- 1 heure et 45 minutes

- Dvd : 17 mars 2026
- Sous-titres : Français
- Langue : Géorgien
- Studio : Blaq Out
L’Histoire : Déni est le nouveau propriétaire d’un petit lopin de terre dans une vallée isolée en Géorgie, à la frontière de la Tchétchénie dont il est exilé depuis l’enfance. Il débarque là-bas et projette d’y construire une maison qui tranche drôlement avec les coutumes locales. Un fantasme qui ravive ses souvenirs et ceux de son clan déraciné qui pourtant ne rêve que d’une chose, le marier.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
- Œil d’or (prix du meilleur documentaire) : distinction officielle du Festival de Cannes.
« Si tu n’as pas vu le Pankissi, tu n’as pas vu la Géorgie »
Déni Oumar Pitsaev, le réalisateur, revient sur la terre de ses ancêtres qu’il a fuie , très jeune, chassé par une guerre qui aujourd’hui encore occupe toujours l’esprit de ses habitants. Exilés eux aussi, la plupart en Géorgie, où le cinéaste les retrouve pour quelques jours.
Là, à quelques kilomètres de la Tchétchénie, sa mère lui a acheté un terrain pour y construire une maison. Sans ambiguïté, on lui conseille ainsi de revenir vivre au milieu des siens, et de se marier. Et la maman qui vit à Bruxelles de préciser qu’elle aimerait alors le rejoindre.
Il faut voir ce documentaire pour comprendre la dimension affective que représentent pour un tchétchène un clan, une famille, une fratrie. Une communauté !
Déni est accueilli sur place par ses cousins, les bras ouverts, dont Daoud qui lui fait faire le tour du propriétaire, et le présente à tous les voisins
Il va voir beaucoup de monde, participer aux discussions spontanées qui ici et là fleurissent entre l’espoir de ces lendemains prometteurs et la nostalgie du pays abandonné. Des jeunes s’entraînent au football et sur le bord de la touche Abdallah devise sur les bienfaits de la foi.
« Un croyant ne fera jamais de mal » dit Abdallah alors que retentissent les appels à la prière. « Trop dans les aigus, ce soufi, il force le ton » s’amuse une assemblée de femmes au milieu desquels Déni Oumar est toute ouïe.
C’est à elles qu’il montre pour la première fois les plans de sa maison . Quelque chose de lunaire, en décalage avec l’architecture traditionnelle de la région, « Ca va devenir l’attraction touristique » mais l’accord est unanime, « tu le fais pour toi, qu’importe ce que diront les autres ».
Ecoute, tolérance …
A sa mère qui débarque de Bruxelles , il lui avoue qu’il n’est pas très partant pour vivre ici. Elle veut le convaincre du contraire . Lui parle de sa famille, de son histoire malmenée par la guerre et l’exil.Ces racines jamais réellement extraites de son passé .
Ce qu’il tente de faire comprendre à son père, très péremptoire devant le projet immobilier de ce fils qui un jour fera un documentaire intitulé « Imago ». Ou la version imagée de son enfance , autour de l’insecte adulte qui n’ira pas jusqu’au bout de sa métamorphose.
Mais le père ne veut pas entendre, ou comprendre. La discussion est âpre, tendue, révélatrice de ces cicatrices toujours présentes. Mais Déni Oumar Pitsaev les soigne. Son sourire au final en atteste .
LES SUPPLEMENTS
- « Looking for Déni » ( 19 mn )- Comme un repérage du film avec cette idée de revenir en Tchétchénie
Des repères, des gens disparus … A la recherche de la maison où il a grandi et la saison de l’ail sauvage. Il est encore question de la famille , de ses hommes forts qui ne lui ressemblent pas. A-t-il encore sa place dans son pays ?
- Scènes coupées ( 15 mn). Il est toujours question de la famille , d’un repas en plein air et du patriotisme de Daoud , un punchingball électronique , tout est intéressant, mais le montage final convient parfaitement
Le documentaire
Les bonus
D’origine tchétchène, le réalisateur Déni Oumar Pitsaev qui vit à Bruxelles retourne momentanément dans son pays où sa mère lui a acheté un terrain. Avec l’intention qu’il y construise une maison, où elle pourrait avoir une ou deux pièces.
Ce qui parait normal dans cette région où le sens de la famille est très développé. Le réalisateur va ainsi les revoir et comprendre combien on attend son retour.
Il joue le jeu en présentant les plans d’une maison quasi futuriste dans le paysage traditionnel géorgien. Et fait comprendre à sa mère qu’il n’a pas l’intention d’y vivre. Une occasion pour revenir sur l’enfance et les blessures de la guerre que son père cette fois tente d’ignorer.
« Avoir un père c’est aussi avoir des souvenirs ». Cette fois, la discussion est âpre, tendue, révélatrice de cicatrices à jamais refermées. Ce sont celles d’un exil que le réalisateur renvoie à tous les déplacés de la terre. Une interpellation à l’égard du spectateur ….4
AVIS BONUS
Un court métrage , préparant le film, et des scènes coupées


