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« Où est Anne Frank ?  » de Ari Folman . Critique cinéma

Synopsis: Kitty, l’amie imaginaire d’Anne Frank à qui était dédié le célèbre journal, prend vie de nos jours dans la maison où s’était réfugiée Anne avec sa famille, à Amsterdam . Munie du précieux manuscrit, qui rappelle ce qu’Anne a vécu il y a plus de 75 ans, Kitty se lance à sa recherche en compagnie de son nouvel ami Peter, qui vient en aide aux réfugiés clandestins . Dans cette Europe différente, désormais aux prises avec de nouveaux enjeux majeurs, Kitty redonne au message d’Anne Frank sens, vie et espoir…

La fiche du film

Le film : "Où est Anne Frank !"
De : Ari Folman
Avec : Emily Carey, Michael Maloney
Sortie le : 08/12/2021
Distribution : Le Pacte
Durée : 99 Minutes
Genre : Animation, Drame, Biopic, Historique
Type : Long-métrage
le film

Que reste-t-il des enseignements de la jeune fille retranchée pendant la guerre, avec sa famille, derrière une cloison à Amsterdam ? Elle s’appelait Anne Frank.

Notre monde aujourd’hui est tout aussi cabossé que celui qui l’enferma. Des sans abris dorment sous des toits d’infortune le long du Herengracht (le canal des seigneurs, dit-on …), les migrants fuient la police, la police interpelle à tout va …

Tout ce que voit Kitty, la jeune fille avec qui Anne Frank correspondait dans son journal et son imagination. Ari Folman la fait revivre dans ce superbe panorama historique, en quête de ce passé douloureux et de son enseignement.

Mais Anne, son amie, n’est plus qu’un nom sur un musée, sur un pont, une école, une bibliothèque. Son message, qu’en ont-ils fait ?

Le respect, la tolérance, la liberté, ne s’impriment pas sur de vieilles pierres, réfléchit Kitty. En possession de son fameux journal dérobé au musée, elle fait alors l’inventaire de ces leçons oubliées pour tenter de leur redonner un sens.

Au-delà d’un très beau et émouvant film d’animation, l’argument se concrétise dans la mise en scène des protagonistes, de l’âme qui les anime dans un décor approprié. Il est paradoxalement toujours plein d’espoir, de beauté, d’envie même quand la glace n’est plus blanche et que l’on glisse et danse devant des camps de concentration.

Ce charivari de couleurs revient toujours à ses origines, là où Anne Frank contemple les étoiles avec son petit copain, sous les combles, « comme au cinéma » dit-elle. Selon elle, la pire des restrictions de l’époque, c’est le cinéma !

Elle bat froid de nouveaux arrivants, trop gros, inconscients, insouciants. Elle se désespère et envisage de ne plus écrire. « Mais le journal c’est ton cœur, ton pouls » la rassure Kitty « ce qui te fait vivre, si tu t’en éloignes tu n’existes plus ».

 Une remontrance bienveillante posée sur la glace des canaux gelés, où le journal sous le bras, Kitty fuit la police. La course poursuite est une merveille de l’animation, même si l’issue est fatale pour ces réfugiés sur le départ. Vers quelle destination ?

 

L’armée d’occupation surveille le quotidien des Amstellodamois…

L’énumération des pays réfractaires sonne le glas des illusions de la jeune fille dont la candeur, la naïveté, l’opiniâtreté auront raison du diktat gouvernemental. C’est un peu sa victoire et celle d’Anne Frank. « Son rêve à survécu, elle est devenue le plus grand écrivain » dit-elle.

Hors-compétition au Festival de Cannes 2021 . - Prix du jury à Mon Premier Festival, décerné par des enfants de 8 ans. - Avec les voix de Ludivine Sagnier (Kitty) et Sara Giraudeau (Anne Frank). Que reste-t-il des enseignements de la jeune fille retranchée pendant la guerre, avec sa famille, derrière une cloison à Amsterdam ? Elle s'appelait Anne Frank. Notre monde aujourd’hui est tout aussi cabossé que celui qui l’enferma. Des sans abris dorment sous des toits d’infortune le long du Herengracht (le canal des seigneurs, dit-on …), les migrants fuient la police, la police interpelle à tout va ……
le film

Un film pour lequel il est difficile de cerner le public potentiel. On imagine que les pré-adolescents auront la primeur, jusqu’à un âge incertain. Le mélange des générations est peut-être la bonne solution pour aborder l’histoire d’Anne Frank, que raconte Ari Folman de manière assez fragmentée. Son sujet est plus axé sur ce qui reste aujourd’hui des enseignements de la jeune fille, dans un monde tout aussi cabossé que celui qui l’enferma à Amsterdam. Ce qu’il nous montre en parallèle en s’appuyant superbement sur le personnage de Kitty, la jeune fille imaginée avec qui Anne Frank correspondait dans son journal. Elle nous entraîne dans un charivari de couleurs et de situations qui amalgament l’absence de réflexions autour d’Anne Frank (le musée, les pierres qui portent son nom) à la nature même de ce qu’elle prodiguait sur le respect, la tolérance, la liberté. En charge désormais de son journal qu’elle a dérobé au musée Kitty fait l’inventaire de ses leçons oubliées pour tenter de leur redonner un sens. Traquée par la police pour avoir dérobé le journal au Musée, Kitty se fera menaçante, elle finira triomphante.

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