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« Les Clowns » de Federico Fellini. Critique cinéma

La fiche du film

Le film : "Les Clowns"
De : Federico Fellini
Avec : Maya Morin, Federico Fellini
Sortie le : 10/04/2019
Distribution : Les Acacias
Durée : 92 Minutes
Genre : Comédie dramatique, Documentaire
Type : Long-métrage
Le film

Il y a beaucoup d’hommages dans ce film . Aux gens de la balle, bien évidemment, aux clowns, les premiers visés, mais aussi au Tati de « Jour de fête » sur lequel Fellini porte un regard attendrissant en ouvrant son film à la manière de …

Un cirque arrive dans un petit village, le chapiteau prend forme. Juste en face, un gamin observe la toile qui monte et sous laquelle il rêve et se souvient, maintenant.

Un voyage dans le temps pour cet enfant qui a beaucoup grandi. Avec les clowns d’autrefois qu’il réinvente pour les besoins d’un film. Comment sont-ils nés sur la piste ? A la faveur de ces gens de la ville que l’on revoit difformes, poivrots ou ridicules comme ce chef de gare qui pantomime en exagérant ?

Dans ces méchants portraits, le cinéaste ne s’y retrouve pas. Persuadé que le clown est mort, il part alors sur ses traces. Et c’est en France, le pays du cirque dit-il, qu’il retrouve Tristan Rémy l’historien du spectacle circassien.

Le documentaire prend le pas sur la fiction. On croise de vrais fantaisistes, des turlupins et des amuseurs de haute volée qui ferraillent sur leurs mérites respectifs. On les revoit en scène quand Annie Fratellini et Pierre Etaix ressortent eux aussi l’album des souvenirs.

Changement de rythme, mais le ton demeure…

Dans les tranchées, les hôpitaux, les hospices, le clown a toujours trouvé sa place. Ce que Fellini traduit dans une verve colorée et chatoyante, une musique de mirliton, qui n’avait pas encore de nom car elle allait devenir une musique de cirque .

Mais le réalisateur a beau faire, il ne retrouve toujours pas ce qu’il a connu,

Si le clown est  bien mort à jamais dit-il , alors autant célébrer ses funérailles dans un final circassien que le cinéma s’honore d’avoir mis en scène. Un enterrement de première classe avec un éloge funèbre remarquable de la part du clown blanc qui regrette que son «  ennemi fraternel » ne l’ait pas plus écouté, trop rebelle à ses conseils.

« Il a consacré sa déplorable existence aux seaux d’eau dans la figure, aux œufs cassés sur le crâne ( …) il faisait rire les enfants, mais pleurer les siens». Fellini grandiose, déborde de sentiments pour ces gens de la sciure qui trouvent là une consécration magnifique.

Et scellent un pacte définitif avec le cinéma que Federico s’apprête à décliner dans un univers de fantaisie et de fantastique où le rêve s’accroche irrémédiablement à la vérité, plus qu’à la réalité. Un imaginaire du septième art, rien que pour lui.

Il y a beaucoup d’hommages dans ce film . Aux gens de la balle, bien évidemment, aux clowns, les premiers visés, mais aussi au Tati de « Jour de fête » sur lequel Fellini porte un regard attendrissant en ouvrant son film à la manière de … Un cirque arrive dans un petit village, le chapiteau prend forme. Juste en face, un gamin observe la toile qui monte et sous laquelle il rêve et se souvient, maintenant. Un voyage dans le temps pour cet enfant qui a beaucoup grandi. Avec les clowns d’autrefois qu’il réinvente pour les besoins d’un film. Comment…
Le film

Pour saluer le monde des clowns qui ont bercé son enfance et lui ont donné le goût du spectacle puis du cinéma, Fellini joue à la fois du mode fictionnel et documentariste dans une espèce de voyage sur le retour. Il nous rappelle ce que fut l’amuseur du cirque, ses contraintes et son évolution. Il s’attarde particulièrement sur la France , le pays du cirque dit-il et traduit toute cette nostalgie par une verve colorée et chatoyante, une musique de mirliton, qui n’avait pas encore de nom car elle allait devenir une musique de cirque . C’est particulièrement sur le final, grandiose et magique, que le réalisateur jette une passerelle avec ce qui sera le ferment de son cinéma à lui. Un univers de fantaisie et de fantastique où le rêve s’accroche irrémédiablement à la vérité, plus qu’à la réalité L’une des définitions de la poésie me semble-t-il, en tout cas celle que le réalisateur nous donnera souvent au cours de son périple cinématographique.

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