- 7 avril 1972 en salle

- 1h 33min | Drame
- Reprise 4 février 2026
- Par Charles Belmont
- Avec Sami Frey, Lila Kedrova, Anne Deleuze, Philippe Léotard, Maurice Garel
L’histoire : David, la trentaine, entretient d’excellents rapports avec sa mère, veuve d’origine russe. Quand il apprend qu’elle souffre d’un cancer , il la prend en charge avec un pieux mensonge et organise des soins à la maison. Peu à peu, David ne peut plus ignorer le malentendu qui fonde leurs rapports.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
On dit parfois que les films ont mal vieilli. Celui-ci a contrario nous montre que c’est notre monde qui nous a filé entre les doigts, et ravagé nos certitudes. Charles Belmont cognait alors très dur sur la médecine et l’omnipotence des médecins.
Dans un environnement médical précis ( les années soixante-dix ) où l’absence de véritables considérations des responsables à l’égard des patients, figurait au registre d’un défilé journalier (photo) , présidé par quelques professeurs émérites, et consorts.

La maman de David ne veut pas les voir, préférant être assistée par son fils à domicile. Il lui est tout dévoué et consacre une bonne partie de ses journées à ses côtés. David est artiste et peut semble-t-il sacrifier aisément son archet à son service.
L’Infirmière officielle officie naturellement, mais sans pouvoir élever le niveau d’un garde malade tel que David. Jour et nuit il aide sa maman qui ignore tout de sa condition,, lui laissant ainsi le soin de concocter des journées particulières. Mais le mensonge taraude le fiston qui après une discussion avec son meilleur ami musicien ( Philippe Léotard) choisit de dire la vérité.
Le ton et la manière qu’il engage alors saisit toute la finesse des rapports entre une mère et son fils. Sami Frey et Lila Kedrova s’accordent parfaitement au regard du réalisateur : l’angoisse partagée, la peur commune et une même résolution pour vaincre le mal.

La vérité ainsi affirmée permet à la maman de lutter de façon combative et digne.
En écho aux propos de véritables professionnels de la santé qui s’expriment sur leur activité . La séquence est assez inattendue dans le cadre de cette « fiction » mais fixe encore un peu plus la diatribe du réalisateur envers les médecins.
Après avoir balayé l’idée même des maisons de retraites , on évoque ces malades « objets d’études, indigents comme au XIX -ème siècle ». Belmont attise la polémique, suscite la controverse. Féroce et généreux.
Le film
A la rigueur ce film bien daté pourrait nous servir de balises pour rappeler l’hôpital, il y a encore si peu de temps. Une cinquantaine d’années, très peu de connaissances sur les maladies du cancer, une méthodologie infirmière restreinte, une omnipotence médicale, le défilé des soignants, le professeur en tête et tous ses subordonnés … Une fois le rétro retourné, le film de Belmont s’inscrit dans la durée d’une humanité encore toute présente, quand le fils se met entièrement au service de sa mère, très souffrante. Elle ignore tout de sa condition réelle, laissant au fiston le soin de lui concocter des journées particulières. Mais le mensonge le taraude … Sami Frey et Lila Kedrova s’accordent parfaitement au regard du réalisateur : l’angoisse partagée, la peur commune et une même résolution pour vaincre le mal. Pudeur et sensibilité participent à cet élan familial dans lequel Belmont englobe une critique éloquente du système médical.