- 27 août 2025 en salle

- 1 heure et 36 minutes
- Dvd : 6 janvier 2026
- Acteurs : Abbas Imani, Farid Eshaghi, Ghazal Shojaei, Maryam Boubani, Nader Naderpour
- Scénariste : Nader Saeivar, Jafar Panahi
- Sous-titres : Français
- Langue : Farsi (Dolby Digital 5.1)
- Studio : Jour2Fête
L’histoire : En Iran, Tarlan, professeure de danse à la retraite, est témoin d’un meurtre commis par une personnalité influente du gouvernement. Elle le signale à la police qui refuse d’enquêter. Elle doit alors choisir entre céder aux pressions politiques ou risquer sa réputation et ses ressources pour obtenir justice.
- Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
- Le film :

- Les bonus :

Prix du Public à la Mostra de Venise 2024
Le cinéma iranien n’en finit pas de célébrer ses femmes, leur résistance au régime, leur courage au quotidien. Trois générations se retrouvent ainsi au cœur de ce nouveau récit, porté par la plus ancienne , Tarlan, une professeure de danse très écoutée.
Zara, sa « fille adoptive » est à ses côtés, avec Ghazal ( Ghazal Shojaei) qu’elle considère comme sa petite fille . Ce que conteste son père Solat ( Nader Naderpour) , un homme influent que la vieille dame dénonce malgré tout à la police, pour des faits gravissimes. L’enquête est expédiée, et Solat, laissé en liberté.

Une injustice flagrante à ses yeux, qu’elle entend combattre à nouveau, comme elle a toujours défendu la veuve et l’orphelin. Tarlan est à la tête d’un syndicat d’enseignants, et à ce titre, suspecte de bien des crimes.
Dont celui de s’opposer au régime islamiste qui la traite de pestiférée . Son propre fils, sorti de prison , se range aussi désormais du côté des oppresseurs. Il doit sa libération à celui que sa mère continue d’appeler un meurtrier.
Menacée par la milice, surveillée jour et nuit , Tarlan s’obstine , malgré les tourments que lui causent des lois de plus en plus contraignantes . La force d’un patriarcat qui lui interdit toute rébellion ostentatoire. C’est dans le recoin de son logement, dans l’ombre de sa douleur qu’elle va sublimer son droit à vivre et à s’exprimer.
Une désobéissance morale et intellectuelle que Maryam Boubani porte dans la dureté de son regard et les plis fatigués de son visage . Un beau personnage relayé par une mise en scène , sans effet, ni militantisme rampant . Seul le générique affiche ouvertement cette révolte toujours en braise et répression. La chanson qui l’accompagne demande de retirer le voile . « Détache tes cheveux, laissent les dans leurs vagues se noyer ».
Les photos représentent des femmes que l’on frappe, à terre, dans les voitures. D’autres figurent des jeunes filles disparues en 2022.
2025 , quelques jours après Noël, les manifestations ont repris dans le pays. Le gouvernement répond avec fermeté, indiquent les agences de presse .
LE SUPPLÉMENT
- Analyse du film par Asal Bagheri, enseignante, spécialiste du cinéma iranien- Autour de trois générations de femmes iraniennes, l’histoire de la femme iranienne contemporaine, et centrée non pas sur la jeunesse, mais sur la grand-mère …

L’enseignante décrypte les trois personnages masculins , très nuancés les uns des autres. Comment un homme simple se retrouve au milieu de la corruption, et devient un fort du régime …
« Un film féminin parlant d’un mouvement féminin, de la lutte des femmes , sans être un film partisan. (…) Un sujet politique dans un film qui n’est pas politisé , rien de manichéen »
Les femmes en Iran , au cinéma …
« Une Femme Iranienne« de Negar Azarbayjani – « En secret » de Maryam Keshavarz- « No land’s song « -de Ayat Najafi – « Des rêves sans étoiles » de Mehrdad Oskouei- « La Permission » de Soheil Beiraghi – « Chroniques de Téhéran » de Ali Asgari et Alireza Khatami-« Trois visages » de Jafar Panahi -« Une famille respectable » de Massoud Bakhshi-
Peu après Noël 2025, les manifestations ont repris en Iran, en raison cette fois de la vie chère. Le gouvernement répond avec fermeté, indiquent les agences de presse.
Dans ce pays, les dettes d’argent peuvent vous conduire à la prison (*). Comme Salar, le fils de Tarlan, directrice d’une école de danse, plutôt peu appréciée des autorités. Elle est syndicaliste, et défend chaque fois qu’il le faut, la veuve et l’orphelin.
Le jour où son fils sort de prison, c’est grâce à une personnalité qu’elle a par ailleurs dénoncée comme meurtrier. Malgré le silence de la police, elle va s’obstiner pour le traduire en justice.
Ce qui lui vaudra bien des soucis, et une mise à l’écart de la société iranienne.
La force d’un patriarcat qui lui interdit toute rébellion ostentatoire. C’est dans le recoin de son logement, dans l’ombre de sa douleur qu’elle va sublimer son droit à vivre et à s’exprimer.
Cette désobéissance morale et intellectuelle , Maryam Boubani la porte dans la dureté de son regard et les plis fatigués de son visage . Un beau personnage relayé par une mise en scène , sans effet, ni militantisme rampant .
(*) Voir « Un homme intègre » de Mohammad Rasoulof
AVIS BONUS
Analyse du film par Asal Bagheri, enseignante, spécialiste du cinéma iranien