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« Nos Batailles » de Guillaume Senez. Critique cinéma

Synopsis: Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

La fiche du film

Le film : "Nos batailles"
De : Guillaume Senez
Avec : Romain Duris, Laure Calamy
Sortie le : 03/10/2018
Distribution : Haut et Court
Durée : 98 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film

Le titre pluriel est peut-être la seule évidence de ce film qui s’attaque à beaucoup de sujets, les effleure souvent, et maintient le cap sur le thème principal : l’implication sociale humaine dans un quotidien professionnel et familial.

Celui d’Olivier, par exemple, totalement investi dans son travail, et surtout dans l’environnement syndical qui lui prend tout son temps, dans l’entreprise, mais aussi une fois rentré chez lui, très tard. Un coup de vent pour dire bonsoir aux enfants et le téléphone le rappelle à ses engagements.

A ses côtés, Laura, le matin au petit déjeuner, avalé à la hâte et c’est à peine s’il lui parle. Le soir il ne la voit pas. Un soir il ne la verra plus. Laura a disparu ( Lucie Debay), sans un mot, une lettre, une explication. Olivier ne panique pas encore, il ne comprend pas et colmate les premières brèches. Pour les enfants. Sa mère le seconde très bien, mais le temps passe et Laura ne revient pas.

La soeur d’Olivier ( Laetitia Dosch) est venu passer quelques jours …

Voilà l’état des lieux que Guillaume Senez dresse habilement avant de revisiter à fond les coins et recoins de son scénario pour que rien n’y manque et ne sonne faux. C’est dans l’effort de la précision et du juste constat que le film me pose des questions.

A force de délayer le propos, d’y rajouter des consonances évidentes mais parfois inconsistantes (les intermittents du spectacle, les baby sitters, les visites médicales, les conditions de travail face à une direction inflexible, l’enquête de la police …) les batailles s’étiolent, la roue tourne à vide.

Olivier est maintenant fatigué et dans le noir d’une situation inextricable. Romain Duris en perd son sourire magnétique, à juste titre, pour un regard décontenancé, hagard, et puis désespéré. Le comédien est parfait dans ce registre qui ne lui ressemble pas. Il assume un rôle dans un décor avant d’être celui d’une histoire.

Celle de Laura dont on ne saura rien, à part une carte postale envoyée de sa ville natale. Elle parle à ses deux enfants (ils sont superbes, Basile Grunberger et Lena Girard Voss) et dit qu’elle reviendra bientôt. On attend …

Le titre pluriel est peut-être la seule évidence de ce film qui s’attaque à beaucoup de sujets, les effleure souvent, et maintient le cap sur le thème principal : l’implication sociale humaine dans un quotidien professionnel et familial. Celui d’Olivier, par exemple, totalement investi dans son travail, et surtout dans l’environnement syndical qui lui prend tout son temps, dans l’entreprise, mais aussi une fois rentré chez lui, très tard. Un coup de vent pour dire bonsoir aux enfants et le téléphone le rappelle à ses engagements. A ses côtés, Laura, le matin au petit déjeuner, avalé à la hâte et c’est…
le film

Olivier donne tout aux autres, son temps, son énergie, ses conseils en oubliant le soir à la maison qu’une famille l’attend. Olivier n’est pas absent, mais rarement présent quand il faut réellement s’occuper des enfants et ne serait-ce que regarder puis écouter un peu sa femme. Laura qui à force d’accumuler les silences et les attentes va quitter le foyer sans autre explication qu’un grand vide dans la maison. Olivier va devoir maintenant gérer le quotidien dans le noir d’une situation inextricable. Laura donne à peine de ses nouvelles et surtout ne revient pas. Guillaume Senez élève ainsi le désarroi, le vide et l’abandon dans un décor social et familial qui tend à devenir un décor de circonstance. Rien n’y manque mais le propos tourne à vide comblé par trop d’à-côtés évidents mais ici superflus. La sœur qui passe quelques jours, la baby-sitter, le policier copain, le médecin … Romain Duris sauve un peu la situation dans un rôle qui ne lui ressemble pas. Cette bataille la est gagnée !

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