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« Le Jeu » de Fred Cavayé. Critique cinéma

Synopsis: Le temps d’un diner, des couples d’amis décident de jouer à un « jeu » : chacun doit poser son téléphone portable au milieu de la table et chaque SMS, appel téléphonique, mail, message Facebook, etc. devra être partagé avec les autres. Il ne faut pas attendre bien longtemps pour que ce « jeu » parte en vrille…

La fiche du film

Le film : "Le Jeu"
De : Fred Cavayé
Avec : Bérénice Bejo, Suzanne Clément
Sortie le : 17/10/2018
Distribution : Mars Films
Durée : 90 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
le film

A son insu, le téléphone portable est insupportable. A table, au restaurant, dans la rue, les magasins, il est partout. On ne se parle plus, on s’ignore, on s’oublie.  Mais quand l’objet de l’enfermement propose une ouverture, ludique et collective, c’est presque l’enchantement.

Tout le monde n’est pas forcément très chaud, ou entièrement d’accord, mais l’argument simpliste de Marie (« c’est très drôle »), épouse de Vincent, psychiatre de son état, force l’adhésion. Tous les portables sur la table et chacun recevra et entendra ce qui habituellement demeure confiné dans le secret de l’oreillette.

Ou à la limite sur l’écran. Le texte qui s’affiche, la photo qui se dévoile. C’est à ce petit jeu que s’engage une bande de copains d’enfances et leurs conjointes, autour du menu concocté par Vincent (Stéphane De Groodt, parfait). Son œil est déjà hagard, son coup d’œil en devient suspect.

Et prenez les convives de la fête, le regard est du même acabit interrogateur, suspicieux, étonné ou faussement naïf pour clamer son innocence et sa confiance envers ses amis. Car les premiers échanges sans conséquence ont laissé croire à un petit jeu effectivement très drôle (on rigole beaucoup au début) et surtout très anodin. C’est après que ça se gâte.

« Le code a changé » mais pas l’esprit. On retrouve les mêmes attributs et ressorts du film de Danièle Thompson dans une version plus déstabilisante encore pour les hommes et les femmes qui à travers leurs communications révèlent maintenant une toute autre personnalité.

Cavayé qui habituellement filme le mouvement et l’action à répétition donne lui aussi le change. Il y a une dynamique étonnante dans sa caméra qui derrière les codes d’un huis-clos théâtral s’attaque au genre et le revigore par l’interprétation très expressive de ses comédiens.

Pas un ne flanche dans la répartie, le quiproquo ou l’invective qui, l’alcool aidant (Suzanne Clément est géniale !) part dans une vrille drôle et dramatique. Charlotte souffle le chaud et le froid sur une vie privée qui l’est de moins en moins face à un mari (la belle fragilité de Roschdy Zem) dont le marché de dupe passé avec son voisin n’est peut-être pas du meilleur effet.

Son voisin c’est Grégory Gadebois et là je ne vous en dirais rien si ce n’est que le comédien est lui aussi au sommet de son art. Touchant, émouvant, confondant quand la vérité vient à naître dans la confession et l’intimité. Ce repas est un désastre mais tout le monde se quitte bras dessus, bras dessous, comme s’il ne se s’était rien passé.

Ce que se disent Léa et Thomas (Doria Tillier et Vincent Elbaz, pétulants et si vrais…) qui ont vécu un rêve quand le spectateur assistait à leur cauchemar. Joli pied de nez du réalisateur décidément bien inspiré d’avoir repris le film de Paolo Genovese (« Perfetti Sconosciuti ») déjà relooké par Alex de la Iglesia (« Perfectos Desconocidos »).

Dans son scénario, il a changé quelques personnages, adapté de nombreuses situations pour des critères plus hexagonaux. Je ne connais ni l’original, ni le remake italien, mais le spécialiste du thriller à la française ici fait un carton plein.

A son insu, le téléphone portable est insupportable. A table, au restaurant, dans la rue, les magasins, il est partout. On ne se parle plus, on s’ignore, on s’oublie.  Mais quand l’objet de l’enfermement propose une ouverture, ludique et collective, c’est presque l’enchantement. Tout le monde n’est pas forcément très chaud, ou entièrement d’accord, mais l’argument simpliste de Marie (« c’est très drôle »), épouse de Vincent, psychiatre de son état, force l’adhésion. Tous les portables sur la table et chacun recevra et entendra ce qui habituellement demeure confiné dans le secret de l’oreillette. Ou à la limite sur l’écran.…
le film

Fred Cavayé a été bien inspiré de reprendre le film de Paolo Genovese (« Perfetti Sconosciuti ») déjà relooké par Alex de la Iglesia (« Perfectos Desconocidos ») pour en faire un remake français tout à fait remarquable. Sur un postulat de départ qui veut que tout le monde à quelque chose à cacher. Encore plus peut-être quand il s’agit d’une bande de copains d’enfance qui se retrouve régulièrement autour d’une bonne table avec leurs conjointes. Cette fois l’une d’entre elles propose de mettre tous les téléphones portables au milieu de la table afin que tout le monde entende et participe aux communications de la soirée. Je vous laisse deviner ce qui peut advenir d’une telle proposition. Cavayé qui habituellement filme le mouvement et l’action à répétition donne le change. Il y a une dynamique étonnante dans sa caméra qui derrière les codes d’un huis-clos théâtral s’attaque au genre et le revigore par l’interprétation très expressives de ses comédiens. Un huis-clos sans effet d’âme, mais bourré de dialogues bien sentis.

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