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« Amanda » de Mikhaël Hers. Critique cinéma

Synopsis: Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

La fiche du film

Le film : "Amanda"
De : Mikhaël Hers
Avec : Vincent Lacoste, Isaure Multrier
Sortie le : 21/11/2018
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 107 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Dans ce film rempli de références et de thèmes actuels, ce qui me plait énormément, ce sont ces scènes quotidiennes, rapportées de manière si ordinaire, si naturelle, si vraie. Sans jamais forcer la dose ou le point de vue, Mikhaël Hers dit superbement les choses de la vie en peu de mots et d’images.

Pour des parents d’élèves irascibles, et tout aussi nombrilistes que cette vieille connaissance qui vous demande des nouvelles de toute la famille, en vous coupant très rapidement pour dire que chez elle tout va bien.

Totalement désarçonné depuis la mort de sa sœur, David l’est encore plus face à cette femme qui n’entend pas sa douleur muette. Il se tait, elle s’en va tout sourire, il la rattrape. Séquence magnifique au cœur d’un drame qui n’en finit pas désormais de bouleverser cette petite famille des beaux quartiers parisiens.

Le monde féminin de David est complexe. Sa maman qu’il ne connait pas (Greta Scacchi) vit en Angleterre. Très attachée à sa soeur (Ophélia Kolb), celle ci va bientôt disparaitre. Et sa petite amie (Stacy Martin ) vit maintenant dans une autre ville …

 

Amanda n’a maintenant plus de maman, et son papa, elle ne l’a jamais connu. A sept ans, ses grands yeux clairs cherchent à comprendre ce que lui raconte son grand tonton de 24 ans dans une peine immense qu’il tente de gommer avec le sourire gentil du grand garçon mal fini.

Vincent Lacoste est éloquent, bien à sa place, très grand. Il claudique d’un mal absolu que ses frêles épaules écartent pour mieux soutenir le chagrin et l’incompréhension de sa petite nièce. Isaure Multrier la joue de façon magistrale, interprète incroyable d’une gamine qui peu à peu comprend que la vie vient de lui arracher ce qu’elle aimait le plus au monde.

Et la façon dont Mikhaël Hers filme l’absence à travers son regard est hallucinante. L’artifice là encore n’a pas lieu d’être dans une mise en scène qui coule de source, qui puise à l’évidence le commun de la vie.

Cette vision post-traumatique d’un attentat, ces conséquences sur le quotidien des victimes et leur entourage, les répercussions psychologiques, c’est l’histoire de ce film qui incite peut-être à mesurer la justesse de nos pensées, la pertinence de nos actions.

Aucune morale là-dedans, rien de pédago, rien qu’une petite bulle d’air qui prendrait le vent, autrement.

Dans ce film rempli de références et de thèmes actuels, ce qui me plait énormément, ce sont ces scènes quotidiennes, rapportées de manière si ordinaire, si naturelle, si vraie. Sans jamais forcer la dose ou le point de vue, Mikhaël Hers dit superbement les choses de la vie en peu de mots et d’images. Pour des parents d’élèves irascibles, et tout aussi nombrilistes que cette vieille connaissance qui vous demande des nouvelles de toute la famille, en vous coupant très rapidement pour dire que chez elle tout va bien. Totalement désarçonné depuis la mort de sa sœur, David l’est encore…
Le film

Une vision post-traumatique des attentats terroristes. Un sujet délicat, parfaitement abordé par le réalisateur du déjà précieux « Sentiment de l’été » qui jamais n’appuie sur les stéréotypes du genre, lui préférant le commun d’un quotidien si présent, surtout quand celui-ci bouscule son bel ordonnancement. Une petite fille qui se retrouve seule, un tonton désemparé par cette charge inattendue et le monde qui tourne tout autour plus ou moins concerné, plus ou moins conscient. Sans jamais forcer la dose ou le point de vue, Mikhaël Hers dit superbement les choses de la vie en peu de mots et d’images. La réalisation qui coule ainsi de source prend de la même manière les comédiens dans une interprétation extraordinaire. De la part de Vincent Lacoste en premier lieu dont l’allure cabotine se frotte excellement aux responsabilités qu'impose la charge de sa petite nièce. Elle est jouée par Isaure Multrier de façon magistrale. Les derniers films français font souvent appel à de jeunes comédiens. Ils ne déméritent pas mais Isaure Multrier à déjà pris quelques longueurs d’avance.

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