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« Les siffleurs » de Corneliu Porumbou. Critique cinéma

Synopsis: Cristi, inspecteur de police de Bucarest  est soupçonné par ses supérieurs de corruption et mis sur écoute. Embarqué par la sulfureuse Gilda sur l’île de la Gomera, il doit apprendre le Silbo, une langue sifflée ancestrale. Grâce à ce langage, il pourra libérer en Roumanie un mafieux de prison et récupérer les millions cachés. Mais …

La fiche du film

Le film : "Les Siffleurs"
De : Corneliu Porumboiu
Avec : Vlad Ivanov, Catrinel Marlon
Sortie le : 08/01/2020
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 98 Minutes
Genre : Thriller
Type : Long-métrage
Le film

Il y a un film qui ne se fera pas. Son réalisateur, à la recherche de ses décors, vient d’être abattu. On ne voit rien, à peine cinq secondes, on entend … Et on sourit tranquillement …

La non-identification. Le réalisateur Corneliu Porumboiu use du procédé avec malice, plusieurs fois, histoire de nous emberlificoter dans ce récit d’une drôlerie totalement ténue et inventive.

Ou les aventures bizarres d’un flic ripou, contraint d’assumer un contrat pour des malfrats, quand sa procureur de patronne exige le double jeu. Rodica Lazar enfile le paletot sans aucune tendresse pour son équipe dont elle se méfie au point de discuter dans les couloirs.

On ne sait jamais ce qui va se passer, tellement c’est prévisible, et puis …

Mais des micros et des caméras il y en aussi chez les méchants, procédé utile pour un metteur en scène qui manipule si bien les attentes et les rebondissements. Donne le change, joue avec ses comédiens qui eux-mêmes composent devant l’objectif dissimulé dans le cadre ou l’abat-jour. Qui trompe qui ?

Corneliu Porumboiu est maître en la matière : il distille des énigmes qui n’en sont pas et des évidences à remettre au goût du jour.

Pour bien nous faire comprendre que ses pions avancent à la référence sur recette et s’engagent dans des labyrinthes impossibles. Quand Cristi marmonne quelque chose on ne sait pas trop si c’est le flic qui enquête ou le truand en quête du magot.  Vlad Ivano a une telle retenue dans sa posture qu’il en devient transparent .

Un comble pour jouer les héros mais le cinéaste roumain connait  la chanson du roublard à double fonds. Du fourbe Zolt que Cristi doit délivrer de sa prison à la belle Gilda, sa compagne ( Catrinel Menghia-Marlon ) prête à toute pour garder le pactole.

Rien que du très classique surligné au point d’en être novateur. Le coup du traquenard et règlement de compte dans un décor de cinéma est prodigieusement filmé, avant de nous faire celui de la douche hitchcockienne qui … tombe à l’eau.

Le monde est devenu paranoïaque nous dit Porumboiu qui laisse alors aux oiseaux le soin de nous confier un langage codé. C’est le Silbo l’idiome sifflé de l’île de la Gomera. Un stratagème pour les voyous  afin de communiquer à la barbe de la police . Et leur couper le sifflet …

Il y a un film qui ne se fera pas. Son réalisateur, à la recherche de ses décors, vient d’être abattu. On ne voit rien, à peine cinq secondes, on entend … Et on sourit tranquillement ... La non-identification. Le réalisateur Corneliu Porumboiu use du procédé avec malice, plusieurs fois, histoire de nous emberlificoter dans ce récit d’une drôlerie totalement ténue et inventive. Ou les aventures bizarres d’un flic ripou, contraint d’assumer un contrat pour des malfrats, quand sa procureur de patronne exige le double jeu. Rodica Lazar enfile le paletot sans aucune tendresse pour son équipe dont elle se…
Le film

Les voyous, les policiers, les méchants, se mélangent ( il n’y a pas de gentil) dans une eau trouble que le cinéaste roumain se plaît à noircir encore un peu plus. Avec drôlerie et fantaisie, toujours en demi-teinte, si bien que le rire est ténu et le suspense amusé. Seul le sérieux de la mise en scène, la fluidité de la caméra assument un contrôle parfait  sur des lumières idylliques et des cadrages à se renverser. Ou les aventures bizarres d’un flic ripou, contraint d’assumer un contrat pour des malfrats, quand sa procureur de patronne exige le double jeu. Du thriller à la romance, la marge est étroite , mais suffisante pour que tout ce petit monde donne à voir magouille à tous les étages. A peine parodique, assurément classique, mais tellement appuyé qu’il en devient novateur dans le film policier .

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