- 1 heure et 36 minutes

- Dvd: 3 mars 2026
- 25 mars 1966 en salle
- Reprise 18 juin 2025
- Drame, Historique, Romance
- Acteurs : Ivan Mikolaïtchouk, Larissa Kadotchnikova, Nikolai Grinko, Spartak Bagashvili, Tatiana Bestaeva
- Par Ivan Chendej, Sergei Paradjanov
- Nouvelle restauration 4K
- Studio : Carlotta Films
L’histoire : Dans un village houtsoule, au cœur des Carpates ukrainiennes, Ivan et Marichka s’aiment passionnément malgré la rivalité et la haine qui opposent leurs deux familles. Devenu adulte, Ivan part dans les alpages promettant à Marichka de revenir l’année suivante pour l’épouser. Victime d’un terrible accident, il ne la reverra plus. Ivan va alors sombrer dans le noir …
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
Un drame poétique , des légendes populaires, prévient le générique d’ouverture, généreux dans ses anticipations. Car très vite l’image vous emporte dans une féerie un peu inattendue, où le blanc de la neige se mêle à l’esprit des enluminures folkloriques de l’Asie.
Ce décor est immuable pour laisser deux enfants devenir grands et s’aimer envers et contre tout . Leurs familles ne se supportent pas. Des habitants des Carpates, dans sa partie Ukrainienne où vivent Ivan et Michka.
Issus de la tragédie shakespearienne , ils n’en demeurent pas moins les figures légendaires de ce pays où les vents et les chimères s’acoquinent dans des contes de fée tortueux.
Un côté folklo et joueur de flûte , des danses tout aussi colorées auxquelles participent ces amours contrariées par la séparation. Ivan dans les alpages ne cesse de penser à sa promise , quand la caméra de Paradjanov cherche , explore, bucolique et joyeuse, tendre et malheureuse .
Ce n’est pas un cinéma conventionnel . Marqué par le gros grain de la pellicule et l’effilochage de ses images, il résulte d’une alchimie poétique où la valeur des mots et des signes conjugue un même élan créateur.
Ivan, veuf avant l’heure (Ivan Mikolaitchouck), est la peine de tout son village . « On le crut mort de chagrin et les jeunes filles chantèrent leur amour ».
En une sentence aussi bien tourneboulée le cinéaste engage son héros sur des chemins de perdition, avec des guimbardes guillerettes et des visages cuivrés pour le bonheur . Ici le paradoxe s’amuse des contrastes.
Il y a des scènes que je ne comprends pas, certainement dirigées dans le sens d’une culture millénaire et des traditions tout aussi légendaires. Comme cette attention portée aux troupeaux, aux brebis particulièrement .
Ces plans impossibles n’existent pas réellement, mais combinent avec la féerie du moment . Chagall et Malick dans un même élan, des tableaux aux couleurs vives, des chansons de fêtes et de ripailles.
Pour célébrer leurs morts « un banquet copieux arrosé de breuvages enivrants » parait indispensable. A l’image de ce film .
LES SUPPLEMENTS
Le film
Les bonus
L’histoire n’est qu’un prétexte, Shakespeare alibi facile, pour planter le décor d’un cinéma qui n’existe que dans l’esprit d’un réalisateur libre, indépendant de tout dictat technique ou artistique. Au point de reprendre et mélanger des légendes populaires des Carpates pour en faire des tableaux féeriques où Chagall rejoindrait la terre de ses ancêtres. Et Terrence Malick celle de cette contrée laborieuse et joyeuse que Sergei Paradjanov cadre avec bonhomie et dureté . Un mélange approprié à la nature de cette population tout autant partagée entre les Gutenyuk et Paliychuk que l’amour d’Ivan et Mischka ne pourra jamais réparer. Il y a des scènes que je ne comprends pas, certainement dirigées dans le sens d’une culture millénaire et des traditions tout aussi légendaires. La caméra de Paradjanov y ajoute sa magie Toujours en mouvement, elle cherche , explore, bucolique et joyeuse, tendre et malheureuse . Une célébration vivante de la beauté du monde et de l’art.

