales. Il brigue un premier mandat. C’est depuis l’enfance qu’il lui voue une jalousie maladive et maintenant profitant de sa faiblesse ( son médecin ne lui donne pas plus de six mois ) il voit la possibilité d’imposer un islam fondamentalisme. Tombée sous ce joug extrémiste, la vie va devenir un enfer quotidien. A l’image de celui des deux enfants de la fratrie, qui s’aiment et doivent maintenant composer avec les lois djihadistes sur le mariage.. Sans leçon, ni solution avérée, le réalisateur ne voit comme seul refuge possible que la cellule familiale et ses valeurs. Ce film les appelle de tous ses vœux.

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