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« First man : le premier homme sur la lune » de Damien Chazelle. Critique cinéma

Synopsis: Pilote jugé « peu concentré » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

La fiche du film

Le film : "First Man - le premier homme sur la Lune"
De : Damien Chazelle
Avec : Ryan Gosling, Claire Foy
Sortie le : 17/10/2018
Durée : 142 Minutes
Genre : Drame, Biopic
Type : Long-métrage
le film

Je me demandais la raison de ce nouvel épisode cinéma sur la conquête spatiale et ses épilogues plus ou moins héroïques en direction de la lune. 2 h 22 minutes plus tard, la réponse du réalisateur de « La la land » me convient parfaitement.

A l’image de Schoeller pour la Révolution française, Damien Chazelle renouvelle le genre tout en lui conservant ses codes et surtout sa profonde valeur historique.

Que le drapeau américain n’apparaisse pas une seule fois dans cette légende étoilée ne constitue pas à mes yeux un déni. Loin de flatter un quelconque ego patriotique, le réalisateur s’en tient au fait brut et réel d’un homme confronté à son rêve. Plus qu’à son destin. Un homme secret et tourmenté par le décès de sa petite fille qu’une famille aimante n’arrive pas à lui faire oublier.

Neil Armstrong selon Chazelle n’a pas la trempe d’un héros. Scientifique avéré il exécute correctement ses missions, avec cet air distant et enfermé qui fait dire à ses supérieurs que cet excellent ingénieur manque de concentration. Et pourtant le portrait qui se dessine au fur et à mesure d’une épopée incertaine ne laisse guère de place à l’approximation et aux doutes.

En le crayonnant patiemment dans le cadre familial et professionnel souvent confondu, Chazelle parle de l’histoire d’une vie que son épouse espérait tout à fait normale. Armstrong n’en demandait pas plus semble-t-il quand les événements en ont décidé autrement.

Son intelligence, sa persuasion, sa persévérance en font ce batailleur du ciel qui au milieu des nuages et du bordel incompréhensible dans son habitacle minuscule est maintenant en train de changer la face de l’univers.

Avant d’atteindre la lune il faut constituer plusieurs équipes pour les différentes missions exploratoires.

A la manière d’un réalisateur totalement investi par sa mission de rapporter de là-haut, les véritables impressions, les bruits les plus réalistes et les sensations incroyables quand une fois l’amarrage réussi, tout n’est que beauté et volupté.

Plus de saccades dans une mécanique arrachée aux pressions atmosphériques, ni de tourments enterrés avec les mauvais souvenirs, oubliés les échecs de certaines missions (quelques vols « Gemini » feront plusieurs morts…) la marche en avant est inéluctable aux yeux de celui qui désormais fait figure de « premier homme ».

Armstrong n’en tire aucune gloire, conscient des dangers de cette aventure vers l’inconnu qui ne le ramènera peut-être jamais sur terre. A la veille de son départ, il s’apprête à quitter sa maison, de nuit, sans dire un mot. C’est une scène très forte et émouvante que Ryan Gosling sublime par une interprétation irréprochable.

La femme suit à la radio interne l’évolution du vol. Au premier dérapage la transmission est interrompue. Mais Janet Armstrong ne va pas se laisser faire…

Claire Foy qui joue son épouse est tout aussi grande et éloquente dans la manière de rapporter des faits et gestes d’un quotidien à la fois tragique et banal. Où l’on sabre le champagne d’une mission qui prendra feu avant de décoller. Avec des communiqués de circonstance, peinés, sur l’échec d’un vol qui n’a pas encore eu lieu. Pour un alunissage avorté dira-t-on encore dans les bureaux des responsables de la Nasa, faussement prévoyants, mais véritablement cyniques et grotesques. Kyle Chandler, Ciaran Hinds font le job…

L’alunissage a bien eu lieu le 21 juillet 1969, visionné par la terre entière, des milliers de fois.

Mais  Chazelle filme l’événement, telle une évidence. C’est bien là devant nous qu’un homme marche sur la lune. Pour la première fois.

  • Pour décrocher la lune, les étoiles, dans ce blog :

 » Moonwalkers » de Antoine Bardou Jacquet

« Opération Lune » de William Karel

 » Mission Apollo 11 » de Kirk Wolfinger

« Apollo 13 » de Ron Howard

« In the shadow of the moon »  de David Sington, Christopher Riley
« Gravity » d’Alfonso Cuaron

Je me demandais la raison de ce nouvel épisode cinéma sur la conquête spatiale et ses épilogues plus ou moins héroïques en direction de la lune. 2 h 22 minutes plus tard, la réponse du réalisateur de « La la land » me convient parfaitement. A l’image de Schoeller pour la Révolution française, Damien Chazelle renouvelle le genre tout en lui conservant ses codes et surtout sa profonde valeur historique. Que le drapeau américain n’apparaisse pas une seule fois dans cette légende étoilée ne constitue pas à mes yeux un déni. Loin de flatter un quelconque ego patriotique, le réalisateur s’en tient…
le film

Je ne sais si Neil Armstrong était réellement ce personnage sombre et attachant, secret et aimant que Damien Chazelle nous révèle à travers un nouvel épisode cinématographique autour de la conquête spatiale. Mais l’essai du réalisateur franco-américain est plus qu’un pari engagé sur un genre qu’il renouvelle très bien sans en renier les codes. C’est avant tout le portrait d’un homme appelé à poursuivre son rêve, décrocher les nuages ou comme le disait si bien Brel « atteindre l’inaccessible étoile ». Dans une réalisation très souvent subjective (plus que les coulisses de la Nasa, ce sont les répercussions, les bruits, les sensations qui font œuvre de mise en scène) le cinéaste crayonne au plus près un caractère sensible dans le cadre familial et professionnel souvent confondu. L’histoire d’une vie que son épouse espérait tout à fait normale. Et Armstrong n’en demandait pas plus semble-t-il quand les événements en ont décidé autrement. Ryan Gosling les sublime par une interprétation irréprochable. Claire Foy qui joue son épouse est tout aussi grande et éloquente.

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