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« Bunuel, après L’Age d’or » de Salvador Simo. Critique cinéma

Synopsis: Suite au scandale de la projection de "L'âge d'or" à Paris en 1930, Luis Buñuel se retrouve totalement déprimé et désargenté. Un ticket gagnant de loterie, acheté par son ami le sculpteur Ramon Acin, va lui permettre de réaliser le film "Terre sans pain"  et de retrouver foi en son pays et son talent. 

La fiche du film

Le film : "Buñuel après l?âge d?or"
De : Salvador Simó
Avec : Jorge Usón, Fernando Ramos
Sortie le : 19/06/2019
Distribution : Eurozoom
Durée : 80 Minutes
Genre : Animation
Type : Long-métrage
Le film

C’est une autre façon de raconter l’histoire du cinéma. Un jeune réalisateur signe un premier film, applaudi sans réserve « Un chien andalou ». Le second essai est rejeté sèchement.

Après «  L’Age d’or », les portes se ferment, les financiers disparaissent, Luis Buñuel est dans la dèche. Il revendique malgré tout jusqu’au bout son appartenance au surréalisme, bien que son projet en suspens est un documentaire tout à fait dans les normes, sur une région pauvre de l’Espagne, l’Estrémadure.

Un sculpteur ami, Ramón Acín Aquilué, anarchiste notoire, lui promet de le financer, s’il gagne à la loterie de Noël. Personne n’y croit, Buñuel oublie et pourtant le miracle se produit.

Une petite équipe se forme et l’artiste devenu producteur orchestre un tournage périlleux (les lieux sont quasiment inaccessibles) et révélateur de la personnalité de Buñuel.

En signant « Terre sans pain », le cinéaste renoue avec sa terre d’origine, sur laquelle ses idées fantasques et parfois … surréalistes n’occultent en rien son caractère profondément humain.

A travers cette BD très vivante, et des extraits du documentaire judicieusement intégrés (on frise parfois le story-board animé) Salvador Simo relate les balbutiements d’un cinéma engagé, auprès d’un créateur qui vient de comprendre ce vers quoi il entendait désormais se diriger.

Ses angoisses existentielles (les poules l’effraient), le désamour paternel, l’obsession de Dali, toute son histoire s’en écarte maintenant au contact d’un terrain sur lequel l’homme lui apparaît sans fard, ni calcul.

Le dénuement des villageois, leurs souffrances, et leur mort, il va les filmer, jusqu’à les mettre en scène. Ce qui peut choquer, comme cette insistance à faire tomber les chèvres des montagnes ou provoquer la mort d’un âne attaqué par des centaines d’abeilles.

« Je filme la réalité » dit-il, mais sans attendre qu’elle se produise.

Buñuel ne recule devant rien, provocant l’incompréhension de ses compagnons de route et la colère de plus en plus affichée de son patron financier Ramón Acín Aquilué. Qui reste cependant et avant tout un ami avec qui il ne cesse de se réconcilier.

C’est bien une histoire de cinéma que nous raconte le réalisateur, avec la censure aux aguets. La jeune République espagnole interdit «  Terre sans pain » en 1933. Quatre ans plus tard, le documentaire est accueilli triomphalement à Paris. Buñuel a retrouvé une audience et le chemin du succès.

C’est une autre façon de raconter l’histoire du cinéma. Un jeune réalisateur signe un premier film, applaudi sans réserve "Un chien andalou". Le second essai est rejeté sèchement. Après «  L’Age d’or », les portes se ferment, les financiers disparaissent, Luis Buñuel est dans la dèche. Il revendique malgré tout jusqu’au bout son appartenance au surréalisme, bien que son projet en suspens est un documentaire tout à fait dans les normes, sur une région pauvre de l’Espagne, l’Estrémadure. Un sculpteur ami, Ramón Acín Aquilué, anarchiste notoire, lui promet de le financer, s’il gagne à la loterie de Noël. Personne n’y croit,…
Le film

En racontant un épisode de la vie de Luis Buñuel (1930 -1933), le cinéaste évoque  la réalisation de son film «Terre sans pain » et à travers ce tournage périlleux dans l’Estrémadure, l’histoire du cinéma. Une vision à double détente relayée par la force du sujet (le lieu est l’un des plus pauvres de l’Espagne) que Salmon Simo traite avec un dessin tranquille, la douceur du trait heurtant la singularité de ses protagonistes. Le dénuement des villageois, leurs souffrances, et leur mort, il va les filmer, jusqu’à les mettre en scène. Ce que des extraits du documentaire nous révèlent à travers des séquences surréalistes de chèvres dégringolant la montagne ou un âne attaqué par des centaines d’abeilles. Ce retour aux premiers pas du cinéaste, aux balbutiements du cinéma n’a rien de nostalgique ou de passéiste. La beauté de l’animation nous le rend utile et plaisant.

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