- 12 novembre 2025 en salle
- DVD : 12 Mars2026
- 1h 50min
- Drame
- | Par Alexe Poukine, Thomas Van Zuylen
- Avec Manon Clavel, Ethelle Gonzalez Lardued, Makita Samba
- Interdit – 12 ans avec avertissement
L’histoire : Alors qu’elle est enceinte, Kika perd brutalement l’homme qu’elle aime. Complètement fauchée, elle en vient à vendre ses petites culottes, avant de tenter sa chance dans un métier… déconcertant. Investie dans cette activité dont elle ignore à peu près tout, Kika entame sa remontée vers la lumière.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Elle est assistante sociale mais n’entend pas être assistée quand les ennuis arrivent. Veuve très jeune, Kika enceinte n’a plus guère de ressources. Pour s’en sortir elle trouve des solutions assez osées comme la vente de ses petites culottes. Il y a des fétichistes pour ça, et même plus .Leurs affinités les conduit à payer des dames pour des pratiques diverses. Voire perverses.
Bien évidement Kika découvre ce monde et s’y risque à petit pas. Surtout qu’elle vit maintenant chez ses parents, avec sa petite fille , et que l’ambiance familiale n’est pas au top.
Elle doit serrer les dents, ne rien dévoiler de sa vie parallèle et continuer à venir en aide aux autres, elle qui en a tant besoin. C’est auprès des professionnels qu’elle peut se confier.
Leur avis n’est pas de trop dans ses premiers échanges avec des clients qui paraissent sortis de quelques lieux improbables. Surtout quand elle hésite, et qu’on lui fait comprendre que « ça va pas le faire, la concurrence est rude » .
Ce qu’elle découvre peut-être le plus, c’est une famille de substitution réunie autour de toutes ces filles qui une fois le travail terminé, se retrouvent , s’épaulent et vivent pleinement leur vraie vie.

Un point fort du récit porté par Alexe Poukine sans clichés ni accroc pathétique à de telles pratiques sexuelles… Manon Clavel que je connais à peine ( mais alors ! ) s’est totalement investie dans ce personnage divagant, si présent, atteint dans sa moralité première, sa conscience chamboulée.
Il est alors plus question de précarité que de deuil en sursis. Ce qu’Alexe Poukine traduit de manière un peu floue en abandonnant son héroïne dans la dépendance d’événements genrés inhabituels à son environnement.
Certaines scènes achoppent sur des interrogations sans réponse, par manque de discernements, ou de résolutions inexpliquées ? Faiblesse scénaristique ou volonté de ne pas toucher au drame dans un contexte qui ne prête pas forcément à la légèreté ?…

« Vous pouvez m’insulter » dit le client que Kika frappe de plus en plus fort.
« On est bien d’accord que je ne pense pas ce que je dis » lui répond-elle. On est bien d’accord , effectivement.
- Dans la famille … « Irina palm » de Sam Garbarski. « Belle de jour » de Luis Bunuel
LES SUPPLEMENTS
- Entretien avec Alexe Poukine ( 15 mn ) – « Est-ce que je pourrais faire ça ? » … le point de départ du projet scénaristique.
L’autre question , celle du genre . « On a tourné sur une même séquence des versions comiques et dramatiques. On ne savait pas s’il fallait en rire, ou en pleurer . C’est alors un long travail au montage, et c’était là que l’on se décidait . Au total on serait arrivé à 3 h 50 de film … »
La recherche documentaire. De longs entretiens avec des travailleurs sociaux, et des travailleurs du sexe, « j’ai suivi plusieurs ateliers, je n’y connaissais rien , j’étais dans la même position que Kika »
Le casting. « Je ne trouvais pas la personne très solaire , mais aussi très fragile , qui laisse voir la faille , il y avait beaucoup de conditions et je ne voulais pas qu’elle soit jolie , on a beaucoup cherché en Belgique , j’ai failli m’y coller j’ai failli abandonner , mais quand on m’a proposé Manon, elle était jolie certes, mais c’était le personnage ».
- « Palma » de et avec Alexe Poukine – 30 janvier 2026 -0h 39min-Par Alexe Poukine- Avec Lua Michel, Maria del Mar Alcaide
Jeanne emmène sa fille de six ans en week-end à Majorque. Alors que tout part à vau-l’eau, la seule préoccupation de la mère est de photographier Kiki, la mascotte de la classe.
Contrairement à ce résumé, le sujet me semble plutôt être celui d’une petite fille qui ne mesure pas dans quel pétrin sa mère se met, et bien souvent pour elle. Alex Poukine derrière la caméra la tient comme une provocation, devant, c’est une très bonne comédienne. Lua Micha , en gamine caractérielle , sort le grand jeu ( photo) .
- Scènes coupées ( 15 mn )- Il y en a plusieurs , dont celle de sa Rupture avec Paul qui me parait intéressante.- « Déjeuner chez les parents ». Elle introduit parfaitement les relations tendues à venir.

« Intérim » Kika cherche donc du travail en passant d’abord par un circuit normal ce que rien n’indique dans le montage final . Mais il n’y a pas véritablement d’emloi pour elle
- « Kika » à Cannes ( 3 mn )- Un rêve d’enfant, inaccessible, cette salle immense, l’émotion… et des images rayonnantes. Et le souvenir d’avoir croisé Dean Baker …
Le film
Les bonus
Après avoir perdu son amoureux très jeune , Kika se retrouve dans la précarité la plus désordonnée. Assistante sociale, elle peut compter sur le secours de ses parents, mais hors mis le logement temporaire, elle n’entend pas vivre à leurs crochets.
L’idée de vendre ses petites culottes prend très vite le chemin tortueux d’activités sexuelles inattendues. Elle n’y connait rien, bien évidemment , mais peu à peu elle prend ses marques et les conseils de véritables professionnels.
Avec ces pratiques sado/maso , plus ou moins suggérées, à peine esquissées parfois, Kika découvre un autre monde, bien sûr, mais aussi une famille de substitution. Une fois le travail terminé, ces travailleuses du sexe se retrouvent , s’épaulent et vivent pleinement leur vraie vie.
Un point fort du récit porté sans clichés ni pathos par un premier film qui , en raison peut-être de son sujet ( la précarité, plus que le deuil) n’aboutit jamais totalement là où on l’attend.
Certaines scènes achoppent sur des interrogations sans réponse, un peu à l’image de l’héroïne qui tait bien souvent ses impressions. Elle est jouée par Manon Clavel totalement investie dans ce personnage divagant, si présent, atteint dans sa moralité première, sa conscience chamboulée. Elle aurait quand même mérité quelque chose aux César !
AVIS BONUS
Un court métrage, une interview, des scènes coupées, le grand jeu !
