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« Pig » de Mani Haghighi. Critique cinéma

Synopsis: Un serial killer s’attaque aux cinéastes les plus adulés de Téhéran. Hasan Kasmai, un réalisateur iranien, est étrangement épargné.  Censuré depuis des mois, il est lâché par son actrice fétiche. Vexé, au bord de la crise de nerfs, il veut comprendre  pourquoi le tueur ne s’en prend pas à lui.

La fiche du film

Le film : "Pig"
De : Mani Haghighi
Avec : Hasan Ma'juni, Leila Hatami
Sortie le : 05/12/2018
Distribution : Epicentre Films
Durée : 108 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film
  • Festival International du Film Grolandais de Toulouse : Amphore d’Or ! –

Je ne suis pas revenu de ce film, atypique et original, drôle et grave à la fois. Le titre mis à part, l’incertitude demeure : est-ce du lard ou du cochon ?

Un réalisateur iranien, Hasan Kasmai voit tous ses collègues décapités (dont Mani Haghighi en personne), alors que lui, demeure bien en vie, mais interdit de tourner quoi que ce soit…

 « Il n’y connait rien, il tue sans discernement, il n’a aucun critère, aucun goût, aucun sens des priorités » s’énerve Kasmai à l’intention du serial killer planté comme une métaphore dans un pays toujours aussi pointilleux sur l’art et la création.

 Jafar Panahi le raconte dans ses films . Depuis une dizaine d’années, le cinéaste iranien ne peut plus quitter son pays. Mani Haghighi en fait un doigt d’honneur amusé à l’intention des thuriféraires et censeurs de tout poil. C’est bien emmené, bien joué et dynamité par le personnage principal: Hasan Ma’Juni le campe à la perfection.

Mani Haghigi sait comment réunir le vrai du faux sur ce visage hirsute, métèque égaré dans un monde qui ne le comprend pas. Autour de lui, les femmes s’éloignent.

Son épouse ( Leili Rashidi), mais aussi Shiva sa fidèle comédienne ( Leila Hatami ), fatiguée de ne pouvoir tourner en sa compagnie. Elle s’affiche maintenant auprès de son rival (Ali Mosaffa), et ravive sa colère et son désespoir d’être toujours en vie.

Lorsqu’il fait une interview c’est encore en compagnie de ce réalisateur qui prend toute la place. La rencontre est hilarante, tout aussi fantaisiste que la reconnaissance du corps . Comme pour  les meurtres précédents, il ne reste que la tête . La communauté culturelle du pays vient la pleurer.

Le cinéaste surligne à nouveau le grotesque de la situation, et l’ironie de cette enflure des simagrées d’un monde qui censure à tout va pour cacher ses faiblesses.

Hasan Ma’juni et Parinaz Izadyar. Elle  joue une fan bien empressée…

Voir alors cette séquence, épique et merveilleuse, quand Kasmai se rend sur le tournage de son ennemi pour suivre « sa » comédienne. Sur un  de ses dialogues,  il s’emporte, car la phrase est de lui, dit-il.

« Non c’est un proverbe chinois » répond prudemment Shiva.

« Oui, mais c’est moi qui te l’ai appris » s’emporte-t-il violemment avant de s’abattre une fois encore dans le désespoir et l’incompréhension. Bien aidé par un réalisateur qui l’enfoncera encore un peu plus jusqu’à l’acte expiatoire. Une conclusion logique et moralisatrice d’une fable irrévérencieuse à l’égard du monde entier. Seule la maman échappera à sa vindicte personnelle.

La maman : Mina Jafarzadeh, premier film à 72 ans …

Une femme remarquable toujours au petit soin pour son petit protégé. Un bel acte d’amour qui cette fois n’a rien de métaphorique. A la patrie peu reconnaissante, Haghighi préfère sa maman exemplaire. L’amour total, l’amour familial…

Festival International du Film Grolandais de Toulouse : Amphore d'Or ! - Je ne suis pas revenu de ce film, atypique et original, drôle et grave à la fois. Le titre mis à part, l'incertitude demeure : est-ce du lard ou du cochon ? Un réalisateur iranien, Hasan Kasmai voit tous ses collègues décapités (dont Mani Haghighi en personne), alors que lui, demeure bien en vie, mais interdit de tourner quoi que ce soit…  « Il n’y connait rien, il tue sans discernement, il n’a aucun critère, aucun goût, aucun sens des priorités » s’énerve Kasmai à l’intention du serial killer planté comme une…
Le film

C’est l’histoire d’un réalisateur iranien qui se désespère de voir tous ses collègues décapités par un individu alors que lui demeure en vie, mais interdit de tourner quoi que ce soit par le pouvoir en place. Entre l’allusion et la métaphore, Mani Haghighi (mort trucidé dans son film) rappelle la situation désastreuse des créateurs iraniens qui ne respectent pas la loi suprême. Ce que Jafar Panahi raconte dans ses films, lui interdit de sortir d’Iran depuis une dizaine d’années, Mani Haghighi en fait un doigt d’honneur dynamité par le personnage principal que Hasan Ma’Juni campe à la perfection.

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