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« Les Héritières » de Marcelo Martinessi. Critique cinéma

Synopsis: Asunción, Paraguay. Chela, riche héritière, a mené la grande vie pendant 30 ans avec Chiquita. Au bord de la faillite, elle doit vendre tous ses biens et regarde Chiquita, accusée de fraude, partir en prison. Alors qu'elle n'a pas conduit depuis des années, Chela accepte de faire le taxi pour un groupe de riches femmes âgées, elle prend confiance et cherche à ouvrir un nouveau chapitre de sa vie.

La fiche du film

Le film : "Les Héritières"
De : Marcelo Martinessi
Avec : Ana Brun, Margarita Irún
Sortie le : 28/11/2018
Distribution : Rouge Distribution
Durée : 98 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Il est rare que je m’exprime immédiatement, une fois le film terminé. Mais cette fois je n’ai pu retenir ce « magnifique » pour dire tout le bien que j’avais ressenti avec ce film précieusement discret, porteur de valeurs humaines que l’on tait au titre de la pudeur, du respect et de l’amour de l’autre.

Il y a tout cela dans les relations entre ses deux femmes séparées pour une histoire de fraude mal comprise. Chiquita reconnait une dette, rien de plus, mais accepte son incarcération provisoire, au cours de laquelle Chela comble les vides en lui rendant visite et en s’ouvrant à d’autres horizons.

La manière dont le processus se met en place est assez drôle et parvient à établir de nouvelles règles sociales. La dépression chronique de la dame s’efface au profit d’une gratitude  qu’elle ne soupçonnait pas. Celle d’une société inconnue, des vieilles dames argentées, avec leurs breloques et leurs cancans.

Elle les accompagne en voiture à leur domicile, leur tient compagnie et fait la rencontre de la jeune et charmante Angy, la fille de l’une d’entre elles. C’est une femme qui aime les hommes, mais une attirance mutuelle voit le jour dans ce cocon protégé de la bourgeoisie paraguayenne.

Un rempart aux atteintes de la vieillesse et de la solitude que Chela a désormais oubliées. Elle rend encore visite à sa compagne incarcérée mais l’empressement n’est plus le même. Elle guette plutôt les allées et venues d’Angy, dans le corridor où les vieilles dames la font patienter. Avant de l’intégrer un jour à leur rendez-vous.

Une reconnaissance totale, une indépendance en devenir…

Le réalisateur saisit très bien ces petits riens de l’existence qui forgent des perspectives nouvelles à l’héroïne contrariée semble-t-il par le retour de son amie. Celui d’une autorité qu’elle n’avait jusqu’alors jamais contestée.

Mais en projetant de vendre sa voiture, pour gagner encore un peu d’argent, Chiquita lui enlève sa raison de vivre, et de subsister à sa façon. Si le temps s’est arrêté aux portes de la prison, Chela le découvre tout nouveau, avec le vent de la liberté.

Ana Brun, Margarita Irun, Ana Ivanova le font souffler avec envie et dynamisme. On se laisse emporter.

Ours d’argent de la meilleur actrice Ana Brun .  Meilleur film et prix de la critique, Berlin 2018 . - Il est rare que je m’exprime immédiatement, une fois le film terminé. Mais cette fois je n’ai pu retenir ce « magnifique » pour dire tout le bien que j’avais ressenti avec ce film précieusement discret, porteur de valeurs humaines que l’on tait au titre de la pudeur, du respect et de l’amour de l’autre. Il y a tout cela dans les relations entre ses deux femmes séparées pour une histoire de fraude mal comprise. Chiquita reconnait une dette, rien de plus, mais…
Le film

Le réalisateur et scénariste paraguayen, Marcelo Martinessi a toujours posé dans ces films l’Histoire de son pays. Avec distance parfois comme il le fait encore ici merveilleusement en suivant les tribulations de deux femmes dont les relations amoureuses vont un temps être mises en sommeil, lors de l’incarcération de Chiquita. Chela, longtemps restée dans son ombre, se voit un jour proposer de faire occasionnellement le taxi. Elle y prend goût et désormais accompagne régulièrement quelques bourgeoises de son quartier. L’une d’entre elle lui présente sa fille qui ne semble pas insensible non plus au charme de la dame. Le réalisateur saisit très bien ces petits riens de l’existence qui forgent des perspectives nouvelles à l’héroïne dont les amours emprisonnées vont peut-être faire place à d’autres rencontres sentimentales. Les prix berlinois sont tout à fait justifiés.

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