- 14 avril 1990 en salle

- Reprise 14 janvier 2026
- 1h 33min | Drame
- Par Paul Carpita
- Avec Florent Munoz, Roger Manunta, Andre Maufray
L’histoire : Au début des années 1950, à Marseille, Robert et Marcelle, désireux de se marier, cherchent vainement un logement . Ils sont encore chez leurs parents respectifs. Robert est docker, Marcelle ouvrière en biscuiterie.
Lorsque dockers et ouvriers se mettent en grève pour manifester contre la guerre en Indochine, Robert hésite à rejoindre le syndicat de son frère. Le patronat voit là l’occasion de casser le mouvement
« C’est une tragédie que l’on ait interdit et étouffé ce « Rendez-vous des quais ». » Ken Loach.
Dans l’histoire du cinéma français, c’est un film qui lui appartient pleinement. Tourné clandestinement au début des années 50, avec des amateurs, il est saisi dès sa première projection, censuré et introuvable pendant 35 ans.
On lui reprochait alors sa propagande communiste, et le traitement de la guerre d’Indochine. L’un et l’autre farouchement reliés au mouvement populaire des dockers de Marseille, dont la grève en 1953, justifie ce rendez-vous sur les quais.
Là où la grogne et la colère montent un peu plus chaque jour contre les conditions de travail très rudes et le refus de la guerre en Indochine. Des cercueils doivent prochainement arriver sur le « Pasteur » : c’en est trop pour Jean Fournier ( Roger Manunta) et ses camarades, qui organisent la résistance.
Robert, le frère de Jean est dans la même galère, mais il tarde à prendre le large. Amoureux de Marcelle, Robert ( Andre Maufray) cherche avant tout un appartement . Mais leurs salaires ne suffisent pas, les logements collectifs en construction sont inabordables .
Aussi le concours de Jo est le bienvenu. Jo, (Albert Mannac) qui ne croit pas un instant aux bienfaits de la lutte des classes, lui indique comment se débrouiller sur place. Tout en l’incitant à ne pas suivre les consignes syndicales.
Un briseur de grève, un jaune …
Paul Carpita joue carte sur table pour des enjeux qui aujourd’hui encore atteignent la probité des gens, leur dignité. Dans un rapport de force filmé sur le terrain, avec des hommes profondément engagés. Il est clair que la patronat ne peut apprécier un tel engagement, le pouvoir une telle démonstration de force.
Le port est à l’arrêt, vide , déserté . Là où se perd Robert et perd pense-t-il son bel amour barricadé derrière les forces de l’ordre qui retiennent les manifestants. Mais chez Carpita qui nous l’a joué en préambule , un brin pagnolesque, romance et social vont de pair.
Le pastis, la pétanque , avé l’accent de Nique (Florent Munoz), le marin pêcheur, qui en fait des tonnes : la lutte finale est définitivement finale.
C’est un film du patrimoine , dont l’histoire est éclatante, au regard du contexte de l’époque, les années cinquante : la guerre en Indochine, les manifestations pacifiques, la grève des dockers marseillais. Elle est due à la pénibilité du travail, rendu encore plus ingrat quand il s’agit de débarquer les cercueils des soldats morts en Indochine. Tourné clandestinement, ce film, étalé sur plusieurs mois, au cœur des grèves, avec des acteurs amateurs est saisi dès sa première projection, censuré et introuvable pendant 35 ans. Paul Carpita joue carte sur table pour des enjeux qui aujourd’hui encore atteignent la probité des gens, leur dignité. Dans un rapport de force filmé sur le terrain, avec des hommes profondément engagés. Il est clair que la patronat ne peut apprécier un tel engagement, le pouvoir une telle démonstration de force. La romance entre Robert et Marcelle qui peinent à trouver un logement , en raison du contexte économique, accompagne naturellement l’évolution de la contestation . Chez Carpita qui nous l’a joué en préambule , un brin pagnolesque, romance et social vont de pair.


