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« Jinpa, un conte tibétain » de Pema Tseden. Critique cinéma

Synopsis: Sur une route déserte traversant les vastes plaines dénudées du Tibet, un camionneur prend un jeune homme en stop. Il lui dit qu’il se prépare à tuer quelqu’un qui lui a fait du tort à un moment donné de sa vie. A l’instant où il dépose l’auto- stoppeur à un embranchement, le camionneur ne se doute aucunement que les brefs moments qu’ils ont partagés vont tout changer pour l’un comme pour l’autre.

La fiche du film

Le film : "Jinpa, un conte tibétain"
De : Pema Tseden
Avec : Jinpa, Genden Phuntsok
Sortie le : 19/02/2020
Distribution : Ed Distribution
Durée : 86 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • « Si je te raconte mon rêve, tu pourras l’oublier ;
    si j’agis selon mon rêve, sans doute t’en souviendras-tu ; mais si je te fais participer,mon rêve devient aussi ton rêve ».- Proverbe tibétain –

Une fable vivante, la vraie légende du routier traçant son chemin dans le désert du Tibet. Pas une âme qui vive, pas mouche à l’horizon. Et pourtant il écrase un mouton surgi de nulle part et prend en stop un vagabond qui se rend dit-il dans la ville voisine.

On est déjà dans un état de léthargie béate devant ces coups du sort que Jinpa agence lui-même. Il rend la pauvre bête à une communauté religieuse avant de s’enquérir du destin de son passager.

L’homme (Genden Phuntsok) ne cachait pas son intention d’aller régler son compte à un personnage qui, il y a bien longtemps, lui avait causé des ennuis.

Le bistrot dans lequel il débarque est une scène de théâtre à lui tout seul, un lieu de perdition heureuse où les habitués ont semble-t-il leurs silhouettes indistinctes fixées à vie à des tabourets et des bancs d’un autre âge.

Que nous raconte le réalisateur Pema Tseden quand il chauffe à blanc cette atmosphère déjà bien enfumée par les vapeurs de théine. Le décor est superbe et ce qui s’y passe, du Tchekov à la petite cuillère. La serveuse, qui est aussi la patronne, (Sonam Wangmo) ne lâche plus son nouvel arrivant, curieux des allées et venues de la veille ou bien de l’avant-veille.

La tenancière au chauffeur : «  tu es différent des gens d’ici…« 

Elle ne sait plus trop bien, mais effectivement un homme est passé. Un inconnu dans sa taverne et puis dans une boutique pas très loin que tient un vieil homme très discret. Arrivé dans la commune, il y a peu…

Le cinéaste qui procède par à-coups assez énigmatiques retrouve alors cet hier un peu flou, dans le sépia des volutes où l’étranger s’est perdu. Là où  les rides des vieux consommateurs n’en finissent plus de se plisser dans la lumière ténue de la gargote.

Une ambiance, une atmosphère, de jolis plans oniriques, Pema Tseden pratique l’orthodoxie du cinéma de manière subliminale. Son histoire est ténue, pleine de sagesse et de recueillement sur la portée des sentiments.

Un mouton même mort, bêle encore.

"Si je te raconte mon rêve, tu pourras l’oublier ; si j’agis selon mon rêve, sans doute t’en souviendras-tu ; mais si je te fais participer,mon rêve devient aussi ton rêve".- Proverbe tibétain – Une fable vivante, la vraie légende du routier traçant son chemin dans le désert du Tibet. Pas une âme qui vive, pas mouche à l’horizon. Et pourtant il écrase un mouton surgi de nulle part et prend en stop un vagabond qui se rend dit-il dans la ville voisine. On est déjà dans un état de léthargie béate devant ces coups du sort que Jinpa agence…
Le film

C’est comme une fable vivante, une légende réelle de l’homme qui court après sa destinée, rencontrée ici par le plus grand des hasards. Dans un lieu où personne ne passe un camionneur  écrase un mouton  et prend en stop un marcheur. Le chauffeur aurait poursuivi sa route de retour normalement, mais il lui faut comprendre ce que son passager est devenu.  Le bistrot, la rencontre avec le vieil homme qu’il voulait tuer, rien ne se passe comme la destinée l’avait envisagé. La gargote lieu principal de la dramaturgie offre un décor superbe. Ce qui s’y passe, du Tchekov à la petite cuillère. Une ambiance, une atmosphère, de jolis plans oniriques, Pema Tseden pratique l’orthodoxie du cinéma de manière subliminale. Son histoire est ténue, pleine de sagesse et de recueillement sur la portée des sentiments.

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