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« Le huitième jour » de Jaco Van Dormael. Les Suppléments

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LES SUPPLÉMENTS

  • Introduction du film par Pascal Duquenne
  • Entretiens avec Jaco Van Dormael, Daniel Auteuil, Pascal Duquenne et Philippe Godeau, le producteur  (31 mn) . Contrairement à beaucoup de documents du genre, on suit et on écoute avec beaucoup d’attention ce que racontent les protagonistes interviewés dans le cadre d’une réalisation parfaitement élaborée. Les invités ne défilent pas pour blablater.

Jaco Van Dormael : « Le désir de faire un film avec des acteurs qu’on dit « différents ». J’avais envie de montrer ce qu’ils avaient de plus que les autres. Contre toute attente, ce film a changé le regard qu’on porte sur eux. (…) En Russie, le système de santé à leur égard a complètement évolué, après avoir vu le film.  » Le réalisateur évoque aussi l’avant, la rencontre avec la troupe des Zozos au théâtre et un documentaire sur les trisomiques, déjà «  L’imitateur » (voir ci-dessous).

le huitième jour

« Pascal Duquenne ne sait travailler que dans le plaisir » se souvient Jaco Van Dormael « et quand il n’avait pas ce plaisir, il ne se passait rien ». «  Alors je disais on coupe et on reviendra la semaine prochaine » confirme  l’intéressé.

Si la fin peut encore surprendre, le réalisateur révèle qu’il en avait plusieurs à son actif et qu’il ne sait toujours pas s’il a choisi la bonne. Il revient aussi sur les mauvaises critiques de l’époque qui parlaient de «  charge émotionnelle » ou s’interrogeait sur l’aspect moral de faire jouer des trisomiques. «  Je les connaissais depuis une dizaine d’années, je travaillais déjà avec eux au théâtre ». On a aussi parlé de film contre l’avortement («  la question n’est jamais posée, même pas évoquée ! ») ou de film … catholique !

Le plus étonnant est peut-être la réaction de certains journalistes à Cannes qui conviaient Jaco Van Dormael ou Daniel Auteuil pour des entretiens et ne comprenaient pas que Pascal Duquenne les accompagne. «  Pourtant ils avaient vu le film, l’avaient aimé semble-t-il, mais n’avaient pas tout compris… ».

le huitième jour

  • Les zozos : 10 ans après. Un peu dans le même esprit que le chapitre précédent, les comédiens trisomiques se souviennent de l’aventure. On leur demande par exemple le rôle qu’ils tenaient et quand ils ont du mal à se le remémorer, un seul détail suffit pour faire repartir la machine.

On évoque ainsi plusieurs scènes dont celle du minibus qui fait des ravages dans une galerie marchande. «  Mais ce n’est pas moi qui ai cassé la vitre » se défend le conducteur de l’époque «  il y avait quelqu’un pour le faire, moi je faisais semblant ».

  • « L’imitateur » court-métrage de Jaco Van Dormael (1982). Prix du meilleur court métrage et  du meilleur documentaire au Festival de Bruxelles  en 1983.

Entre  documentaire et  fiction  Jaco Van Dormael aborde déjà à cette époque le quotidien de deux handicapés mentaux dans le monde des gens dit normaux. Jacques est un mongol de vingt-neuf ans. Il est drôle et singe les gens autour de lui. À deux, ils s’amusent mais sèment la panique.

C’est un excellent regard de la part d’un réalisateur qui puisera plusieurs idées et scènes pour «  Le huitième jour » (les flèches directives, l’image que renvoie la Télévision, plusieurs dialogues aussi..) mais l’une des plus fortes séquences ne fait pas partie du lot .L’un des jeunes trisomiques suit les gens dans la rue et l’un d’entre eux n’arrive pas à s’en défaire. C’est merveilleux, Jacques Tati aurait adoré.

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